photo : Sébastien Michon - Le Val-Ouest
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Le développement domiciliaire L’Orée du Parc suscite de nombreux questionnements et inquiétudes de la part des Racinoises et Racinois. Ces derniers étaient environ une centaine à se présenter à la consultation publique organisée par la municipalité le jeudi 9 octobre dernier. L’activité a provoqué tellement de réactions que l’événement a duré près de trois heures.

Ce projet, dont la planification a débuté en 2023, vise à structurer le développement d’un nouveau quartier résidentiel sur une superficie d’environ 25 hectares à l’entrée de la municipalité. Il est délimité au nord par le chemin du Grand-Brompton (route 222), à l’est par le chemin de la Grande-Ligne, au sud par une zone agricole et à l’ouest par le quartier résidentiel du Haut-Bois. Il s’agit d’un des derniers grands terrains non développé situé à l’intérieur du périmètre d’urbanisation du village.

Le projet fait partie d’un plan particulier d’urbanisme (PPU) qui touche neuf lots, dont un a été récemment acquis par la municipalité (60 180 mètres carrés). La planification a été réalisée par la firme d’urbanisme Atelier urbain, de Montréal.

Plan de développement de l’Orée du Parc, tel que présenté aux citoyennes et citoyens.  (image : Municipalité de Racine)

«Nous sommes ici pour vous entendre»

Dès le début de la rencontre, le maire sortant, Mario Côté, a tenu à faire savoir à la salle, pleine à craquer, que la municipalité avait organisé l’événement pour recueillir les commentaires et entendre le point de vue de la communauté.

«C’est un projet qu’on soumet à la discussion. Nous sommes ici pour vous entendre et changer les choses, au besoin. Pour que ça corresponde vraiment à ce que la population souhaite avoir.»

En ouverture de l’événement, le maire sortant, Mario Côté, a tenu à indiquer que la municipalité souhaitait entendre le point de vue de la communauté.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Pourquoi ce projet?

La municipalité de Racine constate une rareté de logements pour les jeunes familles et les ainés. De même, le conseil municipal croit que l’agrandissement du parc du Mont-Orford, sur le territoire de Racine, pourrait avoir un impact sur son économie. Alors que le village connaît un foisonnement de son activité commerciale en lien avec l’agroalimentaire.

De fait, depuis 20 ans, Racine a vu son nombre d’habitants légèrement augmenter entre le recensement de 2001 (1153 habitants) et celui de 2021 (1340 habitants). Une augmentation qui devrait se poursuivre, sans être très prononcée, d’ici 2041. Compte tenu du vieillissement de la population et du faible renouvellement démographique.

Évolution de la population de Racine au cours des 20 dernières années. En fonction des données recueillies lors des recensements canadiens.  (image : Municipalité de Racine)

«Nous aurons besoin, pour la vitalité du village, de stimuler l’arrivée de jeunes familles de l’extérieur. Et d’offrir aussi un accès à des logements abordables à vos propres enfants et petits-enfants. Qui pourraient désirer s’installer dans le village. Actuellement, cette disponibilité n’est pas là. C’est pourquoi le conseil municipal a choisi de travailler en amont et d’anticiper les besoins», a expliqué le conseiller municipal Michel Bergeron, l’un des responsables du dossier.

«Pas de bulldozers demain matin»

Michel Bergeron a précisé qu’il s’agissait d’un projet et non pas d’un plan finalisé. «Il n’est pas question que, demain matin, des bulldozers arrivent et interviennent sur ces terrains-là.»

Cette planification vise à baliser la façon dont sera développé cet espace pour les décennies à venir.

«On souhaite que ce nouveau quartier s’intègre harmonieusement dans le tissu social qu’on a déjà. Plutôt que de laisser un promoteur profiter du terrain et de faire d’importe quoi qui ne correspondrait pas aux intérêts de la communauté. C’est pour ça qu’on y a mis de l’intelligence collective et du temps. Et c’est aussi pour ça que nous voulons vous écouter», a partagé Michel Bergeron.

Le conseiller municipal Michel Bergeron a précisé qu’il s’agissait d’un projet et non pas d’un plan finalisé.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Viser l’abordabilité

Dans sa mouture actuelle, le plan prévoit l’installation de résidences unifamiliales jumelées à deux étages, des maisons de ville en rangée et des bâtiments multilogements. Auxquels s’ajoutent des commerces et possiblement de l’hébergement. Le tout développé en trois phases étalées sur plusieurs années.

Différentes affectations ont été définies pour le développement de l’Orée du Parc.  (image : Municipalité de Racine)

Le conseil municipal dit avoir à cœur l’accès au logement abordable, dans un contexte où les prix ont explosé depuis la pandémie.

«Nous avons demandé à la firme de porter une attention particulière à l’accessibilité à la propriété. Le constat, c’est qu’on ne peut plus, aujourd’hui, construire une maison tous les 300 pieds et la relier aux infrastructures d’égout et d’eau. Ça coûte une fortune et ce n’est pas rentable. L’abordabilité vient, selon les urbanistes, avec une densification du territoire. C’est-à-dire d’avoir davantage de maisons dans le même espace», a exposé le conseiller municipal Nicolas Turcotte.

«Combien ça va coûter?»

Les coûts du projet font partie des préoccupations de plusieurs. «Combien ça va coûter, tout ça? Parce que, forcément, ça va retomber sur nos taxes. Quels seront les bénéfices?», a questionné un citoyen.

«C’est un projet ambitieux. Nous ne sommes pas tous des gens nantis, à Racine. Et tout le monde va devoir absorber ça. Ça ne veut pas dire que ce n’est pas un bon projet, mais il faut le regarder froidement», ajouté pour sa part une citoyenne.

Le conseiller Nicolas Turcotte a tenté de rassurer la population.

«Nous avons les mêmes soucis que vous. Nous payons tous des taxes à Racine. Tous les conseils municipaux peuvent avoir des visions différentes. On verra avec le nouveau conseil. Mais la ligne de pensée a toujours été que ce soit l’utilisateur payeur. S’il y a une rue ou un égout, c’est incorporé dans le prix du terrain. Et cet investissement [achat d’un terrain par la municipalité], ce n’est pas une dépense, c’est un actif de la municipalité.»

Le conseiller Nicolas Turcotte a tenu à rassurer la population que le conseil municipal se soucie lui aussi des impacts financiers du projet.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

«Nous sommes un village, pas une ville»

Lors de la période consacrée aux commentaires, celui qui est revenu le plus fréquemment concernait le fait que le projet était trop «ambitieux» et qu’il serait «mal adapté» à la réalité d’un village de campagne. Les citoyens ne remettant pas tant en question l’idée de développer leur municipalité que la façon de le faire.

«Ce qui nous est présenté est un projet de ville. Par exemple de la densification urbaine avec des blocs. Ce n’est pas adapté à Racine. Nous sommes un village, pas une ville. Ça me préoccupe parce qu’on va perdre toute l’âme du village», a partagé un citoyen.

«Ce qui me dérange, c’est le type de maisons que vous proposez. C’est de la banlieue montréalaise. Ça ne correspond pas du tout à Racine. Vous construisez un autre village dans le village», a ajouté un autre.

Ce à quoi un citoyen a renchéri avec verve :

«Les gens qui viennent s’installer hors de grandes villes comme Montréal souhaitent trouver de petites municipalités avec une vie agréable. Nous avons un beau village, avec une boucherie, une charcuterie, une fromagerie, un petit marché, etc. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas agrandir. Mais on ne veut pas avoir un «Luna parc» comme projet. On peut garder notre identité, tout en permettant au village de grossir.»

Fierté de vivre à Racine

De très nombreuses interventions mentionnaient aussi la fierté des citoyennes et citoyens de vivre à Racine. C’est le cas d’un résident qui est venu s’y établir il y a quatre ans.

«J’ai toujours voulu vivre dans un village. Un village, c’est une famille. Je n’ai jamais connu autant de gens autour de moi que depuis que j’habite à Racine. On ne peut donc pas gérer ça comme une ville. Votre intention est bonne. Mais ce que j’entends ici, c’est que les gens sont un peu frustrés de s’apercevoir que de l’argent ait été investi dans des études, avant même que la population du village soit consultée.»

Les responsables du projet se sont défendus d’avoir préparé le tout en catimini. «Je comprends que tout le monde peut être surpris. Mais en fait, ce n’est pas la première fois qu’on parle de ce dossier-là. Ça a été présenté deux fois. Mais c’est effectivement la première fois qu’on a un tel l’auditoire devant lequel en parler», a tenu à préciser Andréanne Leduc, inspectrice en bâtiment et en environnement pour la municipalité.

Parc du Mont-Orford, un impact sur le logement?

Certains citoyens ont aussi remis en question la prémisse que l’agrandissement du parc du Mont-Orford ait un réel impact sur les futurs besoins de logements à Racine. «Les utilisateurs du parc du Mont-Orford, ce seront des individus de passage. Pas des personnes qui voudront s’établir ici. Comme c’est le cas avec BRP [multinationale située à Valcourt]. On voit tous les jours passer des milliers d’autos dans le village. Et ce ne sont pas nécessairement des gens qui s’installent à Racine.»

«Nos rêves sont démolis»

Parmi celles et ceux qui ont pris la parole, on a pu entendre certains propriétaires des lots visés par le projet. Ceux-ci disent sentir déjà des impacts importants.

«Il y a 30 ans, nous avons acheté un terrain à cet endroit. C’était pour nos rêves. Maintenant nos rêves sont démolis. Nos enfants ne pourront jamais bâtir à Racine autre chose que des jumelés. Et en plus, seulement dans la phase 4, qui verra le jour dans des décennies. Alors que nos enfants seront ailleurs dans leur vie.»

Même son de cloche de la part d’un Racinois qui exploite actuellement un lieu d’entreposage sur le site visé. Il craint pour l’avenir de son entreprise. «Mon usage commercial, c’est de l’entreposage. Avec la nouvelle règlementation, je ne serais plus en zone commerciale. Ça ne fait pas de sens.»

Ce à quoi Mario Côté a répondu au citoyen qu’il ne perdrait pas son droit acquis. Une réponse qui n’a pas rassuré l’entrepreneur. « J’ai 32 ans et je ne pourrai plus agrandir et développer. Ce n’est pas correct.»

Des expropriations possibles

L’une des craintes soulevées concerne la possibilité que des propriétaires de la zone subissent une expropriation. De fait, ce projet particulier d’urbanisme établit un programme d’acquisition d’immeubles pour le secteur désigné. Ce qui fait en sorte, selon le document présenté, que la Municipalité «peut acquérir tout immeuble situé dans ce secteur pour l’aliéner ou le louer (…). Elle peut aussi détenir et administrer ces immeubles, et exécuter tous les travaux d’aménagement, de restauration, de démolition ou de déblaiement requis sur ceux-ci.»

De même, le document mentionne que la municipalité de Racine peut acquérir des immeubles dans le secteur visé, en priorité sur tout autre acheteur (droit de préemption).

Mario Côté s’est fait clair à ce propos :

«L’expropriation n’est pas notre objectif. Ce que nous voulons, c’est qu’un promoteur s’entende avec les propriétaires et achète les terrains.»

Le candidat à la mairie Francis Pomerleau a lui aussi fait connaître ses préoccupations, au même titre que plusieurs autres citoyennes et citoyens. Craignant, entre autres, de possibles expropriations si ce projet voyait le jour.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Impacts sur les résidences en place

Des propriétaires de quartiers attenants au futur projet se sont questionnés vis-à-vis des impacts sur leur résidence. Par exemple le fait d’installer des multilogements près d’un quartier existant, composé d’unifamiliales. Ceux-ci ont dit souhaiter que la municipalité prévoie des zones tampons ainsi qu’une limite sur la hauteur des immeubles.

De même, certains se sont dits étonnés que le projet présenté ne prévoie pas l’implantation de résidences unifamiliales.

On a aussi mentionné de possibles impacts sur la circulation automobile qui pourrait augmenter dans ce secteur.

Peu d’appuis au projet

Parmi tous les intervenants qui ont pris la parole, très peu ont donné publiquement leur appui au projet dans la mouture présentée. Une citoyenne a toutefois tenu à féliciter les membres du conseil. «Vous vous faites juger et lancer des tomates. Mais ce serait bon de remercier les élus. Qui, oui, prennent parfois de mauvaises décisions. Mais levez la main ceux qui n’ont jamais pris de mauvaises décisions dans leur vie.»

Une citoyenne, qui siège sur le comité consultatif en urbanisme, s’est réjouie de la proactivité de la municipalité.

«Je suis impliquée dans le conseil d’établissement de l’école primaire à Racine et de l’école secondaire à Valcourt. Nous avons vraiment ce besoin-là. On pourrait accueillir plus d’élèves. De même, une de nos préoccupations, c’est de voir l’expansion incontrôlée qui se fait dans d’autres municipalités. Ce projet est une bouffée d’air frais. Le plan d’urbanisme date d’il y a 20 ans et il faut l’adapter aux besoins de la société d’aujourd’hui. Tout en ne mettant pas notre évolution aux mains des promoteurs.»

Ce à quoi une autre citoyenne a répondu : «Je veux bien remplir l’école, mais je ne suis pas sûre que ce sont des familles avec des enfants qui vont aller s’installer dans ces habitations. On peut bien prétendre toutes sortes d’affaires, mais on n’a pas de garantie.»

Une jeune femme a aussi tenu à apporter son point de vue.

«Beaucoup de gens qui ont parlé ce soir sont propriétaires. Vous avez vos maisons. J’aimerais ça aussi, mais je ne peux pas me le permettre. Ce projet, c’est une opportunité pour moi de pouvoir peut-être m’acheter un terrain à Racine et me construire.»

Environ une centaine de citoyennes et citoyens s’étaient déplacés pour faire connaître leur point de vue à la municipalité.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Choix de la firme d’urbanisme la plus chère

Quelques citoyens ont aussi questionné la municipalité sur le choix de la firme d’urbanisme. Qui n’était pas le fournisseur le moins cher. Ce que confirme Mario Côté. «Cette firme était effectivement plus chère que l’autre. Mais la qualité des rapports de l’une et de l’autre ne se comparait pas. Oui, on prend habituellement le moins cher. Mais, dans ce cas-ci, à qualité égale, ce n’était pas le cas.»

Référendum possible?

Vers la fin de la rencontre, des citoyens ont émis l’idée de possiblement demander un référendum. Andréanne Leduc leur a fait savoir que ce n’était pas possible. «Le plan particulier d’urbanisme (PPU) est adopté par règlement. Il va venir s’intégrer au plan d’urbanisme. Et ensuite, il y aura une modification des règlements de zonage pour qu’il y ait concordance avec le plan d’urbanisme. Alors, non, il n’y aura pas d’appel au référendum dans ce processus-là.»

«Est-ce qu’on est en train de nous dire que peu importe l’issue de la consultation de ce soir, le PPU va être adopté et le projet va avoir lieu?», a alors questionné un citoyen.

La responsable de l’urbanisme a répondu : «Non. On a un projet de PPU qui a été adopté. Il y a maintenant une consultation publique. Et ensuite, il y aura une adoption de règlement. Avec ou sans modification. Suivra le règlement de zonage, en tenant compte des commentaires de ce soir. Je ne peux pas parler au nom du conseil, mais il devrait prendre le temps de regarder tout ça avant d’aller à l’étape suivante.»

Andréanne Leduc, inspectrice en bâtiment et en environnement pour la municipalité, a expliqué que le processus en cours ne permettait pas la tenue d’un référendum.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Demande pour une autre séance d’information

En regard de ces informations, un citoyen a demandé si le nouveau conseil municipal pourrait considérer la possibilité de tenir plus tard une autre séance d’information. Et ce, pour «agir en transparence dans ce dossier et s’assurer qu’il n’y ait pas d’adoption, si une majorité de la population n’en veut pas.» En ajoutant : «cela pourrait-il être fait dans le cadre d’une séance extraordinaire, hors de la séance régulière du conseil, pour s’assurer d’avoir davantage de participation de la population?»

« Veut-on vivre dans le village des années 1980? »

Un brin philosophe, l’un des doyens de Racine, Gaston Michaud, 90 ans, a voulu faire réfléchir ses concitoyens en lançant à la salle :

«Est-ce que ce serait mieux de vivre dans le village tel qu’il était en 1980? Ou de vivre aujourd’hui avec le développement et la nouveauté qui se sont créés dans le village?»

Le Racinois Gaston Michaud, 90 ans, a interpellé ses concitoyens et concitoyennes avec une question un brin philosophique.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Ce à quoi a répondu un citoyen :

«Je pense que tout le monde veut qu’on se développe. Mais qu’on se développe à grandeur humaine. Tout doucement. Pas par un projet monumental dans lequel on va dépenser pour des infrastructures et qui ne va pas améliorer notre situation.»

«C’est sûr qu’il va y avoir des modifications»

Mario Côté a souligné, lors de la conclusion de l’événement, l’importance accordée par la municipalité aux nombreux commentaires partagés par les citoyennes et citoyens.

«C’est sûr qu’il va y avoir des modifications et que ça vous sera présenté à nouveau. Sous quelle forme et à quel moment, nous ne sommes pas encore là. C’est une phase qui correspond au début du projet. On va tout faire, et peut-être même plus, que ce que vous nous avez demandé. Je suis persuadé que le nouveau conseil va en prendre acte.»

Autant Nicolas Turcotte que Mario Côté ont remercié la population d’avoir partagé leurs opinions dans le respect et la civilité, malgré les différences d’opinions. «Je l’apprécie beaucoup et ça me donne le goût de continuer», a confié Mario Côté, visiblement épuisé et ému, à la fin de cette longue rencontre.

 

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