Le gymnase est plein à craquer. Le rythme des joueuses et des joueurs est frénétique. Le ballon de basket sautille rapidement. À chaque panier réussi, la foule acclame. Sommes-nous à un match professionnel? Non. Plutôt à un affrontement amical entre des profs et leurs élèves. À l’école secondaire du Tournesol, à Windsor, en Estrie.
Le temps d’un match de basket, une dizaine d’adultes ont ainsi mis de côté leurs rôles de profs de maths, d’univers social, d’anglais ou d’éducation physique. Pour le plaisir de croiser le fer avec leurs élèves.
Ces joutes sportives sont une idée de Vincent Clément Larente, technicien en loisirs de l’école.
«Nous voulons montrer aux élèves que nous ne sommes pas juste là pour faire de la discipline. C’est une activité ludique, où tout le monde a du plaisir. On le fait pour développer le sentiment d’appartenance à l’école ainsi que pour développer une connexion avec les jeunes», explique-t-il.

«Avoir davantage le goût de venir à l’école»
Une initiative qu’apprécie la directrice, Marianne Couture. «Vincent est une personne vraiment impliquée. Qui a à cœur le Tournesol et qui a de bonnes idées créatives. Il est toujours en mode solution.»
Marianne Couture explique que ces activités sportives s’inscrivent dans un plan beaucoup plus vaste qui vise, entre autres, à motiver les élèves et à réduire le taux d’absentéisme.
«Nous faisons le pari qu’en travaillant sur le sentiment d’appartenance et la motivation de nos élèves, ils vont avoir davantage le goût de venir à l’école.»
Plus de 160 élèves assistent au match
Dans la semaine qui précède les matchs, profs et élèves en profitent pour se taquiner dans les corridors, confie Vincent Clément Larente. «On voit que les jeunes aiment ça et qu’ils ont hâte à la partie. Ça met de la vie dans l’école.»
Bien qu’ils aient été récemment mis sur pied, ces duels suscitent un important engouement de la part des élèves et des profs. Lors de la présence du Val-Ouest, entre 160 et 180 jeunes s’étaient entassés dans le gymnase pour assister à la partie. Ce qui correspond à environ le quart des élèves de l’établissement.
«On voit déjà que c’est une réussite et que ça motive les élèves. Le personnel est content d’y participer et il y a une saine compétition qui s’installe. Ça permet de s’amuser, tout en consolidant les liens», souligne la directrice.
Marianne Couture indique qu’on varie d’une fois à l’autre le type de sports proposés. Pour permettre à différents élèves et enseignants de participer, selon leurs intérêts et compétences.

Les élèves de cinquième secondaire sont principalement ceux et celles qui affrontent les profs.
«Ces élèves vont quitter à la fin de l’année. C’est une façon de leur dire au revoir, tout en ayant du plaisir lors des affrontements. Ce que j’entends des élèves de secondaire 1, 2, 3 et 4, c’est qu’ils ont hâte que ce soit leur tour», rapporte Vincent Clément Larente.
«J’ai un sentiment d’appartenance pur pour le Tournesol»
Bien que ce projet soit récent, il n’est pas nécessairement nouveau dans l’historique de l’école. Vincent Clément Larente est un ancien élève du Tournesol. Il se rappelle qu’à l’époque, les profs avaient organisés de tels matchs.
Lors de ses cinq années comme élève, il dit avoir développé un fort attachement pour le Tournesol. Au point de vouloir revenir y travailler. Après avoir été professeur d’éducation physique à Racine et à Sainte-Anne-de-la-Rochelle, Vincent Clément Larente a ainsi choisi de réorienter sa carrière. «Ce qui m’anime vraiment, c’est d’occuper depuis trois ans cet emploi. Je ne le ferais pas ailleurs. Parce que je veux aider l’école à évoluer et la faire grandir.»
Il ajoute :
«J’ai un sentiment d’appartenance pur pour le Tournesol. Je me vois dans les jeunes qui sont ici. J’ai le goût de leur permettre de vivre quelque chose d’encore mieux que ce que j’ai vécu. Et je veux contribuer à ce qu’ils soient fiers de l’école. C’est vrai que nous sommes une petite école, mais ça ne nous empêche pas de briller et de faire de belles choses. Je souhaite que les élèves apprécient des événements comme celui-ci et qu’ils raccrochent à l’école. C’est minime, mais c’est un petit pas qui fait son chemin.»

Du hockey deux fois par semaine
Une autre de ses actions est d’avoir donné accès à l’aréna municipal aux élèves pour y jouer au hockey, avant le début des classes. Grâce à un partenariat avec la Ville de Windsor et au soutien d’un autre prof, une trentaine d’élèves peuvent ainsi pratiquer leur sport deux matins par semaine.
D’autres matchs à venir
Marianne Couture n’a pu participer à la joute de basket, mais elle se promet de s’impliquer dans l’une ou l’autre des futures compétions.
Vincent Clément Larente a quant à lui déjà hâte au retour du beau temps, pour disputer des matchs à l’extérieur, comme le soccer ou le baseball.
«Avec toutes les possibilités de sports qu’on peut pratiquer autour, nous avons, à mon avis, l’une des plus belles écoles . Nous sommes vraiment bien situés.»
Le résultat du match de basket? 27-24 en faveur des enseignants.
Les élèves tenteront certainement de prendre leur revanche dans deux semaines. Cette fois lors d’une partie de dek hockey.
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