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Région de Valcourt

Au gré du vent – L’empathie

L’été verdoyant et l’automne flamboyant ont laissé place à un novembre ennuyant.  Novembre, « le mois des morts ».  Le mois mort.  Ennuyant… mais tellement reposant.  La nature tourne au gris-brun uniforme, spectacle reposant pour le cerveau.

Novembre, mois de « l’intériorité ».  Le temps souvent moche et froid, l’ensoleillement limité, nous incitent à rester à l’intérieur, habillés en « mou » et emmitouflés dans une doudou.  Le temps nous convie aussi à se recentrer, se regarder par en-dedans.

crédit photo Josée Fontaine

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Ça fait presque 20 mois que nous vivons un certain isolement, à intensité variable selon notre contexte de vie.  La pandémie n’a laissé personne indifférent.  Chacun/chacune l’a vécue à sa manière, en déployant ses propres mécanismes de défense pour se protéger.  Les derniers mois ont commandé plusieurs étapes d’adaptation, plusieurs espoirs, craintes, déceptions.  Plusieurs personnes ont vécu ces étapes en solitaire, dans un isolement certain.

J’ai parfois l’impression que les contraintes d’isolement nous ont propulsés dans une ère où les besoins individuels priment sur les besoins collectifs et organisationnels.  Une ère où on est convaincu que « ma réalité » est la réalité des autres.  Le confort apparent de l’individualisme camoufle le manque, le besoin de socialiser, le besoin de chaleur humaine, le besoin fondamental de tendre vers le bien collectif.  Ça m’inquiète.

Pourtant, plus que jamais, on aura besoin de faire preuve d’empathie, de comprendre l’autre dans ses émotions et ses réactions.  L’empathie exige selon moi de se mettre « au neutre », de faire taire l’ego, de se sentir comme un grain de sable, à la fois semblable et différent de tous les grains de sable…et tout petit dans l’univers.  Oui, un grain de sable.  Justement parce que chacun/chacune a vécu une réalité émotive et physique bien singulière.

Je suis généralement partisane d’accueillir la vie telle qu’elle se présente, mais là, je nous inviterais collectivement à faire l’effort d’aller vers les autres, à redécouvrir le plaisir simple d’un sourire en personne, d’une pause imprévue avec un collègue, un ami.  Je nous inviterais à être à l’écoute de nos réalités semblables et différentes à la fois.

Pour cette chronique, je ne dérogerai pas à la routine du partage d’une chanson.  Deux voix que j’adore, Bryan Adams et Sarah McLachlan :  https://www.youtube.com/watch?v=fVwM9uKyYYk

Je vous partage également mon plaisir à la lecture du livre « Un café avec Marie » de Serge Bouchard.  C’est mon amie Joanie B. qui me l’a recommandé.  Par son questionnement, sa réflexion poétique introspective et rétrospective, Serge Bouchard nous livre des bouts de vie et nous amène à cet état de « grain de sable ».  Une belle écriture, douce pour le cœur.  Un extrait qui donne l’essence du livre : « Quand déjà, à quatre ans, tu aimes le trottoir et le gravier dans la cour, les chiens perdus, ton père et l’auto noire de ton père, cela indique un certain penchant.  En vérité, durant le temps de toute ma vie, j’ai simplement aimé l’amour et j‘en ai mis de grands élans dans à peu près tous mes regards. » (BOUCHARD S. Un café avec Marie. Boréal, Collection Papiers collés, p.49)

Bon mois de « l’intériorité ».  La température peut être moche, mais l’odeur des feuilles fraîchement tombées et la chaleur des rencontres humaines font un bien fou.

Josée Fontaine xxx

 

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