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Air Canada réduit ses services en français dans certains vols internationaux pour l’été en raison d’un manque de personnel bilingue. Un seul agent de bord par avion sera tenu de parler le français au sein de certains vols internationaux au départ ou à destination de Vancouver et de Toronto.

L’information, d’abord dévoilée par Le Journal de Montréal, puis confirmée par Le Devoir, a été annoncée aux employés d’Air Canada dans une note interne.

Pour l’été, le transporteur aérien réduit l’obligation d’avoir au moins deux agents de bord capables de parler français à bord de ses avions. Sur quelques vols, un seul membre du personnel francophone sera requis.

Ces nouvelles règles toucheront une « dizaine de vols par jour », selon le vice-président aux communications d’entreprises d’Air Canada, Christophe Hennebelle. Les vols affectés sont notamment ceux à destination de Manille, Hong Kong et Tokyo depuis les aéroports de Toronto ou de Vancouver.

L’entreprise assure qu’elle n’a aucune obligation linguistique en vertu de la Loi sur les langues officielles du Canada pour ces vols qui ne desservent pas une communauté francophone « importante ». Reste que les voyageurs québécois qui désirent se rendre dans ces destinations doivent parfois passer par un aéroport comme Vancouver ou Toronto, puisqu’elles ne sont pas toutes offertes depuis Montréal.

Préserver le service ailleurs

« La loi ne prévoit absolument pas qu’il doit y avoir un service en français sur tous les vols, affirme M. Hennebelle au téléphone. On va avoir au moins un agent de bord bilingue sur chaque vol alors que l’obligation, c’est zéro. »

La Loi sur les langues officielles oblige toutefois le transporteur aérien à offrir des services en français dans les « zones à demande francophone importante », notamment Montréal, mais aussi Moncton.

C’est pour s’assurer que ce service n’est pas interrompu par manque de personnel qu’Air Canada a choisi de réduire ses services bilingues dans d’autres vols, affirme Christophe Hennebelle. « La raison pour laquelle on le fait, c’est bien pour s’assurer qu’on répond à la fois à nos obligations en termes de langues officielles et aussi qu’on assure le meilleur service possible à nos clients francophones. »

Les informations sur la sécurité continueront d’être offertes dans les deux langues officielles du pays sur tous les vols, et Air Canada assure que ces mesures estivales ne comportent « aucun enjeu de sécurité ». « Notre souhait, c’est de retourner à nos services habituels dès que ce sera possible », affirme M. Hennebelle.

Le ministre québécois responsable de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge, a dénoncé la décision du transporteur aérien. « Le français est au cœur de notre identité. Or, il sera toujours fragile au Québec et dans les communautés francophones ailleurs au Canada. Il est essentiel de maintenir, et même d’augmenter l’accès aux services en français », a-t-il écrit sur X.

Des ratés pour les langues officielles

Air Canada s’est retrouvée dans l’eau chaude plus tôt cette année quand son p.-d. g. sortant, Michael Rousseau, a publié une vidéo de condoléances uniquement en anglais à la suite d’un accident ayant coûté la vie de deux pilotes de la compagnie à New York. La Commissaire aux langues officielles du Canada a reçu un nombre record de plaintes à cet égard et mène présentement une enquête.

Ce n’était pas la première fois que M. Rousseau se retrouvait dans une situation similaire. En 2021, lors de son arrivée en poste, il avait prononcé un discours seulement en anglais à Montréal et avait affirmé qu’il vivait dans la métropole depuis 14 ans sans avoir eu besoin d’apprendre la langue de Molière.

Air Canada a nommé mercredi le remplaçant de M. Rousseau, qui a annoncé son départ à la retraite il y a quelques mois : le Néerlandais Anko Van der Werff prendra les commandes de la plus grande compagnie aérienne du Canada en janvier 2027.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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