Le Val-Ouest

Réveiller l’enfant qui sommeille en moi

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours eu un amour immense pour la nature. Plus jeune, je ne m’étais jamais rendu compte de cet attachement et il m’aura fallu quitter ma terre natale et parcourir 6000 km pour m’en rendre compte. Je voudrais juste vous parler un peu de moi pour vous permettre d’apprécier ces quelques lignes et mes futures chroniques.

Je m’appelle Thibaud (oui c’est réellement mon prénom). Je suis originaire d’un tout petit village de 800 et quelques âmes dans le nord-est de la France (Les Mesneux). Je travaille à temps plein et dans mes temps libres je pratique la photographie d’animaux sauvages. Dès que j’en ai l’occasion, j’aime partir à l’aventure à la recherche de la faune.

Réveiller l’enfant qui sommeille en moi
La rivière était en train de me raconter une blague.

J’ai grandi entre les champs et les vignes

Je vais commencer mon histoire par le début, ça devrait faire avoir plus de sens. J’ai grandi entre les champs et les vignes (de champagne). Je passais mes après-midis à aller jouer dans la petite forêt à l’extérieur de mon village, à faire du vélo, à jouer avec mes copains dans notre cabane dans l’arbre et à manger du raisin directement pris dans /les vignes.

Durant mon adolescence, j’étais persuadé d’être un petit gars de la ville, j’en avais assez de la campagne. J’avais oublié le temps passé dehors et mes centres d’intérêt n’étaient plus les mêmes. Pour moi, jeune ado, il fallait être cool et les gens cools, ils habitaient dans les grandes villes.

Pour mes études supérieures, je déménageais à Paris. Ma petite forêt était bien loin et j’avais complètement oublié ma cabane dans l’arbre. Mais je n’ai jamais réussi à m’adapter à la vie en ville. J’ai toujours cherché ma place et je n’ai jamais trouvé mes habitudes, je jouais un rôle que je m’étais imaginé sans jamais m’en rendre compte.

En 2013, je déménage au Québec

J’ai rencontré ma femme quand j’habitais encore à Paris et ensemble nous avons déménagé au Québec en 2013 (avec notre chat). Pour moi qui étais déjà un fan convaincu du Canadien, c’était une bonne occasion de pouvoir regarder les «games » au bon fuseau horaire. En Europe on entendait souvent dire que tout est plus grand en Amérique du Nord. Je n’avais aucune idée de ce que l’immense voulait dire. Je le découvrirai plus tard.

Une des premières vraies randonnées que je ferais.

le sens du mot immense, je l’ai compris au Québec

Je n’avais jamais randonné et c’est ma blonde qui a réveillé cette passion. Elle m’a poussé à aller marcher, et quelle bonne idée elle a eue. Je me sentais complètement différent. Je me retrouvais à courir, monter sur les roches, sauter dans l’eau, m’émerveiller devant un oiseau, je m’amusais! Tout d’un coup, je me sentais en accord avec moi-même. Tous mes soucis du quotidien, oublié.

Lors d’une randonnée dans une forêt des Laurentides, j’ai enfin compris le sens du mot immense. Je n’en croyais pas mes yeux, de la forêt à perte de vue. Tout d’un coup, je me rappelais de la petite forêt de mon enfance. Elle me paraissait si minuscule. Ici il y avait des arbres aussi loin que le regard pouvait porter, pas de civilisations, juste l’infinie forêt, quelques montagnes, des lacs, des rivières et le ciel pour couronner le tout. Quel choc! J’en avais le souffle coupé (peut-être dû aussi à la méchante montée). J’avais du mal à réaliser en face de quoi je me trouvais. J’avais envie de tout découvrir, de savoir tout ce qui se cachait dans ce monde que j’ignorais. Je rêvais d’explorer chaque recoin de la forêt et de m’y perdre des jours entiers.

Mes débuts de randonneur

Pour vous donner une idée d’où je commençais à l’époque, je n’avais pas de bottes de randonnée, je n’avais jamais vraiment vu la neige et je ne savais pas allumer un feu. Mais ça ne changeait rien. Je voulais explorer cette nature. J’avais envie de retrouver cette sensation, ce vertige face à l’immensité. Comme si j’étais impuissant face à ce monde si vaste et que pour une fois ce n’était pas moi qui décidais, mais la nature.

Mais étant toujours un peu lent à démarrer, je n’osais pas partir, toujours craintif, persuadé de ne pas en être capable, et surtout j’étais effrayé par l’échec.

Ma première aventure

Je me rappelle la toute première vraie aventure. Nous étions partis avec ma blonde pour deux jours. Une journée de marche pour atteindre notre campement, nous passions juste une nuit dans la tente. Le lendemain, un peu de canoë puis on fait le chemin à l’envers pour retourner à l’auto. Tout ça avec de l’équipement emprunté, pas adapté, des connaissances très limitées, mais le cœur était à l’ouvrage et nous étions tous les deux très heureux de vivre ça ensemble.

Le sac de couchage à la main…

Et bien, le lendemain après notre nuit dans la tente, j’avais l’impression d’avoir détesté. Le confort rudimentaire, les bruits étranges de la nuit (nous étions persuadés qu’un orignal allait piétiner la tente, c’était juste un tétras), la fatigue et le froid m’ont fait regretter ma décision. Je me sentais inadapté et incapable, malgré, tout je suis rentré vivant et en bonne santé.

Pourtant, chaque fois que j’y repensais, je n’avais que de bons souvenirs qui me revenaient en tête. Notre soirée au coin du feu (que nous avions réussi à allumer malgré la fine pluie). Le réveil avec le soleil sur le lac. Le café chaud du matin pendant que nous écoutions la nature se réveiller. La fierté d’avoir réussi, et d’avoir accompli quelque chose, même si ça a été difficile.

Un sentiment de liberté

Au travers de l’adversité, tous les petits plaisirs de la vie prenaient une tout autre dimension. Tout cela me ramenait à ce que j’étais, un simple humain au milieu de ce monde. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est un sentiment de liberté. J’avais retrouvé l’enfant en moi, celui qui n’avait peur de rien ou de pas grand-chose, téméraire, résilient et surtout libre. Un sentiment que j’avais connu, mais que j’avais oublié et délaissé en devenant adulte. Un sentiment difficile à transmettre par écrit, comme si mon cœur était léger et mon âme en paix.

Et puis cette aventure a réveillé en moi le goût de l’effort et du dépassement de soi. Tout cela m’a fait réaliser qu’en sortant de mon petit confort habituel, je m’étais senti libre et capable. Je m’étais autorisée à vivre des émotions fortes qu’il m’était impossible de ressentir autrement. J’ai appris à connaître mes limites et à les dépasser et chaque fois que je pars à l’aventure j’en apprends plus sur moi-même.

7 jours de marche dans la réserve faunique de Matane, où nous finirons en dessous de la queue d’un ouragan.

 

J’essaie toujours d’être dehors et d’apprécier ce que la nature a à m’offrir. Parfois ça peut-être un coucher de soleil sur le lac, ou une tempête de neige, mais que ce soit dans sa beauté ou sa brutalité, je découvre le monde naturel.

Dans ces différentes chroniques que je vais vous partager, je vous raconterais mes aventures. Et peut-être,  pourrais-je, vous inspirer à aller vivre les vôtres afin de retrouver l’enfant qui sommeille en vous.

On se voit dehors!

ThibaudMarque.com

 

3 avis au sujet de « Réveiller l’enfant qui sommeille en moi »

  1. Merci Thibaud pour cette première chronique. Ha^te de lire tes prochaines aventures!

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