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Travailler dans le communautaire, ce n’est pas juste un beau défi, c’est une mission de vie. C’est se lever à tous les matins avec l’espoir de faire de la magie, en transformant le moindre dollar en goutte d’espoir. C’est faire des miracles et transformer l’eau en viande, en pâtes alimentaires et en yogourt. C’est se joindre quotidiennement à une équipe salariée et bénévole qui a du cœur au ventre et qui utilise ses poings métaphoriques pour abattre les préjugés, à coup d’empathie et d’écoute, mais aussi à coup de discours et de convictions bien défendues.

Mais soyons clairs ! Malheureusement, pour beaucoup de personnes, travailler dans le communautaire, c’est se nourrir d’espoir, parce qu’on n’a même pas les moyens de se payer une vraie épicerie. C’est se battre contre le courant pour sortir la tête de l’eau.

C’est devenir le bénéficiaire de ses propres services parce que le gouvernement ne veut pas financer nos salaires correctement et que, nous, on préfère en donner plus à la communauté qu’à nos poches. C’est constamment vivre dans l’incertitude de perdre sa job parce que les grands décideurs nous financent au projet plutôt que d’admettre que ce qu’on fait c’est important, peu importe que ce soit un enjeu « à la mode » ou pas, et qu’ils s’obstinent à ignorer nos besoins en financement à la mission.

Alors, pour moi, être gestionnaire dans le communautaire, c’est vouloir porter le poids de toute cette vulnérabilité sur ses épaules, à tort ou à raison. La vulnérabilité des gens de notre communauté, celle de nos collègues. C’est porter ce poids jusqu’à en tomber, parce que la dernière chose qu’on veut c’est que les gens qu’on côtoie au quotidien s’écroulent sous ce même poids. Sans une équipe extraordinaire à mes côtés, qui m’aide constamment à me relever, voire qui m’empêche de tomber, qui voit clair dans mon jeu de « Wonder Woman wannabe » et qui me rappelle qu’on est ensemble là-dedans, ma santé mentale serait KO depuis longtemps, comme pour beaucoup d’autres de mes collègues qui sont tombés au combat avant moi.

Donc, aujourd’hui, je dis merci à tous les bénévoles et les employés du communautaire, qui jour après jour, font des miracles et de la magie avec moi. Merci à vous qui croyez en ce que nous faisons et qui y participez en temps, en argent ou même en pensées. Merci de vous battre face à l’injustice et à l’insécurité. Sans vous, le financement du gouvernement ne répondrait qu’à une fraction des besoins de la communauté et du communautaire.

Je ne dirai pas merci au gouvernement. Je vais plutôt enfiler mes gants de boxe et lui dire #deKOàOK. @FrancoisLegaultPremierMinistre, arrêtez de voir le communautaire comme une ressource temporaire, arrêtez de croire que « tout va bien aller », parce qu’on est loin passé le stade des lunettes roses. Il est temps d’investir sur le terrain et de reconstruire notre filet social. Arrêtez de nous enfoncer, c’est plutôt à votre tour de nous aider à nous relever et de travailler avec nous, pas contre nous.

Claudia Belzile

Directrice générale

Centre d’action bénévole Valcourt et Région

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