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Le 23 octobre prochain, au Séminaire de Sherbrooke, une page importante de l’histoire locale et régionale de Sherbrooke pourrait se tourner. En effet, les administrateurs et administratrices de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) du diocèse de Sherbrooke ont convoqué l’ensemble des membres de l’organisme à une assemblée générale extraordinaire dont l’ordre du jour prévoit la ratification du transfert du fonds d’assurances à la compagnie Humania, de même que la liquidation des actifs de l’organisme, donc de la dissolution de la SSJB de Sherbrooke.

Refusant un tel dénouement, les responsables de la Société nationale de l’Estrie ont rencontré les dirigeants de cet organisme lié au cœur de l’histoire de l’Estrie afin d’explorer d’autres avenues possibles pouvant donner un nouveau souffle à cette organisation, dont la fusion des deux entités. Offre qui fut rejetée du revers de la main, sans analyse. Cela, pendant que la légitimité des administratrices et administrateurs actuels peut soulever d’importantes questions, alors qu’aucune des assemblées générales annuelles de l’organisme ne fut dûment convoquée au cours des dernières années.

Du refus d’envisager autre chose que la dissolution de l’organisme

Lorsque des individus liés aux deux organismes ont reçu ladite convocation par la poste, les responsables de la Société nationale de l’Estrie (SNE) furent rapidement mis au fait de ce développement important.

En effet, il faut rappeler que la seule raison expliquant l’existence de la SNE a trait à la décision de la SSJB, prise au tournant des années 1970, de quitter la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec, aujourd’hui le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ), forçant celui-ci à soutenir la création d’un organisme pouvant assurer le rôle d’antenne régionale pour ce dernier.

Il s’agit donc d’organismes jumeaux, partageant la même mission, sur un même territoire (bien que le territoire de la SSJB était basé sur celui du diocèse de Sherbrooke, alors que celui de la SNE est basé sur les frontières de la région administrative).

Ainsi, lors d’une rencontre au siège social de la SSJB, qui eut lieu ce mardi 15 octobre 2024, les responsables de la SNE ont exprimé leur volonté de préserver le patrimoine institutionnel et communautaire que représente la SSJB dans le paysage sherbrookois et estrien en proposant notamment une fusion entre les deux organismes jumeaux.

Cette offre fut rejetée sur le champ, cela malgré les assurances proposées aux responsables de la SSJB à propos de leur principale préoccupation, à savoir la préservation des droits des membres assurés. Malgré cette ouverture et cette volonté de soutenir les droits des assurés, les administrateurs et administratrices de la SSJB ont tout simplement été incapables de justifier leur préférence envers la dissolution de l’organisme plutôt que de lui offrir un second souffle en s’alliant à la SNE.

De l’absence de légitimité des administrateurs actuels

La situation actuelle est d’autant plus critiquable du fait que cette dissolution envisagée d’un organisme historique est décidée par des administrateurs et des administratrices dont la légitimité du mandat soulève de sérieuses interrogations, la démocratie organisationnelle étant hautement discutable depuis de nombreuses années au sein de la SSJB du diocèse de Sherbrooke.

En effet, depuis au moins cinq ans, les assemblées générales annuelles (AGA) ne sont pas convoquées dûment – et les assemblées générales locales étant dysfonctionnelles, elles sont incapables de désigner leurs délégué(e)s censé(e)s composer le corps électoral des AGA.

Par exemple, les membres de l’organisme n’ont jamais été convoqués à ces assemblées générales locales. Ce faisant, les administratrices et administrateurs actuels, dont le mandat de certains remonte à près de trente ans, n’ont jamais vu leur légitimité être dûment renouvelée.

« Honnêtement, nous sommes choqués par la situation actuelle. Non seulement la légitimité démocratique et possiblement juridique des administrateurs en place nous apparaît douteuse, mais qui plus est, ceux-ci décident sans sourciller de la disparition d’un organisme faisant partie du patrimoine institutionnel et communautaire de la région. Cela, alors qu’il existe pourtant d’autres solutions qui permettraient tant de répondre aux préoccupations légitimes des administrateurs actuels que de redonner vie à cet organisme mythique. Ça fait un peu « Après moi, le déluge! », et c’est franchement révoltant. À l’heure actuelle, nous étudions les recours possibles permettant d’empêcher ce triste dénouement », de conclure le directeur général de l’organisme, Etienne-Alexis Boucher.

Rappelons qu’à titre de membre de la SSJB de Sherbrooke et à l’invitation de la présidente, M. Boucher avait recruté, en 2017, 525 personnes désirant devenir membres de la SSJB, dans un objectif de revitalisation de l’organisme. Malheureusement, sans fondements légaux, le conseil d’administration de la SSJB du moment avait rejeté l’ensemble de ces candidatures.

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