Le secteur étant en pleine tourmente, les représentants de cinq organisations de l’industrie forestière ont interpellé le gouvernement et les partis politiques, lundi, pour qu’ils s’engagent à faire de la forêt québécoise une « priorité nationale incontournable ».
« Nous exigeons que tous les partis politiques, en vue des prochaines élections, reconnaissent enfin le secteur forestier à sa juste valeur, non plus comme un enjeu régional, mais comme une priorité nationale incontournable », a déclaré Yanick Baillargeon, président de l’Alliance des communautés forestières, lors d’un point de presse tenu à La Baie.
Plusieurs usines de transformation de bois ont fermé leurs portes au Québec dans les derniers mois, fragilisées par l’imposition par les États-Unis de tarifs douaniers de 45 % sur le bois d’œuvre.
En novembre dernier, le premier ministre François Legault avait estimé « possible » que le secteur encaisse 30 000 pertes d’emploi en raison du conflit commercial avec nos voisins du Sud.
« En ce moment, ce sont des pertes de 2000 $ à 4000 $ qui sont encaissées par les entreprises chaque fois qu’un camion sort de l’usine [de transformation]. À court terme, c’est insupportable », a expliqué Michel Vincent, président du Conseil de l’industrie forestière du Québec.
Réforme du régime forestier
Les représentants de l’industrie font de la réforme du régime forestier actuel une priorité.
L’automne dernier, le gouvernement Legault avait jeté aux orties sa dernière tentative de transformation du régime forestier, qui s’était attiré les foudres des Premières Nations, mais aussi d’élus municipaux, d’environnementalistes et de certains acteurs de l’industrie forestière.
« Chaque mois qui passe sans réforme accentue la pression sur les PME et augmente les risques de perte permanente. C’est pourquoi la mise en place d’un nouveau régime forestier plus adapté, prévisible, plus équitable et plus inclusif, n’est pas seulement souhaitable, mais essentielle », a souligné Benoit Lasalle, président de l’Association québécoise des entrepreneurs forestiers (AQEF).
Pour aider les entreprises, l’AQEF propose notamment des allégements financiers, une bonification du crédit et une simplification du processus administratif.
« Le prochain régime forestier devrait amener stabilité et prévisibilité aux entrepreneurs et à l’industrie en décentralisant la gestion de la forêt et en remettant la planification des opérations entre les mains des vrais spécialistes », a ajouté M. Vincent.
Le gouvernement québécois a récemment annoncé l’abolition des redevances payées par les scieries pour l’approvisionnement dans les forêts publiques et la fin du système d’enchères auquel était soumise une partie du bois tiré des forêts d’État.
Une initiative saluée, mais somme toute insuffisante, selon Yanick Baillargeon. « C’est un petit baume, mais ça ne sauvera pas la filière. Il faut régler les problèmes structurels pour s’assurer que tout le monde dans l’industrie aura un avenir dans les prochains mois, mais aussi dans les prochaines années. »
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.
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