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Une prof de français de l’Odyssée reçoit un prix

Une prof de français de l’Odyssée reçoit un prix. Anick Larouche, enseignante en 4e secondaire, s’est vue attribuer un Prix de reconnaissance en lecture du ministère de l’Éducation pour son projet « Des nouvelles littéraires d’ici ». Une première pour l’établissement de Valcourt.

Quel est mon profil de lecteur ou lectrice?

Le projet s’est échelonné pendant toute l’année scolaire 2022-2023. « Les élèves se sont d’abord posé des questions sur leurs habitudes de lecture : Qu’est-ce que j’aime lire? Pourquoi? À quel endroit est-ce que je m’installe pour lire? », explique Anick Larouche. Son objectif : permettre à l’élève d’établir son profil de lecteur ou lectrice.

Intérêt des garçons à la lecture

Bien que l’activité s’adressait autant aux filles qu’aux garçons, la professeure s’est efforcée de valoriser la lecture au masculin. « Les garçons ont de la difficulté à s’identifier à la lecture. Sans vouloir caricaturer, ils ont tendance à délaisser les romans pour s’intéresser à la bande dessinée, à la lecture des règles de jeux de société ou aux actualités. »

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Anick Larouche entourée de ses élèves qui ont participé à l’activité « Des nouvelles littéraires d’ici » pendant l’année scolaire 2022-2023. (photo : École secondaire de l’Odyssée ©)

Lecture chez les adultes

À tour de rôle, des adultes venaient présenter aux jeunes leurs lectures. Parmi le lot, l’enseignante a fait de sorte de trouver des modèles masculins. Elle a ainsi impliqué le prof de science, l’enseignant d’éducation physique et le directeur.

Résultat de ces rencontres : les élèves ont été étonnés de constater que la lecture avait une place importante pour les adultes qu’ils ou elles côtoient. «Je voulais montrer que tout le monde lit. On le fait tous les jours, sans s’en rendre compte. Ça ne se fait pas seulement lors des travaux en français », signale-t-elle.

Partenariats avec le milieu

L’enseignante s’est trouvé des alliés. La Bibliothèque Yvonne L. Bombardier prêtait des romans. Elle a aussi invité en classe des membres de la communauté pour parler aux élèves.

Atelier d’écriture avec une auteure

En cours d’année, l’auteure Sandra Dussault est venue en classe pour animer un atelier d’écriture. « L’activité avait pour objectif de leur montrer l’importance de bien connaître ses personnages, lorsqu’on écrit un roman. Les rendre attachants ou détestables, mais surtout crédibles. Les jeunes devaient se mettre dans la peau d’un personnage et s’exprimer par écrit à sa manière », explique l’auteure.

L’auteure Sandra Dussault est venue rencontrer les élèves en cours d’année pour un atelier d’écriture. (photo : Annie Simard – Québec Amérique ©)

Biographie transformée en fiction… puis en balado

Les élèves devaient élaborer une courte biographie d’un auteur ou d’une auteure de leur choix. Ensuite, les jeunes devaient créer une nouvelle littéraire fictive. La consigne : leur oeuvre devait contenir des traces de la vie réelle de l’auteur.

Une fois les textes finalisés, les étudiants ont transformé leur histoire en balado. « Les élèves se sont mobilisés et se sont aidés. Nous sommes devenus une vraie communauté d’apprentissage », relate Anick Larouche.

Pour conclure le projet, les étudiants devaient envoyer le balado à l’auteur ou l’auteure. Certains en ont profité pour apprendre comment écrire un courriel. «On tient pour acquis qu’ils savent déjà le faire. Mais non! », divulgue l’enseignante.

Réactions des auteurs

Quelles ont été les réactions des auteurs et auteures qui ont reçu un balado? Les élèves ne l’ont pas nécessairement dit à leur prof. Le Val-Ouest a donc fait quelques recherches. En plus de l’auteure Sandra Dussault, nous avons retrouvé trois autres écrivains et écrivaines qui ont inspiré les élèves.

« J’ai trouvé que c’était une belle façon ludique de combiner la lecture ou la découverte d’auteurs à ce médium [le balado] qui est proche des jeunes. Tout en laissant libre cours à leur imagination et leur créativité », de partager India Desjardins.

L’auteure India Desjardins. (photo : Stéphanie Picard -Québec Amérique ©)

L’écrivain et rappeur Biz confie de son côté qu’il est : « toujours touché de voir que Loco Locass peut intéresser des jeunes qui n’étaient même pas nés au moment de la création du groupe. Ce balado est une excellente initiative pédagogique. Bravo à la professeure qui se dévoue pour intéresser les jeunes au français avec des projets originaux. Je suis sûr que les jeunes ont embarqué à fond. »

Sébastien Fréchette, alias Biz, écrivain et rappeur du groupe Loco Locass. (photo : Sacha Bourque – Leméac ©)

Ève Patenaude, auteure et illustratrice d’ouvrages pour la jeunesse, s’est dite quant à elle « extrêmement touchée et charmée par le balado inspiré de ma vie. Il comprenait plein de détails qui me ressemblent et qui m’ont fait sourire. Je considère que ce projet spécial est tout à fait génial! Il permet de toucher à la lecture, à l’écriture, à l’expression orale, de stimuler l’imaginaire, et surtout de faire tout ça dans un contexte qui intéresse les jeunes, à savoir l’enregistrement d’un balado. C’est une idée du tonnerre! Je suis certaine que les élèves ont eu un plaisir fou à créer ces capsules! »

Ève Patenaude, auteure et illustratrice d’ouvrages pour la jeunesse. (photo : Étienne Jubinville – Québec Amérique ©)

Développement des compétences

Au final, les élèves ont pu développer trois compétences liées à l’apprentissage du français : la lecture, l’écriture et l’expression orale. En plus de créer un lien concret avec des professionnels de la littérature.

Approche porteuse de réussite scolaire

Pour le directeur de l’établissement, Ludovick St-Laurent, l’initiative pédagogique de l’enseignante est en lien direct avec le projet éducatif de l’école. « Nous avons comme orientation de diminuer la proportion d’élèves à risque dans la compétence en lecture. Il s’agit d’une approche porteuse de réussite scolaire. »

Anick Larouche est de cet avis. Pour elle : « La lecture, c’est le nerf de la guerre en terme de réussite scolaire. » Elle souhaite former des « lecteurs à vie » plutôt que de futurs citoyens juste « capables de compléter des questionnaires ».

 

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