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Une histoire de PIAFS, la BD pour les nuls

Avouons tout de suite : J’ai été agréablement surpris que le VAL-OUEST.COM publie mes PIAFS. J’ai toujours dessiné mais ça faisait longtemps que je n’avais pas édité sur une base régulière. Donc, bravo pour le courage de cette équipe de publier un rigolo qui essaie de sortir des sentiers battus avec ses copains mésanges et autres loustics du même acabit…

Lors de dédicaces pour d’autres albums, on me demande toujours : Comment fait-on une bande dessinée, comment devient-on bédéiste ? Apprenez-moi à dessiner. Rassurez-vous, j’ai toujours été mauvais en dessin. J’avais des notes catastrophiques en classe… Jusqu’au jour où mon copain DUDU avec qui je partageais notre bureau (oui, à cette époque lointaine, on était deux par bureau) fasse un dessin d’oiseau, une perruche je crois, qui lui valut un 18 sur 20 ! Alors que moi, avec un vulgaire piaf, je me ramassais un 5. Insulté le bonhomme ! Ça m’a traumatisé ce truc. Aussi le soir même je me suis mis à copier toutes les bd qui me passaient par les mains : Astérix (qui débutait), Gotlib (les Dingodossiers), Hergé (Tintin), Gai-Luron (de Gotlib), Gaston (de Franquin)… Puis plus tard Reiser, Jean Giraud, Moebius (Blueberry, l’Incal noir)… Bref, tout y est passé… Des pages et des pages copiées pendant des années. Jusqu’au jour où je propose mes petits gribouillages chez TINTIN et que le rédacteur en chef de l’époque (M. Brugnaut) me dise : « Je prends ». Mais ce n’était pas des PIAFS !

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Alors à la question : Comment on apprend à dessiner ? Je réponds : en dessinant. Il n’y a pas d’autres méthode. Jijé (Gilbert Gillain, auteur entre autres choses de JERRY SPRING) disait : « un dessinateur doit dessiner, tout le temps, tous les jours ». Puis, il faut avoir quelque chose à dire. Peu importe quoi ! La bd est un langage qui doit traduire votre pensée à travers une histoire, un scénario. Peu importe le sujet, les personnages, les décors… C’est votre monde. Apprenez à vous y sentir à l’aise et à le découper en dialogues dans des cases. C’est le secret ; Il faut être heureux en dessinant.

Pour faire une histoire courte, je me suis dit que le meilleur moyen de démystifier le travail de dessinateur, c’est l’image. Et ça tombe bien, avec mes PIAFS en strips, donc en une ligne, c’est court et on peut voir facilement la progression. J’ai pris comme exemple la dernière strip de mes oiseaux, la numéro 61 : « Au plus fort la poche ! ».

Phase I : Crayonné

Dans la PHASE 1, c’est le crayonné (fait avec un crayon Staedler 2H, ne pas trop appuyer). Vous placez vos personnages dans les cases. Auparavant, vous aurez écrit le scénario, placé les dialogues dans les 3 cases parce que la bd c’est AVANT TOUT des dialogues, VOTRE histoire, n’oubliez pas…

Phase II : Début d’encrage

Dans la PHASE 2, c’est le début d’encrage. On repasse le dessin soit avec un pinceau qui fait la pointe (Windsor et Newton ou Kolinski No 1 ou 2 ou 3 selon votre préférence ou votre habileté… Attention, c’est cher) et avec de l’encre de Chine Koh-I-Noor, No 50 Drawing Ink. Mais aujourd’hui, j’ai trouvé plus simple et moins cher : Les feutres Staedler noirs permanents lumocolor (2$ chaque). Vous avez le S (pour Small), le F (pour Fin), le M (rond, plus gros, j’sais pas ce que ça veut dire) et puis les Sharpie plus gros, pour les grosses surfaces. Attention, tous doivent contenir de l’encre permanente pour le contraste et pour que ça ne parte pas au gommage…

Phase III : Effaçage

Je déteste la PHASE 3 ! Il faut effacer le crayonné et ça fait des saloperies sur votre table et en dessous… faut passer l’aspirateur souvent, Pfouuu ! C’est pour faire apparaître votre encrage bien noir sur votre papier bien blanc. Le papier est une sorte de carton (important de prendre du Color copy digital cover 80 LB de HAMMERMILL international paper ou du Cougar 80 LB)… puis vous numérisez votre strip. L’avantage de travailler petit (8 ½ – 11) c’est que toutes les machines peuvent les numériser. Une fois votre dessin ou votre strip numérisé (assez large pour que vous puissiez le travailler) vous l’entrez dans Photoshop. Oui, malheureusement aujourd’hui, si vous dessinez, faut allez sur un logiciel de dessin. Moi qui suis vraiment nul en informatique, j’utilise Photoshop. Ça permet de corriger des traits, d’en rajouter, d’en effacer, de rendre un dessin plus net. Ça donne ceci …

Phase IV : Lettrage

PHASE 4. Vous écrivez (toujours au Photoshop) vos textes dans vos bulles. C’est  à ce moment que vous vous rendez compte qu’il est important de prévoir suffisamment d’espace en PHASE 1 (crayonné) en haut de vos cases pour placer votre texte au crayon. Faut bien sûr choisir votre lettrage, vos effets de lettrage et ensuite ajouter les queues de vos bulles pour indiquer qui parle dans votre case. Vous arrivez à ceci…

Phase V et VI

PHASE 5. Vous remarquerez que j’ai ajouté l’identification LES PIAFS et ma signature (ben oui, quoi, c’est moi qui l’ai faite !)… Et le titre de l’épisode « Au plus fort… La poche ! ». Regardez bien les « queues » de dialogues ou bulles (l’ensemble s’appelle un phylactère, ça vient d’Égypte ), elles doivent être faites en trait léger pour ne pas faire un gros pâté noir et nuire à la lecture. Encore une fois, l’important, c’est le texte ! Puis vous tombez dans la PHASE 6 : la couleur au Photoshop. Alors, là, faudrait que je vous montre en détails… Mais pas de panique, je suis aussi mauvais en couleurs que je le suis en dessin. Au cas peu probable où vous n’auriez pas lu le dernier VAL-OUEST.COM (mon Dieu, quel chef-d’œuvre ! ) ça donne CECI

Merci d’avoir eu la patience d’aller jusqu’au bout !

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