Pendant que certains dorment sous un toit, d’autres luttent pour survivre dans les rues. C’est dans ce contexte que s’est déroulée La Nuit des sans-abri dans la ville de Sherbrooke, avec de la nourriture gratuite, des artistes, des conférences et une marche.
Le vendredi 16 octobre, Sherbrooke a souligné la 25e édition de cet événement, qui en était à sa 37e édition à l’échelle provinciale au Québec, une nuit pour redonner de la dignité aux personnes en situation d’itinérance et sensibiliser la population à leur réalité.

Stéphanie Roy est intervenante au projet Itinéraire d’IRIS Estrie et l’une des organisatrices de La Nuit des sans-abri dans la ville de Sherbrooke. « Aujourd’hui, c’est une journée que nous soulignons partout au Québec, dans 80 villes. C’est une journée pour sensibiliser la population à la réalité des personnes sans-abri et pour briser les barrières. Nous comptons sur les organismes membres de la Table itinérance de Sherbrooke, ainsi que sur les bénévoles et les travailleurs de ces organismes, dont la majorité sont des organismes communautaires et à vocation sociale », a souligné l’organisatrice.
Selon le dénombrement réalisé en avril 2025 et rendu public en 2026, un total de 12 077 personnes se trouvaient en situation d’itinérance visible dans la province, soit une augmentation de près de 20 % par rapport à 2022.
En Estrie, où se trouve la ville de Sherbrooke, environ 718 personnes ont été dénombrées.
Malgré cette situation difficile, dans la plupart des cas, la population ne voit qu’une personne qui vit dans la rue ou qui erre d’un endroit à l’autre, parfois avec une apparence négligée ou des vêtements en mauvais état. Pourtant, derrière ces personnes, se cachent des situations personnelles très difficiles. « Je crois que ce qui nuit le plus, c’est le manque d’éducation sur cette réalité. Les gens qui ne connaissent pas les situations vécues par ces personnes ont davantage de préjugés. L’objectif de cet événement est de rapprocher les deux populations afin de favoriser une plus grande prise de conscience et davantage de solidarité », a déclaré Stéphanie Roy.
Certaines personnes portent des jugements et associent les personnes qui vivent dans la rue à la consommation de drogues, pourtant, celle-ci ne représente qu’une partie des nombreux facteurs qui peuvent amener une personne à se retrouver sans domicile.

« L’itinérance est très complexe. Plusieurs situations peuvent amener ces personnes à se retrouver dans la rue : des problèmes intergénérationnels, des difficultés sentimentales, la consommation de substances, des problèmes de santé mentale. Il y a de nombreux facteurs, et ce n’est pas nécessairement lié à la consommation de drogues », a souligné l’intervenante.
L’événement dans la ville de Sherbrooke a été marqué par la solidarité. Différents organismes se sont mobilisés en offrant des dons, de la nourriture et des vêtements, afin d’aider les personnes sans-abri à ressentir la chaleur humaine et l’accueil de la population.
Stivell, d’UniSherbrooke, s’est joint à l’événement en faisant des dons de nourriture et en transmettant un message de solidarité. « Nous avons tous besoin de manger, peu importe ce que les gens vivent. Si des personnes de notre communauté ont besoin d’aide, il faut les aider, contribuer et leur tendre la main pour qu’elles puissent sortir de cette situation. Il faut agir ensemble, en communauté. »
Karine Laurence a participé activement à la marche, en portant un message de solidarité inscrit sur une pancarte tout au long du parcours. « Je suis étudiante à l’université. Nous faisons des recherches sur l’itinérance, je crois que nous devons soutenir les gens et ne pas les juger. Nous avons besoin de plus de dignité et d’humanité. C’est ce que nous devons rechercher. »

Chaque année, le nombre de personnes qui ont besoin de l’intervention des différents organismes communautaires et sans but lucratif augmente. Cependant, les ressources financières destinées à soutenir ces services ne progressent pas au même rythme, notamment dans le cas des services offerts aux personnes sans-abri.
« Le financement n’est pas suffisant pour répondre à tous les besoins des personnes en situation d’itinérance. Tous les organismes manquent d’intervenants et de travailleurs sociaux pour répondre aux besoins de ces personnes et pouvoir les aider, Il faudrait davantage de ressources, mais nous faisons ce qui est à notre portée », a affirmé Stéphanie Roy.
Cette célébration a permis de réaffirmer l’importance des droits de la personne, de la solidarité et de l’amour au sein de la communauté.















