Le 25 août dernier, la reine de la country américaine, Dolly Parton est décédée et la première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est le visage de ma mère. Je me suis dit qu’elle devait être aux anges présentement! C’est évident, elle est arrivée 5 jours avant tout le monde et elle s’est monté un petit camp afin de s’assurer d’être aux premières loges pour accueillir son idole au moment où elle ferait son entrée au paradis. Je peux très bien l’imaginer, ne tenant plus en place, toute excitée comme une enfant à la veille de Noël qui n’en peut plus d’attendre l’heure où elle pourra enfin déballer ses cadeaux. Le plus cocasse dans cette histoire, c’est le fait, qu’étrangement, elles se ressemblaient beaucoup! Ma mère devait mesurer pas plus de 5 pieds, très petite taille, talons hauts, cheveux blonds et elle avait, elle aussi, une forte.. bien vous savez une forte.. bref, vous savez!
Cette douce vision de ma mère et de son idole faisant connaissance au paradis m’a fait sourire. Un sourire de courte durée certes mais un sourire quand même.
Semblerait que la mort de Dolly soit venue provoquer une remontée soudaine d’un flot de vieux souvenirs. Le genre de souvenirs que l’on garde, bien volontairement, rangé dans la plus lointaine des pièces de la maison de notre passé. Puis inévitablement, un jour on baisse la garde et on se retrouve au volant de la *DeLorean, forcé d’admettre qu’on s’est encore enfargé dans le fil du temps! Assis dans les craques du vieux plancher de bois du grenier, la tête enfouie dans l’une de ces boîtes de Pandore poussiéreuses et pleines de toiles d’araignées.
Bref, cette journée-là, j’imagine que ça soulevé trop de poussière parce que je me suis mise à avoir la gorge qui pique et les yeux qui coulent.
Elle n’a pas eu une vie facile ma maman et elle est morte bien jeune. À 39 ans, pour être plus exacte. Ça me fait drôle de penser que du haut de mes 43 ans, je suis plus vieille que ma mère n’aura jamais été. Au fond, la vérité c’est que j’ai toujours été plus vieille que ma mère, et ce, même lorsque j’avais 8 ans et qu’elle, en avait 26.
Dans le Petit Prince, il est dit ceci : « Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais peu d’entre elles s’en souviennent. »
Si Antoine de Saint-Exupéry était encore parmi nous, je lui demanderais ce que le Petit Prince pense des grandes personnes qui n’ont jamais pu être des enfants d’abord?
Parce que c’est le cas de ma mère et c’est celui de plusieurs autres. Des personnes de mon entourage et des personnes du vôtre également.
Elle n’a pas eu ce luxe, elle n’a pas eu la chance d’avoir une enfance. Une enfance où elle aurait pu développer une maturité émotionnelle, une sécurité intérieure, une confiance en elle et en la vie. Non! Aucun enfant ne pouvait survivre dans l’univers où elle a été projetée à son arrivée sur terre. Alors quel autre choix lui restait-il que celui d’enfiler un costume d’adulte beaucoup trop grand pour elle, afin de se fondre dans le personnage et se contenter de survivre !? D’ailleurs, elle s’est tellement fondue dans ce personnage, qu’elle en est venue à disparaître complètement, oubliant même le fait, qu’elle n’était qu’une enfant!
Les années ont passé et puis est arrivé le jour où, vue de l’extérieur, son costume d’adulte semblait enfin de la bonne grandeur. Bien sûr, il ne faut jamais se fier aux apparences, puisqu’à l’intérieur, il se cachait une tout autre réalité. À l’intérieur, son costume d’adulte était encore beaucoup trop grand pour elle. Jeune adulte et déjà épuisée, complètement écœurée, dégoûtée de tout ce qui touche, de près ou de loin, à toutes formes de responsabilités! Elle n’avait qu’une chose en tête, vivre dans l’insouciance, lâcher son fou sans penser à demain. En résumé, s’amuser, s’amuser enfin! On lui avait volé une partie de sa vie et maintenant, inconsciemment, elle souhaitait rattraper le temps perdu.
Et qui pouvait la blâmer? En tout cas, pas moi.
Lorsqu’on prend le temps d’essayer de comprendre d’où sont parties certaines personnes, le chemin qu’elles ont dû parcourir et le courage et la force dont elles ont fait preuve afin de rester en vie, on ne peut qu’avoir de la compassion pour eux!
Au final, ma mère a fait comme nous tous, elle a fait du mieux qu’elle a pu avec ce qu’elle avait et laissez-moi vous dire, qu’avec le peu qu’elle avait, elle a fait beaucoup!
Je t’aime mom, tu me manques. Embrasse Dolly pour moi! xx
* Référence : Zemeckis, R. (Réalisateur). (1985). Retour vers le futur [Film]. Universal Pictures
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