Le Val-Ouest

Un vaccin contre la Peurdémie

Quelle énergie ce printemps!  Cette renaissance de la belle saison me fait un bien fou.  Pas vous?

Tous les matins, je quitte mon foyer où règne la paix des isolés.  Sur mon chemin vers le bureau, la nature me réveille tellement c’est beau.  Branché sur elle, je recharge ma batterie.  Tel un tonique vivifiant auxquel mes yeux s’abreuvent après le long hiver.  Je bois à même cette resplendissante lumière qui alimente la vie de l’intérieur comme la vie tout autour.  Je la laisse couler doucement comme un élixir qui fait son chemin de mes yeux jusqu’au fond du coeur.  Paisiblement, je l’absorbe.  J’en fait des réserves pour la journée qui commence.  Imagine mes racines lovantes enroulées autour du coeur tendre de la terre.  Dans l’intention d’agir pour un monde meilleur.

En ces temps éprouvants et incertains, travailler dans le public approfondit le rôle d’intermédiaire.  Je suis témoin de cette peur collective qui ronge de l’intérieur certains des plus impressionnables et certains des plus à risque de notre communauté.  Il y a aussi la méfiance, la menace de délation, la révolte outragée devant les incohérences qui demandent tout autant la diplomatie que la finesse de l’esprit.

Malgré la lourdeur de cette névrose collective, nous devons rester solides comme le chêne et souple comme le roseau à la fois.  Je suis témoin, sensible à la peur que vivent les miens.  J’en ressens l’espace vide que ça crée devant les orages de l’incertain.  Et une fois la journée terminée, sur la route du retour je n’ai souvent qu’une seule envie.  Aller dormir sans prendre le temps de souper tant je m’en sens épuisée.

Ce n’est pas d’un vaccin contre la Pandémie du Covid-19 dont on a besoin, mais d’un vaccin contre la Peurdémie-20.

La Peurdémie,  cette pandémique fièvre de panique dans l’opinion publique agit comme le pire des virus.  Convaincante par moments.  Conflictuelle, tellement les informations et les consignes sont contradictoires.  Mettant en péril notre rapport à la vérité.  Elle est suffisante pour affaiblir nos systèmes immunitaires.  Je m’en méfie parce qu’elle me donne l’impression de préparer le terrain pour un régime mondial aux allures totalitaires.  Elle nous rend irrationnels comme des proies traquées.  Sa menace est envahissante tant nous baignons dans l’ignorance et notre paresse intellectuelle.  Cette paresse de ne pas chercher plus loin l’information ni en vérifier la pertinence des opinions.  Odieuse insulte à l’intelligence humaine.

La réelle menace n’est pas la peur mais l’isolement qui nous est imposé pour l’apaiser.  Chacun enfermé dans sa petite case conditionné à se méfier des autres de loin ou de proche.  Semblable à une case postale, un espace confiné à même la demeure familiale.  Chacun trié et ciblé derrière son écran de surveillance camouflé en outil incontournable du quotidien.  Nous devenons conditionnés à développer la dépendance pour divertir notre avidité du vide.  Nous sommes à l’image de l’expérience comportementale du chien de Pavlov.  Avec la peur comme levier à la somnolence programmée.

Masques ou pas de masques, là est la question!

Il m’arrive même de me demander si on s’amuse à nos dépends.  J’ai l’image de cases de tri au quotidien qui s’apparentent à l’image de cages d’animaux de laboratoire.  Où l’autorité en place, toute de sarrau déguisé, verse l’information quotidienne au compte goutte.  Comme on procède méthodiquement à une re-programmation massive de nos comportements asservis.  Nous disant tantôt non, tantôt oui.

La confusion et la peur rétrécissent notre champ de vision, notre sens de la répartie, elles nous font perdre notre sens critique.  Musellent, discréditent et ridiculisent tous ceux qui questionnent la légitimité des organisations qui en tirent les ficelles.  C’est tout un cirque aux allures d’une série télé qui fait les manchettes au quotidien et comble le besoin d’attention des gros égos de nos égaux.

Dans le quotidien de nos villages, nous sommes pour la plupart d’entre nous, les fruits d’une génération qui n’a pas connu de grands bouleversements dans l’histoire humaine.  Les fruits d’une région de la planète préservée de la vraie pauvreté dans le monde.  Pas de grandes guerres sur nos territoires, pas d’irruptions volcaniques dans nos villages, pas de famines.  Pas de tyran qui débarque avec son armée dans nos rues.  Pas d’embargo.  Si non une menace distante, en sourdine sur nos écrans.  Que d’évasives spéculations aux accents d’inquiétude de contamination.  Qu’une rumeur distante pour cinéphiles en manque de séries zombiaques à sang frais.

Par soucis de prudence, nous acceptons le non-sens.  Acceptons de museler nos questionnements pour répondre à l’effort collectif, nous faisons tous preuve de patience et de persévérance pour aplanir une courbe abstraite.

Pour se réconforter, se donner une chance de freiner la contamination.  Nous acceptons de céder nos libertés.  Enveloppant de gants nos mains préalablement badigeonnées de liquide désinfectant, nous entourant de périmètres sécurisants.  Voilant nos visages maintenant.  Et quoi d’autre encore.  Un dé-confinement à re-confiner à l’automne?  Toutefois, je deviens de plus en plus sceptique quand à la suite des mesures.

Ma version du vaccin contre la Peurdémie.  Vider la peur de la peur!

J’ai donc décidé de procéder au grand ménage du printemps dans le bureau où je suis affectée pour encore quelques semaines.  Inspirée du sentiment réconfortant que savait créer ma mère dans notre foyer qui sentait bon le propre.  La joyeuse luminosité des rayons du soleil qui entraient par les fenêtres.  Abolir la grisaille, monter un mur végétal!  Pourquoi pas?

Si le petit bureau est le seul espace du village où se croisent quotidiennement les gens, pourquoi ne pas en faire un rituel joyeux et soutenant?  C’est à ce moment que m’est venue l’idée d’installer des plantes le long des grilles de la vitrine de l’entrée.  Accrocher les plantes  aux grilles pour symboliser la vie des familles de toutes les cases postales.  Sollicitant la solidarité des pouces verts du village par des dons de boutures.  Une contribution volontaire qui nous permet de se remonter le moral ensemble.  Une idée toute simple pour prendre soin de notre santé émotionnelle et mentale collective.

Quelle bonne occasion de prendre soin de nos coeurs d’enfant encore si ardent dans la croyance que peu importe ce qui se passe, on peut toujours trouver le moyen de se faire la vie belle.

Le Wow de la vie reprend de son élan

Le projet progresse merveilleusement et j’observe des changements dans l’ambiance générale de notre quotidien au bureau de postes.  Depuis, de semaines en semaines, le bonheur reprend ses droits dans notre collectivité.  Certains des plus rabougris viennent pour observer le changement au quotidien.  La joie dans le regard, certains s’attardent pour discuter en respectant les 2 mètres de distance.  Témoins créatifs de l’ergonomie de l’espace que chacun occupe pour partager la joie de se retrouver après ces dures semaines de peur.  On se croirait par moments dans un 5 à 7 festif sécuritaire où fusent les rires et les taquineries.  L’esprit rassembleur de ces quelques efforts de notre bonne volonté nous fait un bien fou.

Ensemble, nous avons déraciné la peur un point c’est tout!

Des idées émergent sur comment conserver le sens des rituels du partage sans pour autant contrevenir aux mesures de sécurité imposées par les autorités.

La période du confinement s’étiole doucement à mesure que les belles journées avancent vers la saison estivale.  Le soleil illumine la bonne humeur des gens qui viennent comme des jardiniers, cueillir leurs colis et courrier.  Le vaccin contre la Peurdémie-20 prend la forme des images qui en témoignent dans cet article.  Enracinez-vous de la terre au ciel chers lecteurs.  Ça va bien aller.

 

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