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Région de Valcourt

Des fidèles qui portent l’église à bout de bras à Sainte-Anne-de-la-Rochelle

Les célébrations de Pâques à venir nous rappellent un temps où la religion occupait une place plus importante au sein de la société. Il y a quelques années encore, Sainte-Anne-de-la-Rochelle était un point de convergence pour de nombreux pèlerins en provenance des quatre coins de la province.

« Disons qu’il y a plus d’église, qu’est-ce qu’on va visiter à Sainte-Anne? », se demande Francine Giguère, bénévole à la Fabrique Sainte-Anne. Elle fait partie d’un groupe de citoyens qui a à cœur la préservation du bâtiment le plus emblématique de la municipalité.

« Que l’église reste opérationnelle encore dix ans, on va pouvoir dire : ‘Sainte-Anne a duré tout ce temps-là’ », espère le maire Louis Coutu, à droite sur la photo d’en-tête. « Le but visé, c’est que ça dure le plus longtemps. » À cette fin, le conseil municipal de Sainte-Anne-de-la-Rochelle a constitué un comité culturel qui a pour mandat de statuer sur l’avenir de l’église.

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Le petit groupe de citoyens n’est pas dupe : il est conscient du désintérêt grandissant de la population envers la religion, qui mène aux fermetures d’églises qui vont en s’accélérant. Il n’aimerait pas que l’église actuelle, érigée en 1893, tombe à l’abandon.

Faire ses adieux

Au sein de la paroisse Sainte-Famille de Valcourt, des messes ne sont plus célébrées que dans les municipalités de Racine, Valcourt et Sainte-Anne-de-la-Rochelle. Finis les rassemblements à Béthanie, Bonsecours et Lawrenceville. Maricourt a la chance d’avoir une messe par mois dans son église.

Roméo Hudon, bénévole à la Fabrique, estime qu’il se produit une vingtaine de fermetures d’églises à travers la province chaque année. Dans les grands centres, certaines sont alors converties en centre d’escalade, en bibliothèque ou, même, en école de cirque. « Mais on n’est pas assez gros pour ça », admet M. Hudon, à gauche sur la photo d’en-tête.

Le Larochellois pense qu’il serait plus raisonnable d’aménager une salle multifonctionnelle dans l’église Sainte-Anne, ce qui permettrait de poursuivre certaines activités de culte, tout en pouvant accueillir des groupes dans le cadre de réunions, de spectacles ou même d’activités sportives.

Une archive du journal La Tribune fait état d’un important afflux de fidèles à l’occasion de la fête de Sainte Anne (le personnage religieux et non la municipalité), le 26 juillet 1956.

« Il faut convaincre les gens que le patrimoine, ça a une certaine valeur. Au Québec, les édifices les plus vieux ont 400 ans. […] Dans le Vieux-Québec et dans le Vieux-Montréal, il y a des édifices qui sont là depuis le début de la colonie. Mais ailleurs, qu’est-ce qu’il reste? Il y a rien que les églises qui ont une certaine valeur », poursuit Roméo Hudon.

Le maire Louis Coutu estime qu’il faudrait entre 1 et 1,5 M $ afin de remettre l’église en état, dont la moitié pour la rénovation du sous-sol. La toiture a été refaite récemment, alors que les fenêtres le seront sous peu.

Ces dernières années, l’église Sainte-Anne a été le théâtre de nombreuses représentations musicales, les plus courues étant Orford sur la route d’Orford Musique. Lors de ces occasions, les spectateurs sont invités à laisser une contribution volontaire. « C’est un peu à cause de ça que l’église a encore [dans un solde] positif », concède le maire Coutu. Avec le ralentissement de la pandémie et le retour de la belle saison, ce genre d’activités fera son retour graduel entre les murs de l’église de Sainte-Anne-de-la-Rochelle.

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