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Ma saison préférée est enfin arrivée, la saison du jogging ! La neige est presque totalement fondue et la magnifique et ô combien précieuse piste cyclable est fin prête pour accueillir la joggeuse que je suis ! Toutefois, il faut prendre en considération un détail important. Le mois d’avril est un mois de transition. En effet, avec un sol parsemé de slush, de bouette et de grosses traces de roues de tracteur, courir ce mois-ci s’avère quelque peu périlleux, voire même exigeant ! Contourner ces obstacles allait me demander le double d’énergie qu’à l’habitude.

Me voilà donc en train de courser sur ce sol instable. Bien sûr, je tente au mieux de respecter mon temps de course sans toutefois me fouler la cheville au passage. Puis, une pensée me traverse l’esprit. Je réalise qu’il est tout à fait normal et même légitime de devoir ralentir le pas et accepter la possibilité d’être moins performante qu’à l’habitude dans de telles conditions. Rapidement, je constate un parallèle entre l’image de ce sol instable et la période de transition dans laquelle je suis plongée actuellement dans ma vie. Ouais, j’avoue, ça colle bien !

Les phases de transition requièrent bien souvent une dose de patience doublée d’une certaine flexibilité de notre part. En gros, une pas pire bonne capacité d’adaptation !

Je suis donc revenue de cette course le cœur léger et rempli de gratitude. Je venais de saisir quelque chose d’important. En ces temps d’incertitude, je devais baisser mon niveau d’exigence et être plus douce envers moi-même, en acceptant que c’est correct d’être moins « sur la coche » dans les domaines de ma vie en général. Bref, j’allais essayer de me foutre la paix un peu, du moins le temps d’un après-midi !

J’adore ces prises de conscience, je peux filer là-dessus pendant un bout et me laisser emporter. Je me sens sage, invincible, en paix et en maîtrise de ma vie. Les petits oiseaux qui chantent, et Gandhi et moi, on est des « best buddies » ! Puis arrive un malencontreux événement et, en l’espace de quelques secondes, je passe de Gandhi à Lisa LeBlanc :
« Ma vie, c’est de la marde ! »

Leçon d’humilité 101 : Il n’y a pas de fil d’arrivée et on n’a jamais fini d’apprendre !

Pour une fille qui carbure aux résultats, le fait qu’il n’y ait pas de fil d’arrivée, c’est difficile à digérer ! Mais bon, après, ce dit, événement, question de me changer les idées un peu, je me suis adonnée à l’activité la plus répandue en Amérique du Nord : scroller mon fil d’actualité Facebook.

Heureusement, il n’y a pas que des choses insensées qui circulent sur les médias sociaux. Je suis tombée sur une vidéo où l’on peut observer un harfang des neiges faisant face à de grosses bourrasques. Contre toute attente, la réaction de celui-ci fut de déployer grand ses ailes. On réalise rapidement que ce simple geste, en fait, lui permet de rester immobile, bien en équilibre sur sa branche et ce, malgré les grands vents soufflants contre lui. De mon point de vue (apparemment bien limité), fuir les lieux, descendre de son perchoir et « courir » à l’abri semblait une bien meilleure option. Mais le corps animal était à nouveau sur le point de me servir une autre belle prise de conscience.

L’ouverture et l’accueil dont a fait preuve cet oiseau géant face à la météo austère et déchaînée, étaient non seulement inspirants, mais également quelque peu déconcertants! Puis, cela m’a rappelé une image tout aussi significative. Celle où l’on peut apercevoir un individu qui, après être tombé à l’eau, se débat de toutes ses forces, corps et âme, afin d’éviter la noyade. Jusqu’à ce qu’un éclair de génie le frappe de plein fouet et qu’il réalise qu’il n’a qu’à ouvrir, lui aussi, grand ses ailes et se laisser tout simplement flotter.

J’entame maintenant le quatrième mois de ce saut dans le vide. Quatre mois qui m’ont appris à apprivoiser le silence de ma maison et à accueillir le bourdonnement de mes pensées. Quatre mois qui m’ont appris que c’est correct d’être moins performante et de ralentir quand tout est plus exigeant. Quatre mois qui m’ont appris que, lorsqu’il y a tempête et que tout semble contre moi, rien ne sert de forcer ou de résister, je n’ai qu’à ouvrir mes ailes, accueillir et respirer. Parce que, quoi qu’il n’y ait pas de fil d’arrivée, la bonne nouvelle, c’est que tout finit toujours par passer.

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