Le Val-Ouest

SERVICES D’URGENCE : Les élus du Val-7 souhaitent une deuxième ambulance (1 de 2)

Actuellement, une seule ambulance offre des services d’urgence dans la région. Un service jugé insuffisant par les élus du « Val-7 » pour assurer un délai d’intervention acceptable.

Obtenir un service ambulancier 24/7

Une des solutions préconisées à court terme : convertir l’horaire de faction des services ambulanciers à un service à l’heure, en tout temps, 7 jours par semaine.

Les conseils municipaux de la région adoptent actuellement, l’un après l’autre, une résolution qui en fait la demande formelle au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

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« Différence entre la vie et la mort »

« Un délai de réponse immédiat et une couverture de service 24/7 permet au minimum un service de soins d’urgence acceptable pour notre population. Le délai d’intervention est crucial et peut faire la différence entre la vie et la mort ou le risques de séquelles ou non », peut-on lire dans la résolution.

Extrait d’une résolution adoptée en janvier 2024 par la municipalité de Maricourt. L’ensemble des municipalités du Val-7 adoptent actuellement des résolutions semblables demandant au ministère de la Santé de convertir l’horaire de faction des ambulances en une couverture 24/7. (source : municipalité de Maricourt)

Actuellement, les ambulancières et ambulanciers qui travaillent dans la région sont de faction. C’est-à-dire qu’elles et qu’ils se rendent disponibles à partir de leur domicile. S’il y a une urgence, ils doivent donc partir de chez eux, aller chercher l’ambulance stationnée au Canton de Valcourt pour ensuite se rendre sur le lieu de l’intervention. Ce qui occasionne d’importants délais.

Les premières minutes, une question de vie ou de mort

Selon les données de CIUSSE de l’Estrie – CHUS, le temps d’intervention moyen pour une situation d’urgence avec un niveau de priorité élevé (P0) va de 12 minutes pour Lawrenceville à 22 minutes pour Bonsecours.

Ces premières minutes sont justement les plus cruciales. Par exemple, lors d’un arrêt cardiorespiratoire, s’il n’y a pas de manœuvres au cours des cinq premières minutes, il commence à y avoir des dommages au cerveau par manque d’oxygène. Au-dessus de 10 minutes, les séquelles au cerveau peuvent être importantes et irréversibles.

Selon les données de CIUSSE de l’Estrie – CHUS, le temps d’intervention moyen pour une situation d’urgence avec un niveau de priorité élevé (P0) va de 12 minutes pour Lawrenceville à 22 minutes pour Bonsecours. (source : Laury Bourassa)

Ajouter une deuxième ambulance

Les élus souhaitent non seulement des services ambulanciers à l’heure, mais veulent aussi l’ajout d’une deuxième ambulance pour desservir la région.

« La problématique, c’est que si l’ambulance de la région est partie au CHUS à Sherbrooke, elle en aura pour au moins deux heures. À partir du moment où elle est allée chercher le patient sur le lieu de l’incident. Ça veut dire qu’il y a une période de temps qu’il n’y a pas de couverture ambulancière sur le territoire », explique Mario Côté, maire de Racine.

« Si l’ambulance de la région est partie au CHUS à Sherbrooke (…) il y a une période de temps qu’il n’y a pas de couverture ambulancière sur le territoire », explique Mario Côté, maire de Racine.  (crédit photo : Municipalité de Racine)

Outre l’ambulance stationnée dans le Canton de Valcourt, les plus proches véhicules ambulanciers susceptibles de venir en renfort sont situées à plus de 30 minutes. Les centres hospitaliers (Sherbrooke et Granby) se trouvent quant à eux à plus de 40 minutes du secteur. « Cela augmente le risque pour notre population et le temps d’intervention », mentionne la résolution.

Le système de santé peine à répondre aux demandes

Le souhait des élus de voir apparaître une deuxième ambulance est bien mince. Partout au Québec, le système de santé peine à répondre aux demandes. Et ce, même lorsqu’il y a des décès et des enquêtes de coroner.

En octobre 2023, Radio-Canada présentait un reportage illustrant ces importants défis du système. On y apprenait qu’un ambulancier de 24 ans est décédé chez lui en attendant les secours. Une coroner avait ensuite fait une série de recommandations. Dont celle de revoir la couverture ambulancière dans la région où s’est produit le décès. Six ans après la mort du jeune et trois ans depuis le dépôt du rapport, rien n’a changé.

Réponse du CIUSS : pas de deuxième ambulance

Le Val-Ouest a interpellé le CIUSS de l’Estrie – CHUS sur cette question d’une deuxième ambulance pour le Val-7. Le CIUSS confirme qu’il effectue, chaque année, « un rigoureux processus d’analyse pour assurer la sécurité de la population ». Analyse qui est ensuite transmise, avec des recommandations, au MSSS. Qu’en est-il pour la région du Val-7? « Les données recueillies pour l’année 2022-2023 ne démontrent pas la nécessité d’un véhicule additionnel », fait savoir Nancy Corriveau, de l’équipe des relations médias du CIUSS.

Rareté de main-d’oeuvre

Même si les élus réussissaient à surmonter ces embûches et à pourvoir la région d’une seconde ambulance, il resterait tout de même un défi de taille : le recrutement de la main-d’œuvre.

Malgré des perspectives d’emploi excellentes et un taux d’emploi de 93 % , les recrues ne sont pas assez nombreuses. Depuis des années, la Coopérative de travailleurs d’ambulance de l’Estrie peine à recruter des ambulancières et ambulanciers pour desservir l’Estrie.

Dans ce contexte, quelles sont les alternatives?

À SUIVRE… dans un second article :
Des premiers répondants, une solution pour sauver des vies?

 

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