En 1985 le Centre d’aide aux entreprises (CAE) du Val-Saint-François voyait le jour. Quarante ans plus tard, quel bilan fait-on du rôle de cet organismes pour les entreprises de la région?
Créé pour aider les collectivités
Il y a quatre décennies, la création de cette entité répondait à un besoin criant de soutenir la vitalité des régions, dans un contexte économique difficile.
«En 1985, le Canada sortait d’une épouvantable récession. Où les taux d’intérêt étaient très élevés [environ 12 % pour les hypothèques]. Le gouvernement canadien a voulu mettre en place de petites unités qui aideraient à financer des projets entrepreneuriaux. Parce qu’à cette époque, si une personne allait voir une banque pour démarrer son entreprise, son projet était souvent refusé. C’est ainsi qu’ont été créés les centres d’aide aux entreprises. Pour aider les collectivités», raconte Marc Ducharme, directeur général du CAE du Val-Saint-François depuis 2011.
Selon lui, il était plus difficile, dans les années 1980, de stimuler l’économie hors des grands centres urbains. Une organisation comme la sienne aura donc permis, et permet encore aujourd’hui, de contrer la dévitalisation des collectivités.
«Une petite organisation comme la nôtre permet de financer des projets d’entreprise qui n’auraient pas voir le jour autrement», souligne-t-il.

Objectif : contrer la dévitalisation
Ce soutien des communautés locales est au cœur des préoccupations de l’équipe du CAE. Pour Marc Ducharme, l’une des clés est, entre autres, d’appuyer l’activité commerciale.
«Quand un milieu perd ses commerces de proximité, c’est là que la dévitalisation commence. Nos actions visent justement à contrer cette dévitalisation. En travaillant sur de petits projets dans les collectivités rurales, ça permet de maintenir un certain dynamisme dans une localité et de garder sa population», croit-il.
L’offre de service du CAE s’articule autour de quatre grands thèmes : accompagnement, boites à outils, développement et financement. L’an dernier, le CAE a ainsi réalisé 53 interventions d’aide technique. «Ce sont parfois des interventions rapides. D’autres sont à plus long terme. Ça dépend tout le temps du besoin de l’entrepreneur», signale Marc Ducharme.
Plus de 28M$ investis et 6937 emplois sauvegardés
Parmi cette diversité de services, le financement de projets de développement économique est l’un des les plus connus. En 40 ans, le CAE a su faire fructifier de belle façon les fonds investis par le gouvernement canadien dans les années 1980.
«Bien que nous ayons perdu l’argent de certains prêts, en général, les entrepreneurs ont remboursés leur prêt. Ce qui nous a permis de réinvestir cet argent dans d’autres entreprises du territoire. De telle sorte que notre portefeuille de nos fonds d’investissement se situe présentement à environ 3,8 millions de dollars.
Au total, le CAE a investi 28,6 M$ dans la région en 40 ans. Ce qui correspond à des investissements totaux, qui incluent la part des entreprises, à 161,1M$. Ces actions ont permis de créer ou de sauvegarder environ 6937 emplois.

Collaboration avec d’autres acteurs
Pour réussir sa mission de stimuler le développement économique de la région, l’équipe du CAE collabore avec différents acteurs du milieu des affaires, dont Développement Val-Saint-François. Qui relève de la MRC. «Les deux équipes s’entendent très bien et nous organisons des rencontres sur une base hebdomadaire», indique Marc Ducharme.
Le gestionnaire prend l’exemple d’une personne qui voudrait racheter une entreprise dans le Val. «Dans tout projet de ce genre, l’acquéreur doit avoir une mise de fonds. Mais il n’a pas la totalité du montant. Le Centre d’aide aux entreprises travaille alors en partenariat avec Développement Val-Saint-François pour déterminer comment nos deux organisations pourraient soutenir financièrement cette acquisition. Nous avons chacun différents fonds pour ce faire. Par exemple, au CAE, nous offrons un Fonds relève. Qui permet de prêter un montant pouvant aller jusqu’à 25 000 $ sans intérêt pendant deux ans.»
«Nous essayons d’être flexibles»
Une organisation comme celle-là a d’ailleurs un degré de tolérance au risque différent de celui d’une institution financière.
«Quand une entreprise va moins bien, elle peut avoir de la pression pour se faire rembourser. De notre côté, nous essayons d’être flexibles pour trouver des solutions avec l’entrepreneur pour l’aider à poursuivre ses activités. Ceux-ci l’apprécient beaucoup parce que ça leur permet de continuer les opérations et d’éventuellement sortir la tête hors de l’eau.»
Viser moins de paperasse
Marc Ducharme dit avoir à cœur de faciliter la vie aux gens d’affaires, déjà bien occupé par la gestion de leur entreprise.
«Nous accompagnons les entrepreneurs pour que leur projet se réalise. Tout en faisant en sorte qu’ils n’aient pas à s’occuper de plein de paperasse. Nous les prenons en charge. En contrepartie, ils doivent trouver du temps pour nous donner toutes les informations.»
Ce rôle personnalisé d’accompagnement vient parfois avec son revers. Celui de parfois mettre des entrepreneurs face à certaines réalités. «Il arrive qu’on est obligé de dire à un entrepreneur : tu vois trop gros. Certains n’aiment pas ça. Mais ça fait partie de notre travail.»
Le directeur général mentionne que plusieurs entreprises ont fait connaître publiquement leur satisfaction pour les services reçus. C’est le cas, par exemple, de Cordé électrique (Maricourt) et de Sojà d’ici (Racine). Ou encore de Pièces d’auto Richmond, qui a livré son témoignage par le biais d’une capsule vidéo.

Améliorer le réseau de contacts des gens d’affaires
Les actions du CAE visent de même à tisser des liens entre les entrepreneurs. Qui, dans certains cas, peuvent mener à des collaborations d’affaires. « Avec nos activités, nous essayons d’attirer les entrepreneurs pour qu’ils en rencontrent d’autres et améliorent leur réseau de contacts.»
À cet égard, le CAE appuie l’initiative de la Table de la main-d’œuvre du Val-Saint-François pour mettre en œuvre la huitième édition de l’activité «Performance PME» qui a eu lieu le 22 octobre prochain.
De même, pour son 40e anniversaire, le CAE a invité un conférencier de renom : l’homme d’affaires Luc Poirier, principalement actif dans le domaine de l’immobilier. Davantage médiatisé récemment par le biais de la série documentaire «Luc, le milliardaire?» diffusée sur Crave.
Cette conférence, intitulée «Voir grand : leçon de vie, d’affaires et de liberté», sera offerte en marge de l’assemblée annuelle du CAE qui aura lieu le mercredi 5 novembre prochain à Valcourt.
«Il y a encore de la dévitalisation»
La situation s’est-elle améliorée dans le Val depuis 40 ans? Oui, répond le directeur général, avec certains bémols. «Il y a encore de la dévitalisation dans nos communautés. Mais elles travaillent très fort pour essayer de conserver leur dynamisme.»
Et qu’en est-il des impacts sur les entreprises, avec tout ce qui se passe aux États-Unis?
«Le marché de certaines entreprises est affecté. Certains doivent essayer de diversifier leur marché, avec la nouvelle philosophie du gouvernement américain d’imposer des tarifs élevés. Nos entrepreneurs savent qu’ils doivent chercher ailleurs. Ça crée de l’incertitude et ça a un impact sur l’économie. Certaines personnes qui voulaient investir ont mis la pédale douce sur leurs projets. Ça va prendre plus de temps pour les mener à terme.»
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