Le Val-Ouest

Un projet en nature pour enfants et aînés à Saint-François-Xavier-de-Brompton

Depuis deux ans, une équipe travaille très fort à Saint-François-Xavier-de-Brompton pour la création d’un projet en nature : Le Houppier. Un espace de vie intergénérationnel et écologique dans un milieu boisé, en plein cœur du village. Une première étape vient d’être franchie : la réservation du terrain convoité.

En effet, en décembre dernier, le propriétaire du terrain a accepté une offre d’achat conditionnelle à l’obtention de financement par Le Houppier. Pour une période de deux ans, avec une troisième année en option. Le terrain est donc réservé et sécurisé, mais pas encore acheté officiellement.

Milieu de garde, espace communautaire et villas pour aînés

Cette initiative, portée par un organisme à but non lucratif (OBNL), comporte trois volets : un milieu de garde en nature, un espace communautaire et des villas pour aînés. « Pour vous permettre de visualiser, imaginez un fer à cheval. D’un côté, il y aurait le service de garde. De l’autre, des villas pour aînés. Et au milieu, un espace communautaire », illustre Guylaine Leclerc, l’instigatrice du projet.

Le projet Le Houppier comporte trois volets : un milieu de garde en nature, un espace communautaire et des villas pour aînés. (image : Le Houppier)

Des places de garde qui tiennent compte des horaires atypiques

Le milieu de garde projeté vise offrir une centaine de places. Principalement à des parents avec des horaires atypiques : employés de soir ou de nuit, travailleurs autonomes, travailleurs du milieu de la santé, etc. « Nous avons, dans notre région, des employeurs qui offrent des quarts de travail le soir, la nuit ou la fin de semaine. On n’a qu’à penser à BRP, Kruger, Masonite, Domtar, aux restaurants, aux bars ou au personnel qui travaille dans le domaine hospitalier. Sans compter les travailleurs autonomes et les employés à temps partiel. Il n’y a pas de garderie pour ces parents-là. Dans un centre de la petite enfance (CPE), il faut réserver pour cinq jours. Tu ne peux pas envoyer un enfant seulement deux jours », explique-t-elle.

«Nous souhaitons que les enfants puissent jouer dehors»

En plus des accommodements pour les horaires atypiques, la vision de ce milieu de garde est intimement liée à la nature. « Il s’agit d’un terrain forestier. Nous souhaitons que les enfants puissent jouer dehors. Je crois beaucoup aux bienfaits de la nature. Autant pour les enfants que pour les plus grands. C’est même rendu que les médecins nous prescrivent la nature [avec le programme Prescri-Nature du Collège des médecins]! »

« Je crois beaucoup aux bienfaits de la nature. Autant pour les enfants que pour les plus grands. C’est même rendu que les médecins nous prescrivent la nature! », partage avec passion Guylaine Leclerc, instigatrice du projet Le Houppier. (crédit photo : Le Houppier)

« Les aînés ne vivraient plus seuls »

Le nombre de villas pour aînés n’est pas encore tout à fait fixé, mais Guylaine Leclerc énonce la possibilité de six. Chacune de ces habitations accueillerait entre 4 et 6 aînés. On réserverait aussi une place pour un étudiant ou une étudiante qui, en échange de son logis, offrirait du bénévolat auprès des aînés ou des enfants.

« C’est un concept inspiré de ce qui se fait en Finlande. Les aînés ne vivraient plus seuls et isolés. Ils côtoieraient d’autres gens et des enfants. En plus du bien-être procuré par la forêt tout autour. »

Concept intergénérationnel

Des enfants qui visitent régulièrement des aînés n’est pas encore très courant au Québec. En 2019, le documentaire « Les vieux copains » avait fait découvrir les liens positifs entre les enfants de la garderie Aux p’tits rayons et les aînés du CHSLD Manoir Soleil à Chambly, sur la Rive-Sud de Montréal.

L’initiative du Houppier s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus large, qui prend tranquillement de l’ampleur dans la province. Fin 2022, le ministère de la Santé et des services sociaux avait fait connaître sa volonté de profiter de la construction de maisons des aînés pour offrir un espace locatif à des centres de la petite enfance (CPE).

En 2019, le documentaire « Les vieux copains », présenté par TV5, avait fait découvrir les liens positifs entre les enfants d’une garderie et des aînés.  (photo : TV5)

Cuisine, salle communautaire et espaces locatifs

La jonction entre le bâtiment du service de garde et les villas pour ainés servirait à la fois de cuisine et d’espace communautaire. Non seulement pour permettre aux enfants et aux aînés de se rencontrer, mais pour offrir aussi une salle communautaire à la municipalité, qui n’en n’a pas.

Le Houppier souhaite aussi louer des locaux à des professionnels. Par exemple des ergothérapeutes, physiothérapeutes, orthothérapeutes ou autres, qui utiliseraient le lieu de façon ponctuelle.

Sondage et plan d’affaires

Pour concevoir un solide plan d’affaires étayé par des données, Le Houppier a mandaté la Coopérative Interface, de Montréal. Son mandat : réaliser une enquête pour connaître les besoins des travailleuses et travailleurs de la région. « La Coopérative Interface s’occupe du sondage, des rencontres avec les citoyens et de l’analyse », résume Guylaine Leclerc.

L’automne dernier, la Coopérative Interface, de Montréal, a mené un sondage pour connaître les besoins des travailleurs et citoyens de la région. Et ce, en vue d’étayer le futur plan d’affaires de Le Houppier. (crédit : Le Houppier)

S’inspirer des meilleures pratiques

Concrétiser un projet comme celui-demande demande aussi de solides assises. Aussi, Guylaine Leclerc a voulu se former et s’inspirer des meilleures pratiques. Cette enseignante de profession s’est ainsi inscrite à des formations au Québec et en France : maîtrise en intervention en contexte de plein air, pédagogie Enfant Nature, Assoiffés de nature, Sologne Nature Environnement et Université dans la nature.

Rencontres avec les aînés une fois par mois

Afin de tester la formule des rencontres entre aînés et poupons, Guylaine Leclerc, qui gère un milieu de garde, s’est associée avec une collègue. « Les deux milieux de garde ensemble, nous avons organisé un projet-pilote. Une fois par mois, nous allons avec les enfants au Jardin des sages à Saint-François. Les aînés sont heureux et nous le disent. Il faut maintenant vivre cette ambiance intergénérationnelle à tous les jours. »

Une « équipe de feu »

Guylaine Leclerc se dit bien entourée. « Nous avons la chance de compter sur une équipe de feu : ingénieur en bâtiment, chef d’entreprise, architecte paysagiste, enseignante au préscolaire, enseignante au primaire, technicienne en service de garde, infirmière en chef dans un CLSC, etc. Ce sont des gens avec une expertise particulière et fine pour nous aider à faire avancer le projet. Chacun a sa place. »

Appui du conseil municipal

Le projet peut aussi compter sur l’appui du conseil municipal de Saint-François-Xavier-de-Brompton. « Nous avons voté des résolutions d’appui pour soutenir la présentation du projet aux députés, à la MRC et auprès des bailleurs de fonds. De même, pour les aider à commencer, nous avons été les premiers à apporter un appui financier, avec un montant de 2000 $ », expose le maire, Adam Rousseau.

L’un des principaux appuis se traduit par l’acquisition du terrain boisé en partenariat. « La municipalité pourrait acheter le terrain et en céder une partie au Houppier », indique Adam Rousseau. Il explique que la portion du terrain qui appartiendrait à la municipalité serait mise en conservation perpétuelle, tout en étant accessible à la population. « Notre but est de protéger des espèces menacés et des milieux humides qui sont en plein périmètre urbain. Dans notre municipalité, il n’y a pas de réseau d’aqueduc. Les résidences sont exclusivement alimentées avec des puits artésiens. Les milieux humides sont donc essentiels à protéger car c’est la porte d’entrée des nappes phréatiques», explique-t-il.

Pour le maire de Saint-François-Xavier-de-Brompton, Le Houppier est réalisable. «C’est un gros projet, mais c’est un projet nécessaire pour Saint-François. (…) Nous avons confiance et allons travailler avec eux pour que ça marche. »

Équilibre entre développement et protection des milieux naturels

Le maire signale par ailleurs que ce projet s’inscrit dans une vision environnementale plus large de sa municipalité. « L’approvisionnement durable en eau et la protection de la biodiversité font partie des préoccupations du conseil. Lorsque la MRC a présenté son Plan régional des milieux humides et hydriques, nous avons ajouté d’autres espaces à protéger. Nous allons bientôt adopter une politique environnementale et une politique de communauté nourricière. D’autres projets s’en viennent aussi. Nous voulons trouver un équilibre entre le développement de notre communauté et la protection des milieux naturels. »

« C’est un gros projet, mais un projet nécessaire »

Pour Adam Rousseau, Le Houppier, malgré son ampleur et son audace, est réalisable. « C’est un gros projet, mais c’est un projet nécessaire pour Saint-François. L’équipe qui y travaille le fait avec passion et sait s’entourer des bonnes personnes. Il ne faut pas avoir peur de les appuyer. Au contraire, il faut être ambitieux. Ça prend des visionnaires pour faire avancer une communauté avec des valeurs comme celles-là. À la municipalité, nous avons confiance et allons travailler avec eux pour que ça marche. Mais il faut être patient et accepter que le projet va se construire un morceau à la fois. »

 

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Un avis au sujet de « Un projet en nature pour enfants et aînés à Saint-François-Xavier-de-Brompton »

  1. Quel beau projet ! Je vous souhaite que ça puisse se concrétiser rapidement. Très inspirant.

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