Après avoir exercé le rôle de conseiller municipal à Saint-François-Xavier-de-Brompton pendant huit ans, Alexandre Roy se sent prêt à succéder au maire sortant, Adam Rousseau. Devenant, pour le moment, le premier candidat à faire connaître publiquement son intérêt.
Au départ, Alexandre Roy n’était pas certain de vouloir viser la mairie. «Depuis l’annonce du départ d’Adam Rousseau, beaucoup de gens m’ont accroché pour me demander si j’allais me présenter à la mairie. Mais je leur disais : je ne peux pas travailler à temps plein et être maire. C’est quasi impossible. C’est d’ailleurs ce qu’Adam disait aussi.»
Qu’est-ce qui l’a fait changer d’avis?
«J’ai eu une rencontre avec les conseillers. Ils avaient tous l’intention de se représenter, sauf le conseiller René Lapierre. Ils m’ont dit que si je me présentais à la mairie, ils m’apporteraient leur support. J’ai alors vu que ce serait déjà plus facile si j’ai une équipe pour m’aider.»
S’empressant d’ajouter : «On s’entend qu’il y aura des élections et on ne sait donc pas encore qui sera élu. Mais si ces personnes, qui ont une certaine expérience, sont élues, ce sera peut-être plus facile pour moi d’assumer cette fonction.»
Il dit en avoir discuté avec sa famille, qui l’appuie dans sa démarche. Son employeur lui offre aussi la possibilité de travailler dix jours en neuf, ce qui lui permet d’être disponible un vendredi sur deux.

Huit ans d’implication
Les fonctions de maire ne sont pas totalement inconnues pour ce conseiller qui a assumé ces fonctions à titre de maire suppléant à quelques reprises au cours des dernières années. Ce qui est d’ailleurs le cas cet automne, pendant une pause de cinq semaines du maire Adam Rousseau.
Lors des deux dernières élections, Alexandre Roy a été élu par acclamation. Qu’est-ce qui l’a décidé, il y a huit ans, de s’impliquer en politique municipale?
«Adam Rousseau est mon ami d’enfance. Ça faisait longtemps qu’il me demandait de me présenter, mais je n’étais pas nécessairement rendu à cette étape-là de ma vie. J’ai fait un parcours syndical, où j’ai beaucoup appris. Après la naissance de mon fils, j’ai voulu m’impliquer un peu plus dans la communauté. J’ai toujours eu cette envie d’aider les gens, depuis longtemps. Alors ça a été naturel pour moi de me présenter aux élections.»
Inspiré par ses parents
Il se souvient que ses parents avaient fait certaines représentations politiques dans le passé, ce qui l’avait inspiré. De son côté, avant d’être élu, il s’était impliqué pour demander un référendum pour le déneigement des trottoirs de la municipalité. Même si le «non» l’avait emporté, il dit avoir beaucoup appris de cette expérience.
Encore aujourd’hui, une dizaine d’années plus tard, la situation n’a toujours presque pas changé. «Nous avons fait un projet pilote pour déneiger une petite section, devant l’école primaire. Mais la machinerie que nous avions n’était pas tout à fait conforme. Nous faisons actuellement l’acquisition d’une nouvelle machinerie, qui sera conforme. Nous espérons, à partir de l’hiver prochain, reprendre le projet pilote.»
Les défis du développement urbain
Si les Tomcodois et Tomcodoises lui renouvellent leur confiance, Alexandre Roy prévoit une certaine continuité de ce qui a été entamé par l’administration actuelle.
«Nous voulons une gestion plus active de nos infrastructures. Pour ne pas avoir de surprises dans 10, 15 ou 20 ans. On vise aussi de continuer l’offre de services que nous avons. Et de renouveler le matériel pour les travaux publics.»

Il souhaite aussi participer au développement de sa municipalité. «Ces dernières années, le développement a permis de maintenir le taux de taxation à un niveau jugé acceptable. Parce qu’on avait l’arrivée de nouvelles taxes. Une nouvelle rue ou un nouveau développement amène des coûts, mais au global, ça rapporte quand même à la municipalité. Il va donc falloir travailler sur cet élément-là.»
Une visée qu’il ne juge pas nécessairement facile. Dans une conjoncture où le gouvernement du Québec privilégie la densification urbaine. À cela s’ajoute le schéma d’aménagement de la MRC, qui prévoit que le développement doit se concentrer dans trois pôles : Windsor, Richmond et Valcourt. Les municipalités avoisinantes, comme la sienne, devront ainsi maintenir un taux de développement plus bas que ceux des pôles.
Quelques possibilités de développement dans le périmètre urbain sont encore présentes, mais de plus en plus restreintes.
Si les règles restent les mêmes, Alexandre Roy voit venir, d’ici quelques années, la fin d’un certain type de développement urbain.
«Si nous voulons conserver des services de qualité, sans impacter la taxation municipale, nous allons faire face à un mur, à un moment donné. S’il n’y a plus de possibilités de développement, tout va forcément augmenter. Alors que les citoyens ne peuvent pas tout absorber. D’autres méthodes devront être mises en place.»
Pas assez de gens aux séances du conseil
Quel bilan fait-il de ces années à siéger au conseil municipal?
«C’est vraiment passionnant. Je trouve ça dommage que les citoyens ne réalisent pas comment le milieu municipal est extrêmement proche d’eux. À quel point ça peut faire une différence dans leur vie de tous les jours.»
Comment explique-t-il que seul un petit nombre de gens s’intéressent aux affaires municipales?
«Souvent, c’est difficile de s’impliquer et de donner du temps. Il faut le faire en plus de son travail et de ses responsabilités. C’est un modèle qui devrait être revu. Les salaires offerts dans les petites municipalités ne permettent pas que ce soit un emploi à temps plein. Nous sommes chanceux, car il n’y a pas de chaises vides à Saint-François, mais c’est souvent des élections par acclamation.»
Il trouve aussi dommage le faible nombre de présence aux séances du conseil. Environ une dizaine de personnes à chaque fois, pour cette municipalité qui compte 2638 habitants.
«Lorsqu’il y a peu de gens, on pourrait se dire que ça va bien parce que c’est signe qu’ils sont contents. Mais c’est aussi dommage pour notre démocratie. Par exemple, adopter un budget municipal quand il n’y a pas de monde dans la salle. Ça rend la séance plus facile, mais j’aimerais bien mieux que la salle soit pleine.»
L’enjeu des médias sociaux
Alexandre Roy mentionne que le climat entre élus et citoyens, lors des séances, est très respectueux. «Les gens qui sont là posent des questions et obtiennent souvent des réponses.» Il constate toutefois certains écarts sur les médias sociaux. Au point où il a décidé de se désabonner de certaines pages et de ne plus utiliser ce moyen de communication pour répondre aux commentaires. «Peu importe ce que tu vas dire et ce que tu vas répondre, les gens peuvent retirer le commentaire. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Nous les incitons à venir plutôt commenter sur la page de la municipalité.»
«Je sais que je ne ferai jamais plaisir à tout le monde en même temps. C’est impossible. Mon objectif, c’est de représenter la majorité. Parce que je suis là pour représenter la population en général.»
Projet domiciliaire et appui au Houppier
L’an dernier, un projet de développement domiciliaire au cœur du village avait suscité de nombreuses inquiétudes des citoyens quant à l’accès à l’eau potable. Parce que tous les immeubles de la municipalité s’approvisionnent avec des puits privés. Où est en ce dossier, un an plus tard?
«Un hydrogéologue est venu présenter les résultats d’une étude à la population. La nappe phréatique permet ce développement. Il n’y a pas de problématique là-dessus. Des lecteurs de puits seront installés pour ceux qui le désirent. L’hydrogéologue a expliqué que si un puits est impacté par ce projet, ce devrait être dans les deux premières années. Le promoteur s’est donc engagé à rembourser les frais de creusage de puits de gens qui seraient impactés. Et de mettre en place un comité avec des citoyens pour faire le suivi de ces puits-là.»
Alexandre Roy assure aussi qu’il continuera d’appuyer le projet du Houppier, s’il est élu. «On souhaite que ce projet puisse naître à Saint-François. Parce que si ça ne se fait pas ici, ce sera installé ailleurs.»
Implication au sein de la MRC
S’il est élu le 2 novembre, Alexandre Roy souhaite s’impliquer au sein des différents comités de la MRC du Val-Saint-François. Pour ce faire, il compte demander certaines adaptations d’horaires. «Actuellement, les réunions se font pendant le jour. Peu importe qui sera élu en novembre, il y a des gens qui ne seront pas disponibles pendant la journée parce qu’ils travaillent. Je trouve que c’est un frein énorme pour les élus qui veulent s’impliquer. Il faut faire un pas pour qu’ils puissent participer à la MRC.»

Pour le moment, seul candidat en lice
Pour le moment, aucun autre candidat ou candidate n’a fait connaître son intérêt pour la mairie de Saint-François-Xavier-de-Brompton. Les personnes intéressées ont jusqu’au 3 octobre prochain pour le faire.
Alexandre Roy se dit prêt à en découdre avec un ou une adversaire et de peut-être perdre les élections.
«Si je suis élu, je serai extrêmement content. Mais si je ne suis pas élu, ce sera simplement un signe du destin qu’il est temps pour moi de faire autre chose. Et d’avoir un agenda plus normal.»
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Comment se présenter aux élections?
Rappelons que toutes les personnes qui souhaitent se présenter aux élections municipales doivent déclarer leur candidature auprès de la présidence d’élection de leur municipalité entre le 19 septembre 2025 et le 3 octobre 2025.
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