Si l’entrepreneuriat est en recul partout au Canada, le Québec s’en sort un peu mieux que les autres provinces, du moins à court terme, indique un rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
Le Québec a enregistré un gain net de 523 entreprises au deuxième trimestre de 2025, devenant du même coup la seule province avec la Nouvelle-Écosse à afficher une croissance dans cette catégorie. En comparaison, l’Ontario a subi une perte nette de 5153 entreprises. Le Québec avait tout de même enregistré un recul au trimestre précédent.
La FCEI, qui représente les intérêts des PME canadiennes, fait état d’une « pénurie d’entrepreneurs » au pays susceptible de compromettre « l’innovation, la compétitivité et le dynamisme économique du Canada ».
Dans le rapport paru à la mi-avril, on remarque que, depuis le début de 2024, le taux de sortie des entreprises (les fermetures) est systématiquement supérieur au taux d’entrée (les créations), ce qui révèle une contraction nette du nombre d’entreprises depuis six trimestres consécutifs. Le Canada a ainsi subi une perte nette de près de 7000 entreprises au deuxième trimestre de 2025.
Cette diminution n’est pas sectorielle, précise la FCEI, puisqu’elle s’observe dans quasiment tous les secteurs : commerce de détail, transport, construction, finance, assurance et immobilier, agriculture, commerce de gros et exploitation minière, pétrolière et gazière. Seuls les services liés à la santé et à l’éducation connaissent une croissance soutenue depuis 2021.
Ce recul de l’entrepreneuriat, la FCEI l’attribue à une série de facteurs, dont la dégradation de l’environnement d’affaires et une concentration croissante du marché.
Les tensions commerciales avec les États-Unis, la pénurie de main-d’œuvre et la hausse des coûts d’exploitation ont miné la confiance des entrepreneurs, fait valoir la FCEI. Selon un sondage, plus de la moitié des entrepreneurs canadiens (55 %) ne recommanderaient pas de se lancer en affaires dans le contexte actuel.
Le groupe de défense des intérêts des PME pointe également la présence grandissante de gros acteurs dans plusieurs secteurs, ce qui vient nuire à la concurrence des petites entreprises. Déjà présente en alimentation, en télécommunications ou dans le secteur bancaire, cette tendance fait également son chemin en médecine vétérinaire, dans les services funéraires et dans la dentisterie, mentionne la FCEI.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.
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