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Région de Valcourt

L’eau d’érable et les clients affluent à l’érablière Au Bec sucré

L’arrivée officielle du printemps cette semaine marque la mi-saison des cabanes à sucre. Après deux années de pandémie, l’érablière Au Bec sucré, à Valcourt, s’attend à rouler à plein régime jusqu’à Pâques.

Depuis le 12 mars dernier, les établissements de restauration peuvent de nouveau accueillir les clients sans limite de capacité. Au Bec sucré, cela peut représenter jusqu’à 130 personnes simultanément.

La situation détone avec celle vécue en 2021 où l’érablière valcourtoise fonctionnait à 60 % de sa capacité et avait opté pour des boites-repas à emporter. Le volume de clients permet de compenser la hausse du coût des aliments, qui fait fondre les marges de profits.

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« Le gallon d’huile pour faire cuire les patates, l’année passée, coutait 28 $. Cette année, ça coûte 48 ! Ça a presque doublé. J’en revenais pas! », s’étonne encore Madeleine Roberge, copropriétaire, à gauche sur la photo d’en-tête.

« Le problème, c’est que quand on décide de nos prix, il faut les décider quasiment au mois de novembre-décembre parce que les gens commencent à téléphoner et préparer leur calendrier pour l’année d’après. »

Le constat est le même du côté de son conjoint, Roger Desautels : le prix du mazout, servant à chauffer les poêles, a quasiment doublé. Au moins, « la quantité de gens fait que ça diminue les coûts de production », relativise Mme Roberge.

Roger Desautels, Denis Archambault
À droite, Roger Desautels, propriétaire, pose en compagnie de Denis Archambault, qui profite de sa retraite pour donner un coup de main à l’entreprise familiale.

Roger Desautels et Madeleine Roberge représentent la seconde génération au Bec sucré, établissement qui a ouvert ses portes en 1984.  « C’est l’érablière paternelle, donc ça fait longtemps qu’on est là », explique le mari.

La quatrième génération se pointe déjà le bout du nez. « C’est les enfants de nos nièces et neveux qui travaillent ici maintenant », poursuit M. Desautels. Cette main-d’œuvre est plus que bienvenue en ces temps difficiles pour le recrutement.

Grâce à une famille nombreuse et qui n’a pas peur de mettre la main à la pâte, l’érablière Au Bec sucré peut se targuer d’avoir la moitié de son personnel qui fait partie de la parenté. Celle qui accompagne Madeleine Roberge sur la photo principale est sa belle-fille, Marie-Claude Laverdière.

Celle-ci assure un rôle de gérante et dit apprécier l’ambiance et l’esprit de travail qui règnent sur place. Les pourboires sont partagés entre tous les employés et les postes occupés sont changés à tour de rôle. « C’est pas parce que tu es à la vaisselle un jour que le lendemain matin, tu vas y être », explique Mme Laverdière. Ses propres enfants s’impliquent dans l’entreprise familiale, parfois en cuisine, d’autres fois au service.

Marie-Claude Laverdière
Au printemps, Marie-Claude Laverdière travaille à l’érablière, avant d’œuvrer au Camping Plage McKenzie l’été et au Grand Prix Ski-Doo de Valcourt l’hiver.

L’une des particularités de l’érablière demeure son côté traditionnel. Aucune tubulure n’est utilisée. La récolte se fait à l’aide de seaux, que cinq ramasseux, dont la moyenne d’âge frôle les 75 ans, rapatrient à la salle à bassin.

L’eau d’érable est alors bouillie à l’aide d’un brûleur à bois antique, avant d’être encannée manuellement. Cette production à petite échelle ravit Roger Desautels. « On n’est pas trop gros parce qu’on est encore capable de répondre à nos clients, puis de jaser un peu avec eux. »

C’est dans ce même esprit que l’érablière Au Bec sucré n’achète jamais d’espaces publicitaires dans les médias. Si elle le fait, c’est pour encourager des initiatives locales, telles que des commandites. Nul besoin de visibilité supplémentaire; son carnet de réservations s’alignant pour rester bien garni jusqu’à la fin de la saison des sucres 2022.

L’évaporateur à bois de l’érablière Au Bec sucré a 80 ans et a été construit à Valcourt, comme on peut l’apercevoir dans le bas de la photo.

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