Le lac des Journalistes, dans la municipalité de Ferme-Neuve, a récemment été affecté par une fleur d’eau d’algues bleu-vert. Même si la vague de surveillance des années 2000 est derrière nous, ce phénomène demeure un risque à ne pas négliger.
Si les zones du lac où l’eau demeure claire ne présentent généralement pas de risque, les secteurs où des algues verdâtres sont visibles en surface peuvent s’avérer dangereux pour la santé.
«Le problème avec les cyanobactéries (ou algues bleu-vert), c’est qu’elles peuvent produire des toxines», explique Annie Raymond, biologiste, limnologiste et présidente de la firme A.J. Environnement.
Au Québec, on retrouve principalement des dermatotoxines, qui entraînent des irritations et des brûlures sur la peau, ainsi que des hépatotoxines, qui s’attaquent au foie et au système digestif en cas d’ingestion, précise Mme Raymond.
Qu’est-ce que c’est?
L’apparition soudaine de fleurs d’eau d’algues bleu-vert est un phénomène naturel.
«C’est une sorte d’algue microscopique présente un peu partout, explique Mme Raymond. On en a dans tous nos lacs, ça fait partie de la biodiversité.»
Ces bactéries profitent de conditions favorables pour se multiplier, explique Pierre-Étienne Drolet, biologiste du Comité du bassin versant de la rivière du Lièvre.

«De l’eau chaude, un lac stable ou avec peu de vent et un surplus de phosphore, c’est dans ces cas qu’on peut voir apparaître des fleurs d’eau», précise M. Drolet.
Les épisodes d’algues bleu-vert peuvent survenir à différents moments en fonction des vagues de chaleur. Les apparitions de fleurs d’eau sont généralement de quelques heures à quelques jours.
Suivi provincial en recul
Pour Mme Raymond, l’apparition d’une fleur d’eau est généralement un «symptôme que le lac envoie pour dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas au niveau de sa santé».
Pourtant, après un pic de signalements et une surveillance continue du gouvernement à la fin des années 2000 et la première moitié des années 2010, le ministère de l’Environnement a progressivement réduit ses prélèvements.
Depuis 2018, le ministère ne publie plus de bilans annuels.
«La toxicité change énormément et de façon très rapide, indique Mme Raymond. […] Je crois que le gouvernement a jugé qu’il n’était plus pertinent de faire un suivi en continu et d’appliquer la règle de base: dès qu’on voit l’eau colorée ou de l’écume verdâtre, il ne faut pas toucher à l’eau.»
Les bonnes pratiques
Pour cohabiter de façon sécuritaire avec les fleurs d’eau, quelques règles de base sont à respecter.
- Baignade et sports nautiques: Il faut éviter tout contact avec l’eau dans le secteur du lac touché. La baignade et les activités (planche à voile, kayak, planche à pagaie, etc.) ne doivent reprendre que 24 heures après la disparition visuelle complète de la fleur d’eau.
- Prises d’eau résidentielles et puits: Faire bouillir l’eau ne détruit pas les cyanotoxines. Si l’eau est d’une couleur ou odeur inhabituelle, elle ne doit pas être consommée ni servir à la cuisine ou au brossage des dents.
- Pêche: La pêche reste possible dans les zones d’eau claire. La chair du poisson est consommable, mais les parties internes, dont les œufs, ne doivent pas être consommées.
Animaux: Les animaux domestiques sont également à risque. Il faut éviter qu’ils entrent en contact avec les secteurs touchés.
Pour les personnes ayant été en contact, il est recommandé de se rincer à l’eau potable et de prendre une douche le plus vite possible.
En cas d’ingestion, communiquer immédiatement avec le service Info-Santé au 811 ou avec votre médecin si vous ressentez des symptômes ou des malaises dans les 24 à 48 heures suivantes.
Les symptômes comprennent généralement des maux de ventre, la diarrhée, des vomissements, des maux de tête, de la fièvre, l’irritation de la gorge ou de la peau.
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