.
{acf_vo_headline}

Une demande d’action collective déposée en décembre accuse un « cartel d’hôtels » d’avoir artificiellement gonflé les prix de milliers de chambres au Québec à l’aide d’un algorithme de tarification commun.

Sept groupes hôteliers — dont Hilton, Hyatt, Wyndham (Travelodge, Super 8, etc.), Accor (les hôtels Fairmont, comme celui du Château Frontenac, etc.), Choice Hotels (Radisson, Quality Inn, etc.), Omni Hotels et Four Seasons — utiliseraient depuis plusieurs années le même algorithme pour déterminer les prix de leurs chambres. Au total, ce sont les chambres de plus de 110 hôtels, au Québec seulement, qui seraient touchées par les allégations formulées dans la demande d’autorisation. Il s’agirait de « plus de 50 % du marché hôtelier québécois », selon le document déposé.

La demande soutient que les groupes hôteliers se seraient entendus pour partager avec la société qui a développé l’algorithme de tarification, IDeaS, des données confidentielles afin de maximiser leurs revenus.

Le fonctionnement du système

Les hôtels, en particulier les grandes chaînes, utilisent généralement un système de tarification dynamique. Ainsi, le prix d’une même chambre d’hôtel peut varier pour un même client au fil d’une seule journée. Cette pratique en soi n’est pas nécessairement problématique. C’est plutôt la manière dont ces prix sont établis qui est visée par la demande.

Grâce à une vaste gamme de données confidentielles que les hôteliers auraient accepté de partager avec leurs concurrents, notamment les taux d’occupation actuels et prochains, les réservations selon le type de clientèle ou encore les dates d’événements spéciaux, l’algorithme aurait disposé d’une vision globale du marché. Cette vue d’ensemble permettrait de maximiser le revenu par chambre disponible et d’améliorer la rentabilité de l’ensemble des établissements utilisant le même outil.

 

« L’algorithme apprend en permanence grâce aux données fournies par les utilisateurs [les groupes hôteliers] », est-il indiqué dans la demande d’autorisation d’action collective.

Selon le document, les complexes hôteliers, qui recourent à cet algorithme, auraient non seulement accepté de partager leurs données confidentielles avec leurs concurrents, mais aussi, convenus de suivre presque systématiquement les recommandations de tarification et d’occupation générées par le système. Ils auraient également instauré des prix planchers, empêchant toute concurrence en deçà d’un certain seuil, « sachant que leurs concurrents feraient de même et qu’ils ne perdraient donc aucune part de marché », soutient la demande.

Une augmentation artificielle

Si tout ceci se fait en ligne grâce à un algorithme automatique, la demande d’action collective stipule que le résultat est le même que si les hôteliers « se rencontraient secrètement, échangeaient leurs informations et se mettaient d’accord pour fixer les prix », une pratique illégale.

Résultat ? « Entre 2015 et 2024, d’après des données accessibles au public, le tarif journalier moyen d’une chambre d’hôtel au Canada a augmenté de plus de 45 %, soit près du double du taux d’inflation au cours de cette période », selon la demande d’action collective. Le document affirme que cette augmentation est due « au moins en partie », à « un accord visant à fixer, maintenir, contrôler ou augmenter le prix des chambres d’hôtel ».

La procédure est encore dans ses phases préliminaires. La demande d’autorisation a été déposée au début du mois de décembre, mais il faudra encore plusieurs mois avant que celle-ci ne passe à la prochaine étape.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

 

Oui SVP, inscrivez-moi à l'infolettre du Val-Ouest pour recevoir un lien vers les nouveaux articles chaque semaine!

À lire aussi