Le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) accueille très favorablement l’entrée en vigueur du Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes, adopté par le gouvernement du Québec et entré en vigueur le 4 juin 2026. Ce règlement interdit notamment la culture et la vente de 31 espèces floristiques exotiques envahissantes (EEE) reconnues pour leurs impacts sur la biodiversité québécoise.
Les EEE, une menace nationale
Au Québec comme ailleurs au Canada, les EEE entraînent des conséquences importantes sur les plans environnemental, social et économique. Selon les estimations les plus récentes, elles génèrent jusqu’à 35 milliards de dollars de coûts annuels liés aux pertes économiques et aux efforts de gestion (1). En Estrie, l’une des régions québécoises les plus touchées par les EEE, ces espèces représentent une véritable menace pour la biodiversité, les milieux naturels, les milieux humides, les lacs et rivières, ainsi que pour des secteurs économiques importants, comme l’agriculture et la sylviculture.
Des espèces déjà bien implantées en Estrie
Plusieurs des espèces visées par le règlement sont déjà largement établies dans la région, notamment le nerprun bourdaine (Frangula alnus), le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica), le roseau commun (Phragmites australis) et la renouée du Japon (Reynoutria japonica).
La majorité de ces espèces ont été introduites à des fins ornementales ou horticoles en raison de leurs qualités esthétiques. Or, depuis plusieurs années, de nombreux acteurs et actrices de l’Estrie déplorent le fait de devoir consacrer temps et ressources à contrôler des espèces qui demeuraient encore disponibles dans certaines pépinières ou pouvaient être cultivées, échangées et vendues par des particuliers.
Une avancée importante pour freiner les nouvelles introductions
Le CREE estime que ce règlement constitue une avancée importante pour réduire les risques de nouvelles introductions et freiner la propagation d’espèces déjà problématiques dans la région. Il permettra également de limiter le risque d’établissement d’autres espèces envahissantes qui ne sont pas encore présentes en Estrie.
Miser davantage sur la prévention
Toutefois, le CREE considère que cette nouvelle réglementation demeure essentiellement réactive. Les espèces visées ont déjà démontré leur caractère envahissant et leurs impacts négatifs sur les écosystèmes. Le CREE souhaite que le Québec évolue graduellement vers une approche davantage préventive, dans laquelle seules les espèces reconnues comme non problématiques pourraient être commercialisées ou cultivées.
Une telle approche permettrait de réduire considérablement les risques associés à l’introduction de nouvelles espèces potentiellement envahissantes. La prévention devrait demeurer le principe directeur de la gestion des EEE puisqu’une fois établies, elles sont extrêmement difficiles, voire impossibles, à éradiquer. Rappelons que d’après une étude réalisée en Australie, chaque dollar investi dans la prévention contre les EEE protège environ cent dollars d’activité économique, ce qui en fait la méthode de lutte avec un excellent retour sur investissement (2).
Une étape importante, mais le travail se poursuit
L’adoption du Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes démontre le rôle essentiel du gouvernement du Québec dans la lutte contre les EEE et dans la protection de nos milieux naturels et ruraux. Bien que plusieurs des espèces ciblées soient déjà présentes en Estrie, cette réglementation marque une étape importante pour renforcer les efforts de prévention et de contrôle, tout en réduisant les risques liés à l’arrivée de nouvelles espèces envahissantes qui pourraient avoir des conséquences encore plus importantes pour nos écosystèmes.
Consulter le règlement ICI.












