.
{acf_vo_headline}

Le 5 octobre prochain, les Québécoises et les Québécois seront appelés aux urnes pour choisir le prochain gouvernement du Québec. Dans une campagne qui s’annonce particulièrement serrée, alors que cinq partis politiques se disputent sérieusement l’attention des électeurs, plusieurs pourraient être tentés de croire que leur vote ne changera pas grand-chose. Pourtant, dans une démocratie, chaque bulletin compte. Plus encore, il a une valeur qui dépasse largement le simple choix d’un député.

D’abord, rappelons une réalité souvent méconnue. Comme l’expliquait récemment l’ancien député Alain Rayes, un vote ne sert pas seulement à déterminer un gagnant. Au Québec, les partis politiques reçoivent un financement public en fonction du nombre de votes obtenus. Chaque vote contribue donc à soutenir l’organisation d’un parti, le développement de ses idées et sa capacité à participer au débat démocratique. Même un parti qui n’obtient aucun siège peut continuer à exister et à préparer l’avenir grâce aux appuis reçus dans les urnes. Voter pour ses convictions n’est donc jamais un geste inutile. C’est aussi une façon de faire entendre sa voix et de soutenir les idées auxquelles on croit.

Dans le Val-Saint-François, cette élection est particulièrement importante. Notre territoire se retrouve à cheval sur deux circonscriptions, Richmond et Daniel-Johnson, qui regroupent à la fois des centres urbains de taille moyenne, comme Windsor ou Valcourt, et de nombreuses petites municipalités rurales comme Melbourne, Ulverton, Racine, Bonsecours ou Kingsbury. Ensemble, ces deux circonscriptions représentent plus de 130 000 citoyens répartis sur un vaste territoire où les enjeux locaux sont souvent différents de ceux des grands centres mais non moins importants.

Or, trop souvent, les débats électoraux provinciaux se concentrent sur Montréal et Québec, laissant peu de place aux réalités des régions. Parfois des enjeux comme le troisième lien à Lévis ou le Tramway à Québec peuvent également être instrumentalisé pour aller chercher les votes de personnes à l’extérieur des grandes villes. Pourtant, les défis qui préoccupent les citoyens du Val-Saint-François sont bien concrets : vitalité des noyaux villageois, entretien des infrastructures (routes, stations d’épuration, etc.), accès aux services de santé et adaptation aux changements climatiques (perte du couvert neigeux prévues, baisse du niveau d’eau dans les lacs et rivières, etc.) font partis des enjeux.

Sur cette question, plusieurs observateurs du monde municipal lancent un appel qui mérite d’être entendu. Les municipalités sont aujourd’hui en première ligne lorsqu’il s’agit de faire face aux inondations, aux vagues de chaleur, à la gestion de l’eau potable ou à la détérioration des infrastructures. Pourtant, leurs pouvoirs et leurs revenus demeurent limités. Comme l’ont récemment souligné le maire de Trois-Rivières, Jean François Aubin, et l’ancien maire François William Croteau, les municipalités assument de plus en plus de responsabilités sans toujours disposer des moyens nécessaires pour agir rapidement.

La prochaine élection devrait donc être l’occasion de poser une question fondamentale aux partis politiques : sont-ils prêts à faire davantage confiance aux municipalités ? Les petites villes et villages connaissent mieux que quiconque leurs besoins. Elles savent quelles routes réparer, quels bâtiments adapter, quelles infrastructures protéger. Leur donner davantage d’autonomie et des ressources plus prévisibles permettrait souvent d’obtenir des résultats plus efficaces.

À cet égard, les électeurs devraient aussi se méfier d’une vieille recette qui revient régulièrement dans les campagnes électorales : les promesses de baisses d’impôt. Bien sûr, personne ne refuse quelques dollars de plus dans son portefeuille. Mais il faut se demander ce qui arrive ensuite. Chaque réduction importante des revenus de l’État signifie moins d’argent disponible pour financer les services publics, soutenir les infrastructures ou accompagner les municipalités dans leurs responsabilités croissantes.

Et si Québec collecte moins de revenus, qui paiera la facture des routes locales, des réseaux d’aqueduc, des centres communautaires ou des mesures d’adaptation climatique ? Devra-t-on compenser par une hausse des taxes municipales ? La question mérite d’être posée… même si l’on connaît déjà la réponse !

D’autant plus que cette stratégie a déjà été largement utilisée. Depuis plusieurs décennies, les impôts des entreprises ont diminué de façon importante, avec la promesse de stimuler l’investissement et la prospérité pour toutes et tous, avec le succès que l’on connait. Les défis qui préoccupent aujourd’hui les citoyens demeurent bien présents. Il est donc légitime de se demander si la poursuite de cette logique constitue encore la meilleure solution.

Il faut également rappeler qu’une part importante des Québécois les moins fortunés paie peu ou pas d’impôt sur le revenu. Pour eux, les promesses de réductions fiscales offrent souvent des bénéfices limités voire nuls. Ce dont ils ont surtout besoin, ce sont des services publics accessibles, des logements abordables et des collectivités capables de répondre efficacement aux besoins du quotidien.

Le 5 octobre, chaque électeur aura donc l’occasion de faire entendre sa voix. Parce qu’un vote peut élire un gouvernement, influencer les débats, soutenir des idées et renforcer notre démocratie. Dans une élection qui s’annonce serrée, il pourrait même faire toute la différence.

Alors, à vos marques, prêts… votez ! Car l’avenir du Québec se joue aussi dans nos villages, nos villes et nos communautés du Val Saint François.

Lire la chronique précédente

Laisser un commentaire

Oui SVP, inscrivez-moi à l'infolettre du Val-Ouest pour recevoir un lien vers les nouveaux articles chaque semaine!

À lire aussi