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La fromagerie Le campagnard de Richmond reprendra bientôt ses activités, après une interruption temporaire causée par une bouilloire brisée. Cette reprise concorde avec le lancement du fromage à Mimi, la première recette entièrement créée par la nouvelle propriétaire Jennifer Favrat.

Le destin de Jennifer Favrat a pris une nouvelle tournure, il y a un an, quand elle a décidé d’acheter sa propre fromagerie trouvée… sur Marketplace.

Fromagère d’expérience, Jennifer Favrat a appris la science du fromage en France, son pays natal. Elle exerce le métier depuis une quinzaine d’années, sept ans au Québec. Elle s’est affairée à créer des recettes de fromages pour de nombreuses entreprises tout en rêvant, un jour, de bâtir la sienne, sans trop y croire.

L’an dernier, elle discutait de ce rêve avec un collègue de travail, lui expliquant que les fromageries à vendre, ça ne court pas les rues… «Il m’a dit qu’il y en avait une sur Marketplace!» C’est ainsi que Jenniver Favrat est sautée à pieds joints dans la réalité et a fait l’acquisition de la fromagerie Le Campagnard à Richmond.

Jennifer Favrat a hâte de voir ses cuves se remplir de nouveau, après le remplacement de la bouilloire. (Ariane Aubert Bonn/La Tribune)

L’amour du fromage en grains

En arrivant au Québec, Jennifer Favrat a fait connaissance avec la spécialité locale, le fromage en grains, qu’elle a adopté immédiatement. Elle a appris à le fabriquer, et surtout à l’apprécier. «Comme bien des Québécois, je me permets de faire ma fine bouche en comparant les fromages en grains», dit-elle en riant.

«C’est sûr que j’ai un parti pris, mais j’aime que celui que je produis n’ait pas trop de sel. J’aime un fromage en grains qui est tendre, onctueux, en petits morceaux.»

Les petits morceaux servent particulièrement les amateurs de poutine, indique-t-elle. Et elle est bien placée pour le savoir, puisqu’une cantine est intégrée directement dans la fromagerie.

Le fromage en grains représente 95 % du chiffre d’affaires de la fromagerie Le Campagnard, et la recette lui a été léguée par les anciens propriétaires.

«Ça fait ma fierté, d’être une Française qui fait du fromage en grains, et qui opère une cantine. On peut dire que mon intégration se passe bien!»

— Jennifer Favrat

Jennifer Favrat, plongée dans le terroir, constate que le fromage en grains et les Québécois vivent toute une histoire d’amour.

«Pour les Québécois, la relation au fromage en grains, c’est un peu comme pour les Français, vis-à-vis du pain ou des croissants. Tous les matins, tu vas chercher ta baguette… ici, c’est ton fromage.»

«On dit que les Français mangent beaucoup de fromage, mais je pense que les Québécois en mangent encore plus.»

Trois métiers

En achetant la fromagerie Le Campagnard, Jenniver Favrat s’est dotée de compétences supplémentaires en tant que gérante d’établissement de restauration et gestionnaire d’un réseau de distribution.

«La cantine, c’est vraiment complémentaire à la production de fromage, mais c’est un nouvel aspect du métier pour moi.»

Elle gère également trois routes de distribution vers Sherbrooke, Victoriaville et Drummondville. Située entre trois pôles revendiquant la meilleure poutine, elle estime que Richmond fait partie de la recette gagnante.

Des fromages à Mimi en cours d’affinage (Ariane Aubert Bonn/La Tribune)

Une bouilloire surchargée… de projets

Il y a deux semaines, la bouilloire a rendu l’âme, forçant une fermeture temporaire de la fromagerie.

«Il faut dire que la production a augmenté de 15 % cette année, alors on lui en a demandé beaucoup», admet Jennifer Favrat.

Le nouvel équipement est en route et devrait être installé au cours des prochains jours. «On achète une plus grosse bouilloire. J’avais déjà des soumissions, parce que je préparais le projet d’agrandissement. Mais je ne m’attendais pas à devoir la changer maintenant, j’espérais plutôt dans un an ou deux», dit la propriétaire.

Créer de nouvelles recettes, voilà son projet. «Je vise un agrandissement avec des caves d’affinage.» Jennifer Favrat avoue que la création de nouvelles saveurs est sa véritable passion. Et, cette fois, elle peut le faire pour elle-même au lieu d’autres fromagers, alors le projet de diversification des recettes l’enchante particulièrement.

Le fromage à Mimi

Le fromage à Mimi est la toute première recette conçue par Jennifer Favrat à la fromagerie le Campagnard. (Ariane Aubert Bonn/La Tribune)

«Mimi, c’est notre mascotte. C’est une marmotte qui vit sur le terrain en arrière.» Jennifer Favrat s’est laissée inspirer par cette petite bête afin de donner naissance à un nouveau fromage.

Jennifer Favrat le décrit: «Le fromage à Mimi, c’est une pâte molle qui est surprenante parce qu’elle est assez progressive. C’est un fromage très doux avec un bon goût de beurre, pas trop lactique. Après quelques mois, il développe beaucoup d’arômes complexes, ce qui lui donne du caractère. Il a une croûte fleurie blanche avec un cœur légèrement crayeux qui devient onctueux avec le temps.»

Le fromage de type brie ou camembert produit à petite échelle est sa toute première création «maison», mais pas la dernière, assure-t-elle.

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