Le 18 décembre dernier avait lieu la distribution des paniers de Noël pour les gens des municipalités du Canton de Valcourt, Lawrenceville, Maricourt, Racine, Valcourt et Sainte-Anne-de-la-Rochelle. Cette campagne est chapeautée par le Centre d’action bénévole depuis 2021, en collaboration avec les Chevaliers de Colomb. Pour ma part, j’en suis à ma 2e année, à la coordination de celle-ci. Je vous présente le bilan de la campagne pour 2025, et mes réflexions sur le mouvement d’entraide que j’observe.
Commençons avec quelques chiffres afin de présenter à quoi vos dons ont servi :
- 99 paniers ont été remis;
- 190 personnes rejointes;
- 74 enfants et 116 adultes;
- 3 179 kg de denrées non périssables ont été récoltés d’une valeur estimée à 48 638.70$ (selon la formule de Moisson Estrie, 1kg de denrées = 15.30 $);
- 15 420 $ de cartes cadeaux ont été remis pour permettre aux foyers de compléter leurs paniers avec des denrées périssables.
Maintenant, voyons un peu plus les humains derrière les chiffres. Il s’agit de personnes seules à 56%, de ménage composé de deux personnes à 27% et de famille à 16%. Ces gens, ce sont des humains aux parcours variés, allant de la perte d’un emploi récent à la personne ayant un parcours de vie plus complexe, empreint de violence et de marginalisation. Il y a aussi les humains qui ont participé à la réalisation de cette campagne. Des jeunes dans les écoles primaires, des jeunes du secondaire, des adultes de tous les âges lors des guignolées et du tri des denrées. Je veux tous les remercier. Je remercie cet élan d’entraide et de générosité, cet élan qui m’aide à croire à la possibilité d’un monde plus juste. Car, je crois que les gens sont animés d’un besoin de contribuer au bien-être de leur communauté. Et ça, c’est beau! Cette campagne permet ça, de réunir des gens de tous les horizons autour de l’enjeu de la pauvreté. Les Paniers de Noël créent un lieu où tous peuvent coopérer dans une ambiance où le plaisir d’être ensemble et le sens de la solidarité règnent.

Au CABVER, c’est ce que nous mettons de l’avant, tout le monde a une place et peut s’impliquer. De plus en plus, les barrières s’estompent entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent. Cette année, des gens sont venus me rencontrer et m’ont dit : « Christine, l’hiver arrive et j’ai besoin de me trouver une raison de sortir, de voir du monde, sinon je vire en rond chez nous et je deviens fou! » Ces personnes ont pu elles aussi mettre la main à la pâte pour redonner dans leur communauté. Des gens sont aussi venus au CABVER en nous disant, les larmes aux yeux : « Je ne pensais jamais me rendre là… » Ce sont donc ces deux mondes qui sont mis en relation par la campagne des Paniers de Noël.
Et quand je regarde cette solidarité en action, je me dis : hey, si toute cette entraide, cette solidarité allait un peu plus loin, un peu plus à la racine des enjeux que soulagent temporairement les paniers de Noël. Parce que l’existence des Paniers de Noël est liée à l’existence de gens qui peinent à se nourrir… Si nous nous penchions sur les causes de cette pauvreté et sur ce qu’ensemble nous pourrions faire pour transformer un peu la situation. Si nous prenions conscience de l’impact de notre mode de vie sur les autres. Si tous ensemble, nous nous unissions pour revendiquer un partage plus équitable des ressources, un meilleur accès à la santé, à l’éducation… Ne croyez-vous pas que nous l’aurions? Je crois que ce serait magnifique!
Afin d’amorcer une réflexion collective, je partage mes questionnements, mes réflexions. Je crois que, malgré toute notre bonne volonté, nous contribuons à cette situation de pauvreté chaque fois que nous voulons payer le moins d’impôts possible, que nous chialons quand le salaire minimum ou l’aide sociale augmentent « trop », que nous chialons beaucoup et nous nous mobilisons peu. En début d’année, tout le monde se souhaite la santé, l’amour, le bonheur. Tout le monde dit : l’important c’est de passer de beaux et bons moments avec nos proches! Pourtant, à voir notre niveau de consommation à ce moment de l’année, je note des incohérences sur ce que nous priorisons. Des bébelles à profusion pour les enfants, des voyages dans le Sud et profitez des meilleurs prix! Nous nous disons : « je l’ai bien mérité, j’ai travaillé dur toute l’année! Je me gâte, c’est mon tour! »
Alors, en ce début d’année, je nous invite à réfléchir au genre de monde dans lequel nous voudrions vivre et à quelles actions concrètes nous pourrions poser pour l’incarner.
Cette réflexion est, pour moi, importante et complexe. Je ne suis pas meilleure que personne, je gaspille de la nourriture, j’achète des bébelles à mes enfants… Et je cherche, comment je pourrais faire mieux, autrement. J’ai décidé de commencer par ce texte, pour voir si mes pensées résonnent pour d’autres. Et je vous convie à une réflexion commune pour imaginer les petits pas que nous pouvons faire collectivement pour aller plus loin. Nous pouvons nous mobiliser, quelques humains, pour réfléchir, pour mettre en action des idées de changements. Nous mettre ensemble pour nous rendre compte que nous ne sommes pas seuls à souhaiter un autre monde.
J’y crois, l’implication change le monde!
Christine Rodrigue Lecours
Coordonnatrice de l’action bénévole et des communications
Centre d’action bénévole Valcourt et Région










