Un vent de changement souffle sur la Fondation de l’école secondaire de l’Odyssée à Valcourt. Le nouveau conseil d’administration souhaite diversifier les événements-bénéfice, en plus d’impliquer davantage les parents et les jeunes.
Depuis 2019, cette fondation vient en aide aux élèves et à l’équipe-école de l’Odyssée, entre autres par l’achat de matériel et l’organisation d’activités.
«Une école, c’est le cœur d’un village»
Enseignant en anglais et conseiller municipal à Valcourt, Dany Boyer a été récemment élu président de la Fondation. «J’ai décidé de m’impliquer parce que peu de gens avaient levé la main. Je ne voulais pas qu’on perde notre fondation.»
Pour lui, ce type d’implication va de soi.
«Nous voulons faire rayonner notre école dans notre communauté. Une école, c’est le cœur d’un village. Ça attire des gens. C’est bon pour la municipalité et pour la région.»
Outre Dany Boyer, le nouveau conseil d’administration est composé de Christiane Lemire (vice-présidente), Holly Hunter (trésorière), Marie-Josée Proulx (secrétaire) ainsi que Jean Clavelle et Dany Senay (administrateurs).

Des projets financés pour l’ensemble de l’école
Généralement, la Fondation finance des projets dont peut bénéficier l’ensemble des élèves de l’école. Tout en se permettant, de temps à autre, de soutenir des demandes particulières. Par exemple aider un ou une élève, dont la famille est moins aisée, pour un achat scolaire particulier.
«Tout coûte plus cher et le gouvernement coupe dans les budgets. Ce n’est pas cohérent. Nous essayons, par nos actions, d’offrir de meilleurs services aux élèves», fait savoir Dany Boyer.
De façon très concrète, la Fondation a récemment soutenu l’école, à la hauteur de 5000 $, pour le réaménagement de sa bibliothèque. «La bibliothèque est utilisée même pendant les pauses et l’heure du diner. On veut qu’elle soit plus confortable et conviviale pour les jeunes. C’est quand même important de mettre la lecture de l’avant.»
La Fondation a aussi versé 5000 $ pour l’achat de matériel destiné à la nouvelle cafétéria qui vient d’être aménagée.

Un soutien apprécié par l’Odyssée
Le directeur de l’Odyssée, Ludovick St-Laurent, apprécie ce soutien financier qui complète les sommes accordées par le Centre de services scolaire des Sommets. Compte tenu des limites du budget annuel de l’école et du fait que certaines sommes sont rattachées à des enveloppes budgétaires très spécifiques.
«Il y a des éléments de notre cafétéria que nous avons pu ajouter grâce à la Fondation. Comme la cuisinière, des tables et des chaises. Même chose pour les installations de la bibliothèque. Les jeunes pourront bénéficier d’un environnement actualisé contribuant au plaisir de lire et d’apprendre. C’est fantastique!»

Il donne aussi comme exemple le terrain de basket, aménagé au coût de 26 000 $ grâce aux efforts soutenus de Stéphane Bernier, enseignant en éducation physique. Et ce, avec un soutien complémentaire de la Fondation.
«Depuis novembre, le terrain est non seulement utilisé pendant la journée par les élèves. Mais aussi les soirs et les fins de semaine. Et il n’y a pas une cenne de fonds publics là-dedans.»

Les investissements de la Fondation amènent ainsi beaucoup de souplesse pour élargir les sommes allouées à projet existant ou à un nouveau projet.
«C’est très pertinent pour nous d’avoir la chance de compter sur une Fondation. Ça nous permet de répondre à des besoins auxquels on ne serait pas en mesure de répondre.»
Élargir les sources de financement
Des activités récurrentes de financement, conjointes aux fondations de l’Odyssée et de la Chanterelle, sont connues de la communauté du Val-7 (Valcourt, Canton de Valcourt, Maricourt, Racine, Lawrenceville, Sainte-Anne-de-la-Rochelle et Bonsecours). Particulièrement le tournoi de golf et la collecte de cannettes.
Cette dernière activité pourrait toutefois cesser, compte tenu que le dépanneur Foisy, qui appuyait cette initiative, ne peut plus ramasser les cannettes depuis que cette responsabilité relève de Consignaction. Le propriétaire, Mathieu Foisy, a aussi récemment vendu son entreprise.

La Fondation amasse aussi des fonds en s’impliquant dans l’escouade verte du Grand Prix Ski-Doo de Valcourt ainsi qu’à la billetterie de l’événement «Show à l’aréna» de Valcourt.

Outre ces activités, la Fondation de l’Odyssée et celle de la Chanterelle peuvent compter, depuis 2024, sur le soutien de BRP. Par le biais d’une entente de trois ans négociée par le président de la Fondation La Chanterelle, Michel Benoit.
On souhaite désormais organiser d’autres types de levées de fonds, afin d’élargir les sources de financement. Différentes options sont présentement à l’étude, comme un lave-auto écologique, une friperie ou encore la vente de boutures et de plantes. Mais tout reste encore à organiser.
«Une mobilisation pour nos enfants»
L’un des défis de la Fondation, outre de convaincre les donateurs, est qu’un plus grand nombre de gens mettent l’épaule à la roue. «Nous aimerions avoir davantage de parents impliqués, en plus des enseignants. Pour diversifier les points de vue», indique Dany Boyer.
Ludovick St-Laurent apporte certaines nuances à ce propos.
«Les parents des élèves de l’Odyssée sont très mobilisés et engagés. Mais ce sont souvent les mêmes personnes qu’on retrouve partout dans les sports et les organismes communautaires de la région. Les gens sont là pour donner un coup de main pour des besoins ponctuels. Sans s’investir au sein d’un organisme.»
Il ajoute :
«Oui, ça prend du temps et de l’énergie. Mais il ne faut pas oublier que cette mobilisation se fait, au final, pour nos enfants.»

Impliquer aussi les élèves
Avec son chapeau d’enseignant, Dany Boyer soutient, depuis le début de l’année scolaire, la mise en place d’un conseil d’élèves appelé le «gouvernement étudiant». Ceux-ci sont par exemple à l’origine d’une entente entre la Ville de Valcourt et les élèves, qui vise à prendre soin du parc Camille-Rouillard. Ce qui pourrait permettre d’amasser jusqu’à 2000 $ par année pour l’école.

Dany Boyer souhaite maintenant que les élèves fassent un pas de plus en s’impliquant directement dans la Fondation et ses activités.
«On aimerait que certaines activités de financement soient incluses dans la vie de l’école plutôt que seulement à l’extérieur. Ça permettrait de se rapprocher des élèves.»
On accordera d’ailleurs bientôt une place, au sein du conseil d’administration, à un ou une élève.
«J’essaie de soutenir les élèves pour les allumer et ouvrir leurs œillères vis-à-vis de leur implication, même s’ils sont au secondaire. Il y a déjà des élèves qui sont intéressés et qui me disent qu’ils veulent faire bouger les choses. Tranquillement, on développe une nouvelle culture au sein de l’école», partage Dany Boyer.
Mis sur pied par des parents en 2019
Holly Hunter, directrice générale du Canton de Valcourt, fait partie des pionnières de cette fondation. Une cause qui lui tient encore à cœur, après sept ans.
Elle raconte que son implication pendant quelques années au sein de la Fondation pour l’école primaire de la Chanterelle l’a influencé, avec d’autres, de faire la même chose pour l’école secondaire.
«Lorsque mes enfants sont arrivés à l’Odyssée, nous nous sommes aperçus qu’il n’y avait pas de fondation pour appuyer l’école. Les élèves participaient déjà à des levées de fonds, mais pour des activités en particulier. Nous voulions que les parents aient une chance de s’impliquer un peu plus activement dans l’école. Un groupe de parents a donc décidé de mettre sur pied la Fondation, en 2019», explique-t-elle.
Christine Laplante-Larivière et elle ont ainsi posé les jalons pour créer cet OBNL. Avec le soutien du notaire Pierre Tétrault, aujourd’hui maire de Valcourt. Par la suite, une dizaine de parents se sont joints à eux.
«Les jeunes apprennent le bénévolat»
Même si ses enfants ont depuis longtemps quitté l’école secondaire, Holly Hunter tient à poursuivre son bénévolat au sein de l’organisation. Elle souhaite le faire tant qu’il n’y aura pas de relève. Dans un contexte où elle remarque des obstacles croissants à la mobilisation des parents. Ce qui fait qu’un petit nombre de personnes tient tout à bout de bras. «On dirait que la pandémie a changé les mentalités. C’est plus difficile maintenant de faire sortir les gens.»
Elle ajoute, à l’instar de Ludovick St-Laurent, qu’il est toutefois plus facile d’obtenir de l’aide ponctuelle lorsqu’elle contacte directement des personnes. «Les parents acceptent de s’impliquer pour quelques heures. Mais c’est plus difficile de les motiver pour s’engager à participer régulièrement à des rencontres pour un organisme.»
Holly Hunter voit d’un bon œil que de plus en plus d’enseignants, mais aussi des élèves, décident d’appuyer ces actions.
«Les jeunes apprennent ce que ça signifie de faire du bénévolat. C’est-à-dire d’organiser un événement, en faire la promotion, demander des commandites, gérer de l’argent, etc. C’est important.»
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