Que veulent dire des mots comme «affirmation», «empathie» et «intimidation» quand on a entre 9 et 12 ans? C’est ce qu’ont exploré des élèves de l’école primaire de la Chanterelle à Valcourt dans le cadre d’une série d’ateliers offerts récemment par l’organisme «Ensemble pour le respect de la diversité».
Pendant quelques jours, l’ensemble des élèves de 4e à 6e année ont participé aux ateliers «Je m’affirme», «Je suis empathique» et «L’intimidation, j’en parle!». Qui visent à offrir l’opportunité aux élèves de s’exprimer sur ces thèmes en participant à des jeux, des mises en situations et des discussions.
«Je suis plus conscient de l’importance des différences»
Isabelle Bouchard, travailleuse sociale à la Chanterelle, n’avait que de bons mots à partager à la suite de ces activités.
«On parle souvent dans les médias de ce qui ne va pas bien. Je suis contente qu’on puisse entendre parler de quelque chose de positif!», exprime-t-elle d’emblée.
Elle confie que des élèves lui ont affirmé avoir commencé à utiliser certaines techniques de résolution de conflit vues en classe. Elle a recueilli auprès d’eux des commentaires comme celui-ci : «Je suis plus conscient de l’importance des différences. Au lieu de juger l’autre, on essaie de le comprendre.»
Même son de cloche du côté des enseignantes et enseignants. C’est le cas de Stéphanie Joyal, enseignante de 5e année.
«Les ateliers ont été vraiment intéressants et vivants. Mes élèves ont aimé le dynamisme et la qualité de l’animation. Les ateliers étaient bien gradués pour amener les élèves à faire des constats sur les thèmes abordés. Un lien avec ces ateliers pourrait être fait lors d’éventuelles interventions.»

«C’est précieux d’avoir un temps d’arrêt»
Isabelle Bouchard explique que des ateliers comme ceux-là viennent compléter des notions qui sont vues avec les élèves dans le cadre du programme Culture et citoyenneté québécoise (CCQ). «C’est intéressant d’avoir des personnes extérieures qui viennent parler de ces sujets d’une façon différente.»
Isabelle Bouchard apprécie le soutien que de telles activités apportent au travail de l’équipe-école.
«D’y aller de cette façon, en prévention, c’est vraiment complémentaire à ce que font les éducatrices et à ce que je peux faire aussi. La prévention, c’est la clé. Même si c’est parfois plus difficile d’en mesurer concrètement les impacts.»
Elle ajoute :
«Ces situations font partie du quotidien des éducatrices, des surveillantes et des autres membres du personnel. C’est précieux d’avoir un temps d’arrêt, hors d’une situation de crise, pour prendre le temps d’en parler. Au moment où les jeunes sont davantage disponibles»
Selon elle, les habiletés sociales et le vivre ensemble sont des notions qui s’apprennent. Au même titre que les maths ou le français. «Ça contribue au développement de leur personne, à l’ouverture et à être capable de faire preuve d’empathie en étant capable de se mettre à la place de l’autre.»

30 000 jeunes rencontrés chaque année
«Ensemble pour le respect de la diversité» a été fondé il y a maintenant 30 ans. Il portait à l’époque le nom de «La Fondation de la tolérance». L’organisme compte aujourd’hui 16 personnes qui parcourent les écoles primaire et secondaire du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario. Chaque année, ce sont ainsi près de 30 000 jeunes qui sont rencontrés.
«Notre mission est de créer des espaces de dialogue pour bâtir un meilleur vivre ensemble. Pour ce faire, nous offrons des ateliers de sensibilisation aux différentes formes d’intimidation et de discrimination. Nous leur apprenons à comprendre que nous sommes tous différents et à se respecter. Les ateliers amènent les jeunes à réfléchir et à déconstruire des préjugés et stéréotypes. Nous leurs donnons des moyens de passer à l’action, à leur façon», expose Rafaël Provost, directeur général de l’organisme.
Il se dit touché par la façon dont ces ateliers se sont déroulés.
«Quand nous étions à Valcourt, c’était beau de voir des jeunes debout sur leur chaise, à vouloir participer avec des mains levées. Au primaire, les jeunes ont généralement une belle ouverture et une belle candeur. On constate qu’ils en connaissent beaucoup plus sur ces thèmes et ces enjeux que ce qu’on pourrait penser. Ils s’indignaient avec nous face à des constats d’inégalité, comme par exemple entre les filles et les garçons.»
Soutien pour les écoles
Rafaël Provost croit que les actions de son organisme apportent un certain soutien aux établissements scolaires.
«Les écoles sont débordées. On leur demande de tout enseigner et de tout gérer. Nous sommes un partenaire. Et on voit que ça leur fait du bien, qu’ils se sentent un peu moins seuls.»
Un appui d’autant plus pertinent dans un contexte où, de son point de vue, on constate une certaine montée de haine, d’intolérance et de violence en milieu scolaire.
Un sondage effectué par son organisme auprès de 30 000 jeunes révèle d’ailleurs que 65 % d’entre eux se sont dit victimes d’au moins une forme de violence. «C’est énorme, troublant et inacceptable que deux jeunes sur trois, dans les écoles, affirment avoir subi une violence liée au sexe, au racisme ou à l’intimidation», déplore-t-il.
Rafaël Provost ne lie pas exclusivement cette situation aux événements au sud de la frontière. «Ce n’est pas juste à cause de ce qui se passe aux États-Unis. Ce serait trop facile de pointer juste un coupable. Ici aussi, il y a des événements qui se vivent à la maison, au travail et sur la scène politique.»

Des outils pour poursuivre la réflexion
Les enseignantes et enseignants ont reçu, à la suite de cette visite, un guide d’accompagnement pour leur permettre de poursuivre la discussion et la réflexion avec leurs élèves.
«Nous encourageons les équipes enseignantes à participer avec les élèves aux ateliers. Pour avoir accès à ce qui se partage. Par la suite, nous leur donnons accès à un guide, à des références et à d’autres ressources existantes. Pour répondre aux questions ou aux besoins exprimés de la part des jeunes», mentionne Rafaël Provost.
Soutien de BRP
Ces ateliers ont pu être réalisés entre autres grâce au soutien financier de BRP, dont plusieurs employés et employées sont également parents d’élèves de l’école.
«BRP est l’un de nos partenaires majeurs. Nous nous sommes dits que ce serait significatif d’aller présenter nos ateliers dans une école primaire à Valcourt, où est né BRP», rapporte Rafaël Provost.
«L’engagement local est un pilier essentiel de notre stratégie d’engagement communautaire à travers le monde. Nous réinvestissons d’ailleurs 1 % de nos bénéfices annuels avant impôts dans nos communautés. Ces ateliers s’inscrivent donc naturellement dans notre programme «Défions l’intimidation». Ainsi qu’à notre engagement à créer un impact social positif et significatif auprès des communautés où nous opérons. Nous croyons que les petits gestes répétés chaque jour peuvent entraîner de véritables transformations. De plus, BRP est profondément ancrée à Valcourt. Le cœur de nos activités s’y trouve», fait savoir Mélanie Montplaisir, directrice des relations publiques mondiales pour BRP.
De retour dans les classes l’an prochain
Cette visite a tellement eu de succès que l’équipe-école a choisi de réitérer l’événement l’an prochain. Cette fois, on offrira un atelier sur la diversité, l’identité et l’inclusion (4e à 6e année) ainsi qu’un autre sur la violence et l’intimidation en milieu scolaire (6e année).
«On est hyper content que ça ait fonctionné. Souvent, les villes éloignées des grands centres ont moins accès à des services comme le nôtre. Nous allons ainsi pouvoir développer un lien à long terme, en revoyant d’autres jeunes l’année prochaine. C’est souvent le premier pas qui est plus difficile à créer avec un milieu. Une fois qu’il est fait, on peut collaborer et s’entraider», indique Rafaël Provost.
Courte vidéo réalisée par l’organisme lors de la visite à Valcourt :
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