Le Val-Ouest

Chroniques

Nicolas Proulx

L’Avalé du Val – Terres neuves

Ma mère a déménagé à St-Hyacinthe après la mort de mon père.  Elle vit près de ma sœur.  Saint-Hyacinthe, c’est ailleurs, en dehors de mon monde.  Pourtant, j’y ai habité, il y a longtemps.  Un petit logement d’une pièce au centre-ville, en haut d’un bar, le temps d’un contrat comme moniteur auprès d’éducatrices en garderie

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Nicolas Proulx
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L’Avalé du Val – Des âmes dans un IGA

Des fois, ce qui reste pris, c’est une chanson.  C’est comme ça.  Malheureusement, je ne suis pas parolier.  Des fois, je m’en sacre.  Je la crache quand-même.  Ça sort tout croche évidemment, sans rythme, sans précision, sans ce qu’il faut pour être une chanson digne de ce nom.  Ça devient une chose mal formée, mal

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Nicolas Proulx
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L’Avalé du Val – Tu peux me suivre si tu veux

On dirait que les chemins m’ont rejeté.  T’as voulu faire ton frais d’écrivain avec nous autres, on te restitue mon gars.  On te jette, on te pitche, on te kicke!  Out!  Fini l’avalé, voilà le laissé à terre, en boule pesante sur le sentier glacé, le vélo perdu dans le bois, les skis cassés, le

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Nicolas Proulx
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L’Avalé du Val – Marcher aux images

Je marche aux images. Toute la semaine, je suis dans la vie.  Dans l’escalier, à la remise, penché pour flatter le chat, dans la vaisselle.  En même temps, je suis en marge, en train d’écrire.  Écrire, ce n’est pas ici, au clavier, c’est là, debout, les mains dans l’évier, dans l’eau sale et stagnante.  Ce

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L’Avalé du Val – Vacheries

Dimanche dernier, j’ai pris la piste cyclable jusqu’à Lawrenceville. 923e passage.  J’exagère.  Mais pas tant que ça.  Foglia disait qu’à force de rouler dans le même paysage, ce dernier finit lui-même par nous reconnaître. On s’y intègre.  On devient présent dans chaque élément, sujet et objet en même temps.  Il écrivait: Je suis le piquet

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L’Avalé du Val – Anthropoésie

J’entends la chaleur de votre voix et son réconfort dans la nuit boréale… À l’hiver 2020, je préparais un voyage à vélo à destination de la Baie-James pour juillet de la même année. Je m’entraînais beaucoup sur mon exerciseur en écoutant de la musique ou des livres audio. C’est lors de ces suées que j’ai

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L’Avalé du Val – Un mouvement de rien

  Ce matin mes doigts cherchent les douze pieds qu’il me faut Pour parler autrement des beautés indicibles, La douleur qu’elles me font et la crainte du faux Quand en roulant je sens ce paysage audible   C’est un amusement, une idée vaniteuse Et, s’il faut être honnête, un mouvement de rien Issu d’un manquement,

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Nicolas Proulx
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L’Avalé du Val – Le beau grand vide plat de la montée Gagnon

Adolescent, j’ambitionnais de drôles de choses comme écrire des textes en forme d’objet.  Un texte-maison, ou arbre, ou chaise…  Un texte qu’on lirait en se disant à la fin: bon Dieu ce texte a la forme d’une chaise!  J’imaginais développer un sujet principal fort symbolisant le siège de la chaise, quatre prémices claires symbolisant les

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Nicolas Proulx
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L’Avalé du Val – Les traces

La saison de ski est morte, un soleil-épée l’a transpercée et la pluie-dormeuse l’a achevée dans une lente et douce agonie… J’ai pu faire mes dernières randonnées sur une neige bien sucrée, assailli par la lumière, sans manteau, sans tuque, entouré d’érables sous sondes ou greffés de seaux remplis d’eau.  Je n’ai pas osé y

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Nicolas Proulx
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L’Avalé du Val – Mon cœur est une perdrix

Mon père ne sait plus qui je suis.  Cela s’est passé en février.  Plus tôt, cet hiver, il se pensait parfois le fils et moi le père (ou le frère…).  Ça revenait.  Ça repartait.  Il garde maintenant les yeux fermés. Quand il les ouvre, je ne sais pas ce qu’il voit. Je ne sais pas

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Nicolas Proulx
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L’Avalé du Val – Jeunesse

Samedi passé, je suis allé skier à Melbourne au Centre de ski de fond Richmond-Melbourne.  Un autre joyau caché du Val.  J’y vais pour le paysage, bien-sûr, mais aussi pour les côtes, les dures montées, le défi physique.  Je conseille la 9 et la 10, deux belles collines à grimper avec courage.  C’est dur, mais

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Nicolas Proulx
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L’Avalé du Val – Le frette

Comment dire le frette sans utiliser le mot frette?  Un grand froid?  Non.  On dirait deux prétentieux qui ne se parlent plus.  Un froid glacial?  Non plus.  Les deux mêmes crés fins s’haïssent encore plus.  Un froid polaire? J’entends un Français qui capote à moins 5 au thermomètre. Non. Frette, ça dit tout.  Ça s’entend. 

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