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Page blanche et idées noires ou comment atteler la bête à penser

Je ne sais plus quoi penser. À moins que je ne sache plus penser. Ce n’est pas impossible. Les vieux rouages peuvent gripper s’ils ne servent plus assez. Il y a tellement de gens qui pensent pour nous. Bref, pas simple d’atteler la bête à penser.

La liste s’allonge un peu plus chaque jour des défis auxquels est confrontée l’humanité. Plusieurs me semblent nouveaux, et trop souvent insolubles, du moins pour mon entendement. Et il devient de plus en plus difficile de les ignorer tant la circulation de l’information les rend omniprésents, pour ne pas dire envahissants. Ils sont de tous ordres et leur complexité est telle qu’on ne sait plus trop comment s’y retrouver.

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Commençons par la violence armée. Chez nos voisins Américains, il y aurait plus de tueries de masse que n’importe où ailleurs dans le monde. Par contre, les morts par arme à feu auraient baissé de plus de 30 % en 40 ans, et ce malgré l’augmentation du nombre d’armes à feu en circulation. Curieux paradoxe, qui ne change toutefois rien au fait que les États-Unis se classent au 4e rang des pays où il se commet chaque jour le plus de meurtres, après le Brésil, le Mexique et la Russie (ah tiens !). Suivent l’Estonie, le Chili et Israël. C’est plus de 197 000 meurtres qui seraient commis par année dans le monde. Ce n’est pas rien. Je ne sais malheureusement pas où loge le Canada dans cette liste des plus déméritants.

Le retour de Talibans en Afghanistan après 20 ans de présence américaine est un autre exemple de violence armée, sous une autre forme sans doute, une forme plus structurée et encore plus dramatique. Sans parler des 100 000 bébés qui meurent chaque année en raison des guerres sur le globe.

Autre dérapage inquiétant, bien qu’à beaucoup plus petite échelle, la prise d’otages canadiens par la Chine pour régler un conflit commercial avec les États-Unis. L’emprisonnement sans raison des deux Michael, Spavor et Kovrig, détenus pendant plus de 1000 jours, pour faire contrepoids à celui de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei. Ce geste en dit long sur le peu de respect que la Chine peut avoir à l’endroit des droits et libertés et sur ses velléités de devenir une incontournable puissance économique et politique. Certains prétendent, des mauvaises langues sans doute, que la décision étatsunienne de faire arrêter madame Meng sous prétexte de fraude cacherait plutôt une riposte au contournement par Huawei des sanctions américaines contre l’Iran, ou encore, une réplique à la menace que présente cette firme à l’endroit d’entreprises américaines de haute technologie. Il faudrait toutefois se demander si cette arrestation de madame Meng ne constitue pas une autre forme de prise d’otage. À la différence de la situation des deux prisonniers canadiens, les conditions de détention de madame Meng étaient princières. Ce n’est là que détails diront certains.

Et pendant ce temps au Canada, le nombre d’homicides par arme à feu a grimpé de 7% et celui des crimes haineux de 37% en 2020.

Tout ne tourne pas rond sur notre boule bleue. Il faudrait aussi parler de l’avenir de la démocratie de plus en plus malmenée par une mouvance droitiste à la Poutine qui élimine ou emprisonne ses adversaires avant une élection, un Trump qui se fait complice d’extrémistes de droite, un Bolsonaro dont l’élection repose sur la tricherie et la désinformation.

Réchauffement de la planète, surpeuplement, violence des rapports de force entre les nations, terrorisme, racisme et génocides, féminicides, malbouffe et famines, consommation galopante, concurrence déloyale dans le monde du commerce, accaparement des richesses par une minorité, paradis fiscaux, explosion hors contrôle de l’univers des communications, pollution des mers par le plastique et de l’espace par les satellites, extinction d’innombrables espèces, etc. Voilà autant de défis qui se présentent à l’humanité. C’est à se demander s’ils ne sollicitent pas le génie humain à la limite de ses capacités.

Je vois bien que je broie du noir. Mais la reprise postpandémie des activités polluantes et ce à vitesse grand V n’a rien pour me rassurer. L’occasion était belle pourtant de changer quelques-unes de nos mauvaises habitudes. La menace qui pèse sur nos têtes n’est apparemment pas encore suffisante.

Dans mes jeunes années, je ne doutais aucunement de la capacité de ma génération à faire mieux que n’avaient fait les précédentes. Naïvement peut-être, j’ai l’impression que la situation présente est plus dramatique et inquiétante que jamais. « Si seulement jeunesse savait », je dormirais plus tranquille ! La colonisation de Mars est-elle vraiment la solution ? L’humanité saura-t-elle relever le défi ? Il est vrai qu’elle n’en est pas à son premier passage difficile…

P.-S. : Il en va de mes chroniques comme des fraises dans un panier, certaines sont meilleures que d’autres !

Michel Carbonneau

2021-10-02

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