Vis sans fin, arbres à cannelures, engrenages à dents droites… Toutes ces pièces métalliques vont continuer d’être fabriquées à Richmond, de façon plus efficace. L’entreprise Engrenages spécialisés annonce un investissement de 1,3 M$ pour acquérir trois machines qui vont augmenter sa capacité de production.
Cet atelier d’usinage, fondé en 1999, fournit des pièces à des équipementiers principalement situés au Québec. Mais aussi dans d’autres pays, comme aux États-Unis et en Italie. Ce projet permettra à l’entreprise de réduire d’environ 25 % son temps de fabrication et de montage. «Nous pourrons ainsi mieux répondre aux exigences de nos clients», résume Christian Noël, président des Engrenages spécialisés.
Il ajoute :
«Ce qui nous démarque des ateliers d’usinage qu’on retrouve à tous les coins de rue, c’est que nous avons l’expertise et des machines pour fabriquer nous-mêmes des pièces spécialisées. Des engrenages avec différentes sortes de dents. Ce n’est pas tout le monde qui fait ça.»
Pièces complexes fabriquées à partir de simple métal
Les pièces de l’entreprise se retrouvent, par exemple, dans des équipements agricoles ou encore dans des équipements de levage, qui nécessitent de tels engrenages. «Nous avons aussi des clients dans le secteur de l’énergie. Qui, ces temps-ci, est en ébullition», pointe avec fierté Christian Noël.
Lors de l’annonce, l’entrepreneur a illustré le processus de fabrication en montrant aux dignitaires présents une simple barre de métal. «C’est à partir de ça que nous fabriquons ensuite des engrenages», a-t-il tenu à rappeler.

Appui du gouvernement du Québec
Le gouvernement du Québec, par le biais d’Investissement Québec, appuie ce projet avec un soutien financier sous la forme d’un prêt de 675 000 $, dont 337 500 $ issus du programme ESSOR. «Cet investissement permettra aux Engrenages spécialisés d’optimiser leurs activités et de renforcer leur rôle stratégique», déclare Christine Fréchette, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie.
Le député de Richmond, André Bachand, se réjouit lui aussi de cette annonce.
«L’entreprise Engrenages spécialisés fait partie des PME manufacturières qui participent pleinement à la vitalité économique de l’Estrie. Depuis plus de vingt-cinq ans déjà, elle développe une expertise reconnue dans la production et l’assemblage d’engrenages de haute qualité. Ce qui fait la fierté de Richmond! Nous sommes donc heureux de l’appuyer aujourd’hui dans cette nouvelle étape de son parcours.»

«Je n’avais pas une cenne»
Cet ingénieur mécanique a racheté l’entreprise en 2009, alors qu’il ne connaissait rien à ce domaine. Un coup de dé, mais bien planifié. «Je cherchais une entreprise dans le manufacturier. Ça aurait pu être dans un autre secteur, mais il y avait une opportunité à saisir ici, à Richmond. Ça m’a donc intéressé. Je n’avais pas une «cenne», alors j’ai fait un montage financier pour que ça fonctionne.»
Seize ans plus tard, Christian Noël peut s’enorgueillir d’avoir réussi son pari. L’entreprise est désormais reconnue pour une expertise qui la distingue.
«Nous avons des machines que d’autres n’ont pas, ce qui donne à nos produits une valeur ajoutée. Ça permet de nous démarquer dans un marché très compétitif. De même, certains de nos clients ont besoin qu’on crée des produits un peu «capotés». Ce qui nous motive, car ce sont de belles pièces à fabriquer.»
L’entreprise ne comptait que quatre employés lors du rachat en 2009. Elle en compte maintenant 30. «Nous évoluons avec nos clients. Dont certains sont avec nous depuis plusieurs années. Par exemple, nous pouvons concevoir des prototypes pour des entreprises en démarrage. Lorsqu’elles grossissent, ça nécessite de plus grands volumes. Alors nous suivons la parade en achetant des machines et en embauchant du personnel.»

Des investissements aux deux ou trois ans
Depuis qu’il s’est porté acquéreur d’Engrenages spécialisés, Christian Noël a toujours eu à cœur d’améliorer la productivité. «Depuis 2010, je fais des investissements aux deux ou trois ans. Ce qui fait que nous avons plusieurs équipements qui nous permettent de réaliser toutes les opérations à l’interne, sans avoir besoin de sous-traitance. Sauf pour le traitement thermique.»
Bien que son entreprise ait acquis de nombreux équipements au fil des ans, Christian Noël ne pense pas se diriger vers davantage d’automatisation.
«Nous fabriquons beaucoup de petits lots. Ce qui fait que ce serait plus difficile de mettre des robots. Ça nous demanderait aussi du personnel plus qualifié et du temps pour calibrer les machines. Peut-être qu’on devra en venir là un jour. Mais j’aime mieux investir dans des machines plus performantes et de concevoir des postes de travail plus performants. Pour augmenter notre productivité, sans nécessairement en demander plus aux employés.»

Peu affectée par ce qui se passe aux États-Unis
L’entreprise est-elle affectée par ce qui se passe au sud de la frontière canadienne?
«Au printemps, nous avons eu de petites baisses. Probablement dues à ce qui se passe aux États-Unis. Mais nos gros clients demeurent forts. Par contre, ce qu’on remarque, c’est que des clients commencent à faire des commandes à la dernière minute. Ils veulent avoir ça plus rapidement. Aussi, avec l’incertitude, les volumes sont moins grands.»
À ce propos, Christian Noël se fait philosophe. «C’est un peu comme avec la pandémie. Il faut apprendre à vivre avec ça et essayer de sortir de là.»
Défi : recruter des employés
Comme dans d’autres secteurs, l’entreprise fait face à une rareté de main-d’œuvre. En ce moment, l’entreprise cherche à embaucher des machinistes conventionnels, des machinistes CNC et des opérateurs de machines-outils.

Pour faire face à cette pénurie, l’entreprise doit recruter, depuis huit ans, des personnes immigrantes en provenance des Philippines et de la Colombie. Engrenages spécialisés a aussi des liens avec le Centre de formation professionnelle EXPÉ, à Val-des-Sources, qui offre une formation en usinage.
«Actuellement, je crois qu’ils ont seulement sept étudiants. Ce n’est pas beaucoup. Il y a peu de jeunes qui étudient dans ce domaine en ce moment. C’est méconnu, d’après moi. Alors que ça peut être motivant de fabriquer des pièces.»
Christian Noël apprécie le fait qu’il compte cet été dans son équipe un jeune de la région. «Il est très bon. On va le supporter pour qu’il finisse son cours et qu’on puisse l’embaucher après.»
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