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Suite aux événements du vendredi 25 septembre dernier, le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) interpelle les décideurs municipaux à plus de transparence concernant l’implantation de centres de données sur le territoire de l’Estrie. En l’absence de balises réglementaires de Québec ou d’Ottawa encadrant ces activités et définissant les exigences à leur implantation, les municipalités doivent faire preuve d’une vigilance accrue et mettre en œuvre les moyens nécessaires afin d’instaurer un véritable dialogue avec les citoyen·e·s et les organismes préoccupés par les impacts environnementaux, sociaux et économiques sur nos milieux.

La Ville de Sherbrooke semble déjà avoir une longueur d’avance dans les négociations à l’implantation d’un centre de données dans son parc industriel régional. Bien qu’aucun projet n’ait été officiellement déposé à ce jour, plusieurs déclarations publiques ont déjà exprimé une ouverture marquée envers l’accueil de centres de données sur le territoire.

Dans ce contexte, le CREE s’inquiète de voir les espaces de discussion limités au motif qu’aucun projet officiel n’existe encore. Nous croyons qu’une réflexion collective devrait justement débuter avant l’arrivée d’un projet précis, au moment où il est encore possible d’échanger ouvertement sur les enjeux, les attentes et les critères qui devraient guider les décisions futures. Ce scénario soulève des questions similaires à celles observées lors des échanges et ententes de non-divulgation entourant l’implantation de centre de minage de cryptomonnaie par le passé.

Au CREE, nous prônons la diminution de notre consommation d’énergie. Nous sommes cependant conscients que le développement de centres de données est une réalité de notre époque à laquelle il n’est pas possible d’échapper collectivement.

Alors que les responsabilités municipales ne cessent d’augmenter et que les ressources financières demeurent sous pression, notamment dans un contexte de coupes budgétaires, les retombées économiques associées à l’implantation de centres de données, peuvent faire miroiter une opportunité intéressante pour les collectivités. C’est d’ailleurs sur les promesses de richesses et dans la hâte de s’établir avant la définition d’un cadre règlementaire québécois, comme l’a récemment fait la Saskatchewan, que les entreprises derrière ces centres de données misent afin de faire accepter rapidement leurs projets.

Il demeure toutefois essentiel que les citoyen·e·s et organismes puissent être informés et appelés à contribuer aux réflexions entourant de tels projets. Pour le CREE,  l’acceptabilité sociale et environnementale de ces projets repose notamment sur les éléments suivants :

  • La transparence dans la communication et la tenue de consultations citoyennes ;
  • L’analyse des impacts réalisée en amont, accompagnée de mesures visant à les limiter, voire les prévenir, et d’une réflexion sur les possibilités d’économie circulaire (p. ex. la valorisation de la chaleur émise) ;
  • Au niveau gouvernemental, l’établissement d’un cadre règlementaire qui permet d’encadrer les centres de données, mais également toute nouvelle industrie innovante qui risque d’échapper à nos cadres réglementaires ciblés.

Le Collectif Numérique Responsable et Soutenable (NRS) et le Centre de recherche et de développement COlab d’Alma ont dévoilé lundi une première cartographie québécoise des centres de données et, selon cette source, douze sont déjà présents en Estrie. Le CREE tend la main à la région afin d’amorcer rapidement une réflexion commune sur ce type d’activités.

L’attrait économique ne peut cependant pas éclipser les autres enjeux et préoccupations soulevés par les citoyen·e·s et organismes. Il est primordial d’établir un dialogue afin que les choses se réalisent de manière structurée, responsable et transparente, en maximisant les bénéfices pour les populations tout en réduisant ou empêchant les impacts sur les milieux naturels et nos collectivités. À défaut d’une accessibilité sociale claire, l’application du principe de précaution nous apparaît de mise face à des enjeux d’une telle ampleur. Nous interpellons donc le gouvernement du Québec à encadrer ce type d’activités rapidement.

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