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La rentrée scolaire ramène les horaires, les devoirs et les lunchs, mais aussi une bonne dose de stress. Pour le neuroscientifique Joël Monzée, enfants, parents et personnel scolaire gagneraient d’abord à se donner le temps de retrouver leur équilibre.

Le premier matin peut avoir quelque chose d’excitant. Pourtant, derrière le nouveau sac à dos et les retrouvailles, le corps doit aussi s’adapter. « La rentrée scolaire est, par définition, une intense demande d’adaptation », explique Joël Monzée, docteur en neurosciences. Le rythme change, tout comme les règles, les attentes et parfois les personnes qui entourent l’élève.

Selon l’ISQ, 20 % des élèves du secondaire avaient reçu un diagnostic de trouble anxieux en 2022-2023, contre 9 % en 2010-2011.
Cette adaptation peut se manifester de plusieurs façons. Maux de ventre, difficultés à dormir, fatigue, colère, nervosité ou repli peuvent notamment apparaître. Des réactions que l’on associe habituellement à un âge plus jeune peuvent aussi réapparaître temporairement.

Toutefois, le stress n’est pas nécessairement l’ennemi. « Le stress et l’anxiété sont normaux et nécessaires pour permettre l’adaptation », rappelle Monzée.

En fait, une certaine activation du système de stress fait partie du processus normal d’adaptation. Elle devient davantage préoccupante lorsqu’elle est intense ou prolongée et que le soutien nécessaire n’est pas au rendez-vous.

Selon Monzée, les premières semaines méritent donc une attention particulière. Une détresse qui ne diminue pas après trois ou quatre semaines devient, à ses yeux, un signal à surveiller. Il invite alors à chercher ce qui maintient l’enfant en état d’alerte plutôt qu’à simplement corriger son comportement.

Le stress des parents aussi

Devant un enfant inquiet, le réflexe parental peut être de vouloir enlever chaque obstacle. Selon Monzée, ce n’est pas nécessairement la meilleure avenue.

Avant la rentrée, il suggère plutôt de réinstaller progressivement les routines de sommeil et de repas. Surtout, il invite les parents à surveiller leur propre inquiétude. « Le parent doit donc s’apaiser, être présent et faire confiance », explique-t-il. Au retour de l’école, l’écoute devient aussi importante que les solutions. Il conseille de laisser l’enfant raconter et décharger sa journée sans chercher immédiatement à tout régler.

Cette présence peut jouer un rôle important dans la capacité d’adaptation. Les travaux du Center on the Developing Child de l’Université Harvard soulignent également l’importance de relations stables et soutenantes avec les adultes comme facteur de protection face au stress.

Les profs rentrent aussi

De l’autre côté de la porte de classe, le personnel enseignant vit également sa rentrée. La charge d’adaptation ne repose donc pas uniquement sur les élèves.

Nouveau groupe, exigences pédagogiques, règles à établir et besoins particuliers s’additionnent. Or, le stress de l’adulte peut lui aussi teinter les interactions.

Pour Monzée, la capacité du personnel scolaire à reconnaître et à réguler ses propres émotions devient alors importante. Une personne enseignante peut ainsi devenir, selon son expression, un « architecte du climat de classe ». Cela ne signifie pas de laisser tomber les règles. Au contraire, Monzée défend des limites claires, mais dans un environnement où l’élève se sent suffisamment en sécurité pour apprendre à composer avec ses émotions.

Se parler plutôt que se blâmer

La rentrée se joue également entre la maison et l’école. Monzée privilégie une communication sans blâme, des repères cohérents et une collaboration entre les adultes qui entourent l’enfant.

Son conseil pour commencer l’année tient finalement en quelques mots : « Privilégier la connexion et la sécurité relationnelle avant le contrôle et la performance. »

Pour approfondir ces questions, Joël Monzée vient notamment de publier Stress, anxiété et apprentissages scolaires et L’Éducation pacifique, aux Éditions de l’Institut de psychologie et neurosciences.La rentrée ramène les horaires, les devoirs et les lunchs, mais aussi une bonne dose de stress. Pour le neuroscientifique Joël Monzée, enfants, parents et personnel scolaire gagneraient d’abord à se donner le temps de retrouver leur équilibre.

Le premier matin peut avoir quelque chose d’excitant. Pourtant, derrière le nouveau sac à dos et les retrouvailles, le corps doit aussi s’adapter. « La rentrée scolaire est, par définition, une intense demande d’adaptation », explique Joël Monzée, docteur en neurosciences. Le rythme change, tout comme les règles, les attentes et parfois les personnes qui entourent l’élève.

Selon l’ISQ, 20 % des élèves du secondaire avaient reçu un diagnostic de trouble anxieux en 2022-2023, contre 9 % en 2010-2011.
Cette adaptation peut se manifester de plusieurs façons. Maux de ventre, difficultés à dormir, fatigue, colère, nervosité ou repli peuvent notamment apparaître. Des réactions que l’on associe habituellement à un âge plus jeune peuvent aussi réapparaître temporairement.

Toutefois, le stress n’est pas nécessairement l’ennemi. « Le stress et l’anxiété sont normaux et nécessaires pour permettre l’adaptation », rappelle Monzée.

En fait, une certaine activation du système de stress fait partie du processus normal d’adaptation. Elle devient davantage préoccupante lorsqu’elle est intense ou prolongée et que le soutien nécessaire n’est pas au rendez-vous.

Selon Monzée, les premières semaines méritent donc une attention particulière. Une détresse qui ne diminue pas après trois ou quatre semaines devient, à ses yeux, un signal à surveiller. Il invite alors à chercher ce qui maintient l’enfant en état d’alerte plutôt qu’à simplement corriger son comportement.

Le stress des parents aussi

Devant un enfant inquiet, le réflexe parental peut être de vouloir enlever chaque obstacle. Selon Monzée, ce n’est pas nécessairement la meilleure avenue.

Avant la rentrée, il suggère plutôt de réinstaller progressivement les routines de sommeil et de repas. Surtout, il invite les parents à surveiller leur propre inquiétude. « Le parent doit donc s’apaiser, être présent et faire confiance », explique-t-il. Au retour de l’école, l’écoute devient aussi importante que les solutions. Il conseille de laisser l’enfant raconter et décharger sa journée sans chercher immédiatement à tout régler.

Cette présence peut jouer un rôle important dans la capacité d’adaptation. Les travaux du Center on the Developing Child de l’Université Harvard soulignent également l’importance de relations stables et soutenantes avec les adultes comme facteur de protection face au stress.

Un des livres de Joël Monzée pour approfondir le sujet du stress et de l’anxiété chez les jeunes.

Les profs rentrent aussi

De l’autre côté de la porte de classe, le personnel enseignant vit également sa rentrée. La charge d’adaptation ne repose donc pas uniquement sur les élèves.

Nouveau groupe, exigences pédagogiques, règles à établir et besoins particuliers s’additionnent. Or, le stress de l’adulte peut lui aussi teinter les interactions.

Pour Monzée, la capacité du personnel scolaire à reconnaître et à réguler ses propres émotions devient alors importante. Une personne enseignante peut ainsi devenir, selon son expression, un « architecte du climat de classe ». Cela ne signifie pas de laisser tomber les règles. Au contraire, Monzée défend des limites claires, mais dans un environnement où l’élève se sent suffisamment en sécurité pour apprendre à composer avec ses émotions.

Se parler plutôt que se blâmer

La rentrée se joue également entre la maison et l’école. Monzée privilégie une communication sans blâme, des repères cohérents et une collaboration entre les adultes qui entourent l’enfant.

Son conseil pour commencer l’année tient finalement en quelques mots : « Privilégier la connexion et la sécurité relationnelle avant le contrôle et la performance. »

Pour approfondir ces questions, Joël Monzée vient notamment de publier Stress, anxiété et apprentissages scolaires et L’Éducation pacifique, aux Éditions de l’Institut de psychologie et neurosciences.

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