(photo Alain Bérubé)
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À la fois écrivaine, dramaturge et médiatrice culturelle, Juliana Léveillé-Trudel a fait rayonner ses œuvres au-delà de nos frontières. Mais elle conserve tout de même des racines très fortes dans le Val-Saint-François, dont à Kingsbury, où elle a passé une bonne partie de sa jeunesse.

Cette diplômée du programme d’Animation et recherches culturelles de l’UQAM a mené de front plusieurs projets artistiques et en éducation.

En 2011, Juliana Léveillé-Trudel a instauré un camp de jour pour les enfants de la communauté inuit de Salluit, au Nunavik. Cette expérience unique fut la source d’inspiration de son roman Nirliit, publié il y a dix ans. Un spectacle littéraire portant sur cette œuvre lui a permis de participer à des événements littéraires dans quelques pays.

Onze ans plus tard, son livre On a tout l’automne poursuit dans la même veine, en retrouvant certains enfants de son premier roman, mais quelques années plus tard.

« J’ai fait plusieurs séjours au Nunavik, pour mon travail, durant cinq ans. Pour moi, ce fut une expérience très marquante dans ma vie. Dans mon plus récent livre, j’explore l’adolescence, une période fascinante, peu importe où on est dans le monde. Je voulais parler de mon rapport avec eux. Dans On a tout l’automne, la narratrice – qui est mon alterégo – essaie un peu désespérément de franchir la distance qui s’est installée entre elle et les enfants », relate l’auteure.

Dans une chronique parue dans La Presse il y a trois ans, Dominic Tardif soutient que « Juliana Léveillé-Trudel arrive à nommer les drames qui secouent les communautés du Nord, mais ne succombe pas au piège de cette pornographie de la tragédie sur laquelle débouche trop souvent cette volonté de montrer la dure réalité ».

Un commentaire qui fait bien plaisir à la romancière.

« Je crois qu’on sort des clichés quand on a une expérience de terrain. J’ai côtoyé au Nunavik tout plein de gens de la communauté et j’ai vu la réalité de près », clame-t-elle.

Juliana Léveillé-Trudel brille également en tant qu’auteure jeunesse. Elle a amorcé ce volet en coécrivant l’album Comment attraper un ours qui aime lire, lancé en 2018.

« Je m’inspire alors de mon enfance à Kingsbury. On avait une grande terre et je passais ma vie dans la forêt, à gambader et à chercher des animaux. Dans mon premier livre, on retrouve l’histoire de Julia, une petite fille qui rêve de rencontrer un ours, qui aime d’ailleurs lire. Une trilogie a été complétée et un quatrième livre jeunesse est en cours », dit-elle.

Juliana dirige par ailleurs les Productions de brousse, qui a pour but de créer des pièces de théâtre et des spectacles littéraires démontrant une attention particulière pour la langue.

« Nous sommes là depuis 2018. Le projet principal est Enfabulation, soit un spectacle de « storytelling » qui permet aux gens de raconter une histoire vraie qu’ils ont eux-mêmes vécue, sans costume ni accessoire. Il y a aussi des projets de médiation culturelle, qui permettent de créer des ponts avec le public », confie-t-elle, ajoutant qu’un spectacle sur la mobilité durable est en préparation.

Juliana Léveillé-Trudel aura une année 2026 bien remplie, avec entre autres un nouveau roman en attente de publication.

« C’est un roman qui a comme titre de travail Appalaches, qui fait un retour sur mon histoire en tant que mère et au niveau familial. Ce sera en quelque sorte le lien entre le village d’origine de ma grand-mère, en Gaspésie, et Kingsbury », conclut-elle.

Pour en savoir plus sur les Productions de brousse, on peut consulter la page Facebook de ce projet.

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