Le Val-Ouest

Est-ce que ça pue le fumier l’été à Racine?

Bien que ce soit l’hiver, l’épandage de fumier durant la belle saison fait parler de lui. Hier, on se penchait sur les boues d’origine humaine qui sont étendues sur les terres de la région. Aujourd’hui, on aborde l’odeur engendrée par le lisier d’origine animale.

Le point est soulevé depuis plusieurs années par le citoyen de Racine, Serge Ferrand. Depuis 2015, celui-ci a interpellé la municipalité, fait des pétitions, contacté les instances gouvernementale et environnementale, etc.

« On est en 2023 où nous avons de plus en plus de vélos qui circulent en été, de randonneurs, de touristes… Je pense que de faire du vélo une ou deux heures dans des terrains qui sentent extrêmement fort le fumier, c’est pas agréable », soulève M. Ferrand.

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Des citoyens se promènent à travers les kiosques du Marché locavore.
« Au Marché locavore, lorsque vous aviez de l’épandage comme ça, c’était pratiquement intenable », soutient Serge Ferrand. Crédit photo : Marché locavore

2015 : annus horribilis?

Sa croisade contre les odeurs de lisier a débuté il y a sept ans. « À l’été 2015, il y a eu une exagération d’épandages et d’odeurs dans la municipalité de Racine et ses environs. […] Il y avait des citernes qui passaient, qui débordaient et déversaient leur purin en plein milieu de la ville. Il y a aussi eu sur la côte, en allant vers Valcourt [route 222], des débordements parce que les citernes étaient remplies au-delà de 75 % », se remémore le citoyen de Racine.

En juillet 2015, M. Ferrand a calculé une séquence de 27 journées d’affilée où l’odeur de fumier a été présente sur le territoire. Marie-Chantal Houde, derrière la Fromagerie Nouvelle France et sa bergerie, se rappelle de cet épisode.

« 2015 a probablement été une année très chaude et très sèche, puis tout le monde a épandu en même temps. Ça a fait en sorte que ça n’a pas pu pénétrer dans le sol comme ça aurait dû le faire avec une pluie après l’épandage. C’est resté dans l’air pendant des semaines. C’est un concours de circonstances. »

Déjà très restreint

Mme Houde poursuit en disant qu’avec la réglementation en place et les caprices de la météo, la fenêtre pour épandre est somme toute restreinte. Un point de vue partagé par le producteur laitier Jean-François Lefebvre :

« C’est pas nous qui gérons. On a des plans de fertilisation à respecter. Pour la période d’épandage, il y a pas d’abus. On étend aux six semaines. Ça prend six semaines entre l’épandage puis quand tu peux refaucher ton foin, sinon tes vaches voudront même pas en manger. Quand tu calcules ça, je peux pas étendre plus que trois fois par année. Y a pas d’abus », explique M. Lefebvre.

Consciente de la nuisance

Question d’accommoder les citoyens, la municipalité de Racine décrète chaque année des journées sans épandage. En 2023, ces journées seront les 23 et 24 juin. Certaines années, on ajoute également la date de la Fête du travail.

N’empêche que l’agriculture a bien changé. « Il y a 40 ans, il y avait 17 producteurs de lait [à Racine]. Chacun avait entre 30 et 40 vaches, chacun avait son épandeur à fumier », relate Adrien Steudler, lui-même producteur. « Aujourd’hui, le gars a trois fois plus de vaches et l’été s’est pas rallongé. On dépend des travaux à forfait. Il y a deux ou trois entreprises. Tout le monde fauche au début juin et, le lendemain, on veut mettre de l’engrais. »

Comme l’épandage du fumier ne dépend plus directement des producteurs, mais de ces entrepreneurs externes, l’encadrement est difficile à appliquer une municipalité ou de simples citoyens. « L’épandage vient chez nous avec deux citernes. Ça coute 500 $ de l’heure. Je peux pas les obliger à rouler à 70 % de capacité. Ça coute trop cher », conclut M. Steudler.

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