Le film Capitaine, de William Mazzoleni Valin, réunit Wayne Charles Baker et McKenzie Kahnekaro:roks Deer. Mediafilm / Entract Films
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Capitaine, William Mazzoleni Valin propose — malgré certaines failles — un film d’une grande beauté, où les paysages côtiers et l’innu-aimun s’imposent au premier plan.

Habité par les tourments de son passé, un pêcheur, surnommé Capitaine, prend la route vers Montréal lorsque sa fille unique prend la poudre d’escampette. Mia, interprétée par McKenzie Kahnekaro:roks Deer, n’imagine pas son avenir dans la communauté innue où elle a grandi et encore moins à bord du bateau de pêche de son père, joué par Wayne Charles Baker.

Campée dans une communauté autochtone que le réalisateur se garde d’identifier, l’histoire du capitaine se déploie sur fond de paysages côtiers.

Filmé dans la communauté innue de Uashat Mak Mani-Utenam, le premier long-métrage de William Mazzoleni Valin met en valeur la beauté de la région. Les images, souvent teintées de l’enveloppante lumière des côtes du Saint-Laurent, tranchent avec les thématiques abordées et la lourdeur de certains dialogues.

Wayne Charles Baker, qui joue un homme de peu de mots, est touchant, malgré le registre limité de son personnage. Alors que l’histoire qu’il incarne se veut le reflet de celles de centaines d’autres Autochtones, l’acteur parvient habilement à transmettre les émotions vécues par son personnage, notamment lorsqu’il est question de son passage au pensionnat.

Les scènes de confrontation, entre Capitaine et sa fille, Mia, révèlent également l’ampleur de la complicité qui unit Wayne Charles Baker et McKenzie Kahnekaro:roks Deer. Ils incarnent tous deux avec brio le déchirement qui habite leur personnage respectif.

Une quête et ses détours

Dès les premières minutes du film, la quête de Capitaine s’enclenche, lorsqu’il reçoit une lettre de sa fille, lui demandant de l’aide. Dès lors, la mission du père de famille devient centrale à la trame narrative, quoique souvent éclipsée par des scènes de mise en contexte.

De nombreux retours dans le temps — même si nécessaires pour dresser le portrait des personnages ― viennent trancher avec le rythme de la quête entreprise par le protagoniste. Si bien que celle-ci devient presque secondaire, entrelacée de longues scènes rétrospectives.

Les détours qu’emprunte le scénario fragilisent finalement le dénouement, qui écope du manque de tempo. Quelque peu précipité, le point culminant du périple de Capitaine étonne par son intensité, en toute fin de film.

Difficile également de s’attacher à certains des personnages secondaires. Bien présents tout au long des quelque 86 minutes de Capitaine, certains d’entre eux s’avèrent accessoires à l’intrigue, voire carrément superflus.

L’innu-aimun comme fil conducteur

Le long-métrage se distingue toutefois par sa capacité à rendre hommage à la langue innue, qui ponctue les échanges, notamment entre les membres de la famille du capitaine.

L’utilisation de l’innu-aimun, naturelle et efficace, intrigue et s’impose comme un habile hommage aux langues autochtones, trop souvent reléguées à l’arrière-plan. Puis, malgré la présence nécessaire de sous-titre, l’expérience des cinéphiles s’en voit bonifier.

Le premier long-métrage de William Mazzoleni Valin, Capitaine, vaut, somme toute, le détour. L’omniprésence de l’innu-aimun, additionnée à la mise en valeur des paysages côtiers, en fait une œuvre distinctive, loin des clichés. Elle permet une incursion unique dans les réalités des Premiers Peuples.

Capitaine est présenté au cinéma à partir du 16 janvier.

Au générique

  • Cote: 7/10;
  • Titre: Capitaine;
  • Genre: Drame d’action;
  • Réalisation: William Mazzoleni Valin;
  • Distribution: Wayne Charles Baker, McKenzie Kahnekaro:roks Deer;
  • Durée: 86 min.

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