Après sept ans de tournée à succès, il n’aura fallu que cinq jours à Nikamu Mamuitun pour pondre une deuxième mouture de l’album Mamowi – Ensemble. Le collectif, composé de neuf artistes autochtones et allochtones, reprend maintenant la route.
Le collectif, né de la collaboration entre Florent Vollant et Alan Côté, surfe la vague de la première édition de Mamowi – Ensemble depuis 2019. «On n’est plus dans une époque où les tournées durent aussi longtemps, fait remarquer l’artiste métisse de la Rivière Rouge Geneviève Toupin, alias Willows. Ça en dit long. Le public en veut et aime ça.»
Fort de la contribution d’artistes comme Ivan Boivin-Flamand, Sandrine Masse et Velours Velours, Nikamu Mamuitun — Chansons rassembleuses en innu ― reprend maintenant la scène avec de nouvelles pièces, dont Yatsihsta’ et Ki Pakotamon a, dévoilées en début de semaine.
Après quelques passages dans la troupe à la fin de la première tournée, l’autrice-compositrice-interprète Willows, originaire du Manitoba, se joint également au collectif pour ce second tour de roue.
En entrevue au Soleil, elle se remémore ses premiers pas au sein du groupe, déjà fébrile d’investir la scène à nouveau.
«Dès le premier spectacle que j’ai fait avec le collectif, à l’époque, j’ai tout de suite vu la réaction […] Il y avait une sorte de magie sur la scène», se rappelle l’artiste.
Selon elle, «les échanges et les rencontres» initiées par le projet ont leur rôle à jouer dans l’accueil réservé par le public, plus que jamais sensibilisé à la réconciliation.
«Le plaisir de chanter ensemble, c’est vraiment connecté au cœur et les gens réagissent vraiment bien à ça, les jeunes, comme les moins jeunes», note-t-elle.
Un «défi» de cinq jours
Seule une résidence de cinq jours, au mois de mai dernier, aura été nécessaire à la deuxième cohorte du projet pour composer les chansons qui paraissent sur l’album. «Je n’ai jamais été face à un défi aussi précis, puis dans une période de temps aussi serrée», insiste Geneviève Toupin.
«Tout s’est fait vite. On a écrit les chansons au mois de mai dernier. On est allé les enregistrer en septembre, à Mani-utenam, puis on a monté le spectacle en décembre», énumère-t-elle.
Les neuf artistes allochtones et autochtones participants ont composé les pièces qui paraissent sur l’album lors d’une résidence créative de cinq jours.
Plus encore, certains des artistes conviés à ce sprint créatif ne connaissaient pas certains de leurs collaborateurs, souligne l’autrice-compositrice-interprète.
«La langue a été un point de connexion pour tout le monde. […] On a eu beaucoup de discussions autour de ça. Ça a été super riche de voir nos amis allochtones qui voulaient apprendre à chanter dans nos langues.»
Si bien que les contraintes n’ont finalement pas nui à la productivité du groupe. «On est sorti de là avec trop de chansons […] et toutes les chansons avaient vraiment quelque chose de spécial», félicite-t-elle.
Les pièces choisies témoignent également de cette rencontre entre les artistes participants, qui ont mis leurs origines abénaquises, wendat, atikamekw, métisses, argentines et québécoises en commun. Déjà, les deux premiers singles offerts au public, Yatsihsta’ et Ki Pakotamon a, mettent en valeur le français, le michif du sud, l’innu-aimun, le wendat et l’atikamekw, rappelle fièrement l’artiste.
À quelques semaines du début de la deuxième tournée, l’autrice-compositrice-interprète espère maintenant que ses acolytes et elle-même seront en mesure de faire perdurer «la magie» qui a caractérisé la première édition de Mamowi – Ensemble.
«J’espère qu’on va réussir à capter cette même énergie-là dans cette nouvelle tournée. Le public ressent ça, il y a quelque chose de très direct. Ça perce le cœur.»
Le second album de Nikamu Mamuitun, Mamowi – Ensemble, sera disponible dès le 13 février. Le spectacle de lancement aura lieu le 15 février, au Grizzly Fuzz, à Québec, dans le cadre de RIDEAU.











