Le Val-Ouest

À Racine, des passionnés de la camerise

Ces jours-ci, si vous cherchez les membres de la famille Larouche-Cadotte, vous aurez de bonnes chances de les trouver dehors ou à la cuisine. Pourquoi? Parce que c’est le temps de l’année de leur récolte principale : la camerise.

Cueillette pendant un mois

« Grâce à nos sept variétés de camerises, notre saison de cueillette peut s’étendre sur un mois, de la mi-juin à la mi-juillet. Si nous avions moins de variétés, la récolte s’étendrait seulement sur deux semaines», indique Josée Larouche, copropriétaire, avec Germain Cadotte, de la ferme Au Blanc Marronnier à Racine.

La ferme Au Blanc Marronnier cultive, en régie biologique, 1500 plants de camerisiers. Ainsi que quelques plants de cassissiers et de groseilliers.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Recentrer les projets

Il y a quelques années, ce couple rachète le gîte tenu auparavant par l’artiste Diane Ferland. Leur objectif de départ : y démarrer une table champêtre, en plus de conserver des chambres pour l’hébergement.

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En parallèle de la table champêtre, le couple installe une production maraichère et met en terre des milliers de fruitiers, principalement des camerises.

Un certain coronavirus est toutefois venu changer leurs plans. « Nous avions démarré la table champêtre, mais la pandémie a tué le projet dans l’œuf », partage Josée Larouche. Depuis, la ferme a pris d’autres orientations. « Gérer une table champêtre n’est plus un rythme qui me correspondrait », partage-t-elle.

La culture maraichère, axée au départ sur production de paniers de légumes, fait elle aussi partie du passé. Il s’agit d’une gestion agricole complexe, selon Germain Cadotte. « Chaque légume a ses besoins spécifiques. Certains exigent d’être protégés alors que, pour d’autres, il faut utiliser du paillis de plastique. Sans compter le lavage des légumes. »

Josée Larouche dans son potager, en 2021, dans le cadre de la capsule vidéo «Tout près, tout frais» de la réalisatrice racinoise Denise Payette.  (crédit : Denise Payette)

Principale culture : la camerise

Le Blanc Marronnier se concentre maintenant sur sa principale culture : la camerise. Aujourd’hui, la ferme cultive 1500 plants de camerisiers en régie biologique. Ainsi que quelques plants de cassissiers et de groseilliers.

Depuis 2020, les jardins sont ouverts au public pour de l’autocueillette. La ferme fait d’ailleurs fièrement partie du circuit estrien «Souvenirs de cueillette» mis de l’avant par le Conseil de l’industrie bioalimentaire de l’Estrie (CIBLE).

Au Blanc Marronnier fait partie du circuit estrien « Souvenirs de cueillette » mis de l’avant par le Conseil de l’industrie bioalimentaire de l’Estrie (CIBLE).  (image : CIBLE)

« L’ouverture de l’autocueillette s’est faite en pleine pandémie. C’est une activité qui nous a beaucoup aidé. Les gens nous ont découvert et reviennent maintenant d’année en année. Certains cueilleurs reviennent même plusieurs fois pour faire leurs réserves d’hiver. Alors que d’autres viennent pour vivre le moment présent. Pour le simple plaisir de cueillir et de goûter au fruit », relate Josée Larouche.

Son conjoint ajoute :

«C’est un petit fruit davantage sensible aux cueilleurs. Ça prend des mains délicates. C’est une cueillette qui apporte une certaine «zénitude». C’est là tout le plaisir de cette cueillette.»

Les fruits sont transformés en une grande variété de produits : gâteaux, desserts, jus, gelatos, sorbets, galettes, tartes et même des macarons glacés.

Les fruits de la ferme sont transformés en une grande variété de produits : gâteaux, desserts, jus, gelatos, sorbets, galettes, tartes et même des macarons glacés.   (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Des raviolis plus rares cet été

En plus de ses produits de la camerise, Le Blanc Marronnier est aussi reconnu pour ses raviolis. Vendus entre autres à la ferme et au Marché Locavore à Racine. Un pépin est toutefois venir assombrir leur début de saison. L’un des congélateurs de la ferme a cessé de fonctionner. « Nous avons perdu toute notre production de raviolis pour l’été. Ça nous a mis un peu à terre », confie Germain Cadotte.

Des alliés importants : les bourdons

La floraison des camerisiers a lieu tôt au printemps. Aussi, le couple compte sur les bourdons sauvages plutôt que les abeilles pour assurer la pollinisation. « Les abeilles ont froid à cette période de l’année », précise Josée Larouche.

Cette année, le couple a d’ailleurs craint pour la pollinisation. « Au début, il faisait frais et il n’y avait pas beaucoup de bourdons. Mais à un moment donné, ça a débourré et on entendait le bourdonnement dans les plants. »

Parce que la floraison a lieu tôt au printemps, on compte sur les bourdons sauvages plutôt que les abeilles pour assurer la pollinisation des fleurs de camerisiers.  (crédit photo : Agri-Réseau)

Une culture relativement nouvelle au Québec

La camerise a fait son apparition commerciale au Québec vers 2007. Depuis, plusieurs productrices et producteurs se sont réunis sous le chapeau de l’association Camerise Québec.

Ce secteur bioalimentaire met en œuvre de nombreuses campagnes promotionnelles pour mieux faire connaître au grand public ce fruit originaire des régions nordiques du globe. On fait aussi appel à des influenceurs, entre autre pour faire circuler des recettes et vanter les vertus de ce petit fruit pour la santé. Ce qui a des impacts concrets jusque sur la ferme. « L’an dernier, les gens venaient au kiosque nous demander si on avait essayé la recette de Jean-François Plante présentée à Salut Bonjour! », révèle Josée Larouche.

Le chef et créateur culinaire Jean-François Plante fait partie des ambassadeurs qui font connaître la camerise au grand public.  (crédit photo : Facebook – Jean-François Plante)

Pour elle, l’intérêt de la camerise est d’abord lié à un simple plaisir culinaire et épicurien. « Tant mieux si c’est un bon fruit pour le corps. Mais pour moi, c’est le plaisir d’en manger qui prime. C’est tellement agréable. »

Pourquoi cultiver la camerise?

Pourquoi ces Racinois ont-ils choisi de cultiver la camerise plutôt qu’un autre fruit? Le choix s’est fait par hasard. « Nous étions allés à une rencontre organisée Cultur’Innov pour s’informer sur le cassis. Quand ils ont parlé de la camerise, Germain a accroché. En 2016, nous avons préparé les sols, commandé les plants et on y a goûté après. C’était vraiment un vote de confiance. Quand j’y ai goûté pour la première fois, la cuisinière en moi était comblée. Ç’a été un coup de cœur », relate Josée Larouche.

La ferme s’est donnée l’appellation « Juré sucré ». « C’est un jeu de mot avec l’expression « juré craché » qu’on utilise à la fin d’une histoire. « Juré sucré », c’est en opposition avec l’idée qu’on se fait de la camerise qui ne serait pas sucrée. »

La ferme Au Blanc Marronnier s’est donnée l’appellation « Juré sucré ». « Un jeu de mot avec l’expression « juré craché » qu’on utilise à la fin d’une histoire», explique Josée Larouche.  (image : Au Blanc Marronnier)

Travailler 12 mois par année

Avant de démarrer leur entreprise, ni Josée Larouche ni Germain Cadotte n’avaient travaillé dans le milieu agricole. Aujourd’hui aidé par leurs enfants, Roxanne et Simon, ils baignent à temps plein dans cet univers.

« Au départ, nous pensions que le projet serait de travailler en agriculture six mois par année et de faire de l’art le reste du temps. Mais ce n’est pas la réalité. Nous travaillons en l’agriculture 12 mois par année… et nous reprenons notre souffle pendant deux mois! », s’exclame Josée Larouche.

Capitaine Camerise

Malgré tout le travail qu’exige la ferme, le couple continue d’apprécier ce projet de retraite. Une passion qui ne passe d’ailleurs pas inaperçue de leur entourage. « Quand Germain a pris sa retraite, quelqu’un a fait une caricature de lui en super-héros qui se nommait « Capitaine Camerise », confie avec un sourire Josée Larouche.

Germain Cadotte, le « Capitaine Camerise », présente fièrement ses plants de camerisiers.   (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

 

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