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J’aime le Bas-d-Fleuve! C’est mon pays d’origine. Les terres sont toutes divisées à la française, le fleuve est omniprésent. On l’appelle même : LA MER. Parfois, par vent du « nordais », mon père me faisait une constatation avec laquelle nous étions tous d’accord : ça sent la grève! Au début d’octobre, le me suis retrouvé avec des amis dans une petite auberge à L’Islet, juste au bord du fleuve. Les pieds de notre gite baignaient presque dans l’eau. Au coucher du soleil, par vent à bousculer les roches, nous regardions tous à la grande fenêtre pour voir amerrir un voilier d’oies blanches. À LA BRUNANTE, nous pouvions bien en compter au-delà de 2000, répandues sans organisation précise, à gauche et à droite de notre observatoire. On aurait dit qu’elles avaient choisi cet endroit parce que nous étions là.

Le lendemain matin, les yeux encore bouffis de sommeil, pendant que le café ronronnait, nous nous sommes tous retrouvé le nez collé sur la vitre. Les oies, au gré des vagues qui ondulaient, pointaient encore leur bec dans le vent. Vers les huit heures, à un moment parmi d’autres, trois ou quatre oies se sont levées et, pendant quelques instants, ont fait du vol sur place. Puis, d’un peu partout dans la masse des oies, d’autres individus dans la masse des oies, d’autres individus sont sortis de l’eau avec le même manège de vol sur place. Ensuite, sans signal apparent, elles ont pris ensemble leur envol. Quelques moments plus tard, elles formaient un beau V caractéristique en direction du sud-ouest.

Dans l’heure qui a suivi, suivant le même processus, les oies sont parties, laissant la marée descendante découvrir les rochers. Restaient une cinquantaine d’oies, comme par hasard, toutes regroupées autour d’une même roche, juste un peu à droite, en face de nous. Plusieurs minutes après, un autre voilier s’organise et s’envole. Bien regroupées autour de la roche, une dizaine d’oies s’éternisent sans raison apparente, puis soudain, elles décollent aussi et forment rapidement un petit V.

Une oie blanche reste seule debout sur le point le plus élevé de la roche, le bec bien pointé vers le sud-ouest. À côté d’elle, reconnaissable à son plumage brun pâle irrégulier, un jeune de l’année couché sur le côté, avec une aile brisée. Dans un environnement grandiose, avec des gens que nous aimions beaucoup, sans paroles, sans morale, les oies nous avaient appris LA SOLIDARITÉ.

Gaston Michaud

Mon étincelle : « L’individualisme, c’est l’arme de destruction massive que les puissances marchandes ont pointée contre toutes les formes de solidarité. » Cimon.

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