La Lambertoise Gaétane Dufour vient de publier aux Éditions GID un ouvrage de vulgarisation historique intitulé L’ABC de la préhistoire. Un héritage patrimonial pour les X, Y, Z, qu’elle dédie à ses trois petites-filles, aujourd’hui étudiantes à l’université.
C’est dans son appartement du septième étage d’une tour de la rue Riverside, à Saint-Lambert, qu’elle nous reçoit. Les photos de famille disposées sur le piano et sa collection de chapeaux témoignent de deux grandes passions qui ont marqué sa vie : ses proches et les voyages. Des États-Unis à l’Europe, en passant par la Chine, les destinations se sont multipliées au fil des années. Un séjour au Japon figurait encore récemment dans ses projets. «Je voyage moins depuis le décès de mon mari», confie toutefois celle qui préfère garder son âge pour elle.
Par les grandes fenêtres du salon, le pilier du pont Samuel-de-Champlain se dessine dans le brouillard matinal. Autour d’elle, livres, encyclopédies et documents de référence rappellent immédiatement son attachement au savoir et à l’histoire.
Combler un vide
L’idée de ce livre est née d’un constat. En consultant les programmes scolaires de ses petites-filles, l’ancienne enseignante d’histoire à l’école Monseigneur-Parent dans l’arr. de Saint-Hubert a été surprise de la place relativement modeste accordée à l’histoire dans leur parcours.
«Elles n’avaient essentiellement que deux cours d’histoire au secondaire : un sur le Moyen Âge et un autre sur une période plus contemporaine. C’était à peu près tout», déplore-t-elle.
Titulaire d’une maîtrise en histoire de l’art obtenue à la retraite, Mme Dufour estime pourtant essentiel de comprendre les périodes qui ont précédé l’histoire écrite. «Reconstituer le mode de vie de nos plus anciens ancêtres nous permet de découvrir les trésors, les savoir-faire et les traditions qu’ils nous ont légués», explique-t-elle.
Un antidote au pessimisme ambiant
Pour l’autrice, l’époque actuelle est marquée par une certaine morosité.
«On dirait qu’il n’y a que de mauvaises nouvelles dans l’actualité. L’essayiste Pascal Bruckner parle de misérabilisme», observe-t-elle.
Sans prétention, elle présente son ouvrage comme une invitation à porter un regard plus positif sur l’aventure humaine.
«Mon livre met en lumière l’ingéniosité et la créativité de nos ancêtres. J’ai voulu faire connaître les aspects les plus inspirants de l’histoire humaine, particulièrement aux générations nées après 1960», explique-t-elle.
Redécouvrir nos origines
Au fil des pages, Gaétane Dufour rappelle que notre compréhension de l’histoire humaine est relativement récente. Ce n’est qu’au XIXe siècle, grâce aux découvertes de fossiles et aux progrès de l’anthropologie, que la croyance voulant que l’humanité n’ait que quelques milliers d’années a commencé à être remise en question.
«Quand j’étais enfant, on nous enseignait que Dieu avait créé Adam et Ève ainsi que le reste du monde en six jours, avant de se reposer le septième. Cette vision est encore aujourd’hui celle de plusieurs traditions religieuses», souligne-t-elle.
Trois ans de recherches
L’écriture de l’ouvrage lui aura demandé de trois à quatre années de travail. Le livre répond à une multitude de questions fascinantes : depuis quand l’être humain maîtrise-t-il le feu ? À quel moment la roue a-t-elle été inventée ? Depuis quand le chien accompagne-t-il l’homme ? Quand avons-nous commencé à produire du vin ou à cuire du pain ?

«Il n’y a que du positif dans ce livre!» lance-t-elle avec enthousiasme.
Elle espère surtout susciter la curiosité de ses lecteurs et les encourager à approfondir leurs connaissances par d’autres lectures.
Garder espoir
Même lorsqu’elle aborde des enjeux contemporains, comme la pollution, les inégalités sociales ou l’exploitation des plus vulnérables, l’autrice refuse de céder au découragement.
Elle préfère mettre en lumière les nombreux organismes et mouvements qui cherchent à bâtir un monde plus équitable. Parmi les figures qui l’inspirent, elle cite notamment la militante écologiste Greta Thunberg.
«Cela nourrit notre espoir. Je crois profondément à la capacité de résilience de l’être humain», affirme-t-elle.
L’ouvrage est abondamment illustré. Plusieurs images sont signées par l’artiste montréalais Sébastien Godette, tandis que d’autres ont été réalisées par l’autrice elle-même, sous le pseudonyme de Gaéla.
Une carrière consacrée à l’histoire et au patrimoine
Gaétane Dufour a fait carrière dans l’enseignement de l’histoire au secondaire durant 35 ans. Elle est titulaire d’une maîtrise en histoire de l’art et a enseigné à l’Université du troisième âge de l’Université de Sherbrooke. Elle a présidé la Société culturelle de Saint-Lambert (1988-1992), a été membre du Comité Avis et prises de position du Conseil des monuments et sites du Québec (2008-2012) et a présidé l’Association des Auteurs de la Montérégie (2012-2014).
Elle a aussi publié de nombreux articles dans Culture Montérégie et Continuité en plus d’avoir rédigé plusieurs ouvrages à caractère historique, dont : La modernité devient patrimoine – L’église Saint-Thomas-d’Aquin de Saint-Lambert et À l’ombre des muriers – Cimetière patrimonial Saint-Lambert, (2011, GID).









