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Région de Valcourt

Au gré du vent – Raison contre Raison

« Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus ».  Vous avez lu ce livre de John Gray ?  Moi pas.  J’aurais dû peut-être.  J’aurais peut-être compris et accepté les différences entre les hommes et les femmes et sans doute que ça m’aurait évité bien des frustrations dans la vie.

Malgré nos combats « féministes » de jeune adulte, on finit par oublier les différences et quelques inégalités.  Ma chum Dominique disait : « Tu te bats, tu revendiques, tu te fatigues et finalement tu vois tout ce qu’il y a à faire, tu le fais et tu fermes ta gueule ».  Voilà, on se tait.  On devient quasi tannée de nous-même et on sait bien que le sens de l’organisation est plus naturel chez la femme.  C’est plus facile, donc on le fait.

Je n’aime pas parler de féminisme et si j’étais un homme, je n’aimerais pas en entendre parler je crois.  Je lis beaucoup sur le futur des milieux de travail et un article récent de Nathalie Collard (La Presse – « L’illusion de la conciliation travail-famille ») m’a fait réagir en voyant les statistiques sur le recul de la situation des femmes pendant la pandémie.  Déjà, les mères écopaient d’une lourde charge physique et mentale dans la sphère des tâches familiales et ménagères, là, ça devient scandaleux.

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Je sais, les mouvements féministes ont mené à plusieurs gains au cours du dernier siècle.  Les femmes (et les hommes) se sont battus pour le droit de vote, pour leur existence à part entière, pour le droit de prendre des décisions relatives à leur corps, pour l’équité salariale, contre la violence sexuelle… et j’en passe.  Il y a eu beaucoup de gains, j’en conviens.  Mais il reste tellement à faire.

En lien avec l’emploi, on oublie parfois que les gains sur le marché professionnel se sont souvent faits au détriment d’un équilibre de vie.  Les femmes travaillent fort dans leur emploi professionnel et elles travaillent fort à l’extérieur, dans leur vie familiale.

Dans la vie familiale et « ménagère », j’ai l’impression d’assister à un combat de Raison contre Raison.  D’un côté du ring, il y a l’athlète de l’organisation et de l’aide naturelle ; de l’autre, l’athlète de l’égalité dans le partage des tâches.  Les deux ont raison.  On se bat… et on se bat encore.  Tout combat épuise les combattants des deux côtés du ring.  On finit par laisser tomber les gants avec un goût d’amertume

Crédit photo Josée Fontaine

Je crois qu’aujourd’hui les combats se poursuivent de manière plus discrète, sans militantisme tapageur.  Il y a eu assurément de beaux gains pour les femmes, pour l’humanité, mais la quête de l’égalité s’apparente à une histoire sans fin dans bien des domaines.  J’imagine qu’on ne balance pas des siècles de culture et de gènes par des combats de courte durée.

Entendons-nous, l’égalité dans le partage des tâches ne signifie pas nécessairement de faire les mêmes choses à part égale.  Cette idée relève de l’utopie.  L’égalité fait appel au niveau d’effort fourni dans les tâches quotidiennes… ce qui peut être subjectif.  Quand le chum passe quatre heures par semaine sur des sites de vente en ligne à chercher des outils qu’il n’achètera jamais mais qui seraient tellement utiles pour la fermette, c’est clair qu’on n’a pas la même perception de l’effort investi.

Pour ma part, je n’ai aucune recette miracle dans la quête de l’égalité.  Quand j’en ai ras le bol, je fais une escapade, seule, pour quelques heures, quelques jours.  Je ne m’occupe alors de rien, de personne sauf moi.  Je fais la roche.  Ça soulage mais ça ne règle pas la charge élevée du reste de l’année.

Le but de cette chronique n’est pas de blâmer qui que ce soit, ni de me plaindre.  Je souhaite rappeler que de nombreuses quêtes, quel que soit le sujet, vivent un boom et finissent par s’estomper dans l’imaginaire collectif tout en restant bien présentes dans la réalité de ceux et celles qui subissent.  L’égalité des tâches en fait partie.  Bien des femmes sont fatiguées d’en faire plus et tout aussi fatiguées de réclamer de l’aide, pourtant légitime.  Beaucoup de réflexion et d’action à faire encore.

Je lis présentement le livre « La facture amoureuse » de Pierre-Yves McSween et Paul-Antoine Jetté.  Le volet économique domine mais cette lecture suscite de belles réflexions sur nos choix de vie et les factures associées.

Sur ce, bon mois de mars et bon début de printemps.  Jouissez des doux rayons de soleil dans un air encore frais.  Bonne journée de la femme.

Josée Fontaine xxx

 

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