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Le Val-Ouest est heureux de vous proposer des nouvelles littéraires composées par des élèves de 4e secondaire de l’Odyssée, à Valcourt. Aujourd’hui, nous publions le texte : La rencontre surprenante.

Chaque texte fictionnel est inspiré du vécu d’un auteur québécois.

Ce projet vise à amener les élèves à explorer différentes voix narratives, à expérimenter divers procédés d’écriture et à réfléchir au lien entre expérience vécue et création littéraire.

Les nouvelles littéraires de l’ensemble des élèves seront éventuellement transformées en balados, afin de leur donner une seconde vie et de rejoindre un public plus large.
Ce texte de Tom est inspiré de l’auteur Roch Carrier.

 

***

Sainte-Justine, un petit village au milieu des Appalaches. Un village où il ne se passait rien, tellement que notre seul touriste, c’était le prêtre de Québec qui venait nous faire un tour deux fois par année. À chaque fois, c’était toujours une grande fête, les deux cents habitants étaient réunis dans le bar de Roger. Le prêtre, un homme barbu avec un air vide, m’avait toujours donné la frousse depuis que j’étais tout jeune.

Ma mère, une veuve qui avait perdu son fils depuis quelques années à la suite de la Deuxième Guerre mondiale, passait ses jours avec un grand cœur à préparer le repas. Moi, je jouais au hockey avec mes amis sur la patinoire.

Ce jour-là, la neige tombait en silence sur la patinoire. Nous jouions, insouciants, quand le grondement du B12 (une auto des neiges) du prêtre coupa l’air glacé. Comme toujours, les habitants se pressèrent au bar de Roger, mais cette fois, il n’était pas seul. À ses côtés, un grand blond au regard inerte. On disait qu’il avait été trouvé sur le bord du rang.
Sans m’en rendre compte, j’avais les jambes qui tremblaient et mon visage devint pâle. Le gaillard de six pieds quatre me regardait avec un visage rempli de souffrance. Je sentis une sorte d’inquiétude.

Plus tard, Guy vint me parler. Étrangement, il avait l’air de savoir ce qui m’intéressait. Après une longue discussion sur ma grande idole, Maurice Richard, l’étrange homme me lança comme idée d’aller traîner dans le village. Je fis les cent pas avant de l’aviser que je ne serais pas présent, puisque je devais aider à la vaisselle. Cette soirée-là, évidemment, je n’étais pas en train de laver la vaisselle, j’avais plutôt envisagé une petite rencontre avec ma douce.

Lorsque nous nous sommes assis dans sa grange, un bruit attira mon attention. Dans le chenil, des pas retentirent, de lourds pas. Juliette paniqua. Pour la rassurer, je m’empressai d’y jeter un coup d’œil.

En montant l’échelle avec les jambes molles de terreur, j’aperçus Guy. Celui-ci en profita pour rigoler. Il devait se demander ce que je faisais ici. Un grand rire retentit, ce n’était pas le mien ni le sien. Un rire qui me plaqua au sol! Si seulement mon grand frère était là pour me rassurer. J’aperçus au milieu des balles de foin un jeune homme avec une jambe de bois. Son regard disait tout, il était là pour ma peau. Je tentai de m’enfuir par l’échelle, mais trop tard, l’homme à la jambe de bois pointa son révolver sur moi.

Tout d’un coup, il se laissa tomber par terre en pleurant. Je reconnus sur son visage un trait de famille. Il me sauta dessus avant de s’empresser de me dire : « Hey, le jeune, tu ne me replaces pas ! » Cela me prit plusieurs secondes nostalgiques avant de me rendre compte qu’il semblait être mon grand frère supposé mort à la guerre.

 

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