.
{acf_vo_headline}

J’hésitais entre deux titres. Je vous laisse choisir. D’un côté, la démocratie qui en prend pour son rhume à travers le monde et, de l’autre, les occasions de me sentir vieilli qui ne manquent pas. C’est même l’abondance. En premier lieu, je réalise être assez dérangé par le virage à droite que prennent nombre de pays à travers le monde. D’autre part, je dois me rendre à l’évidence, le cumul de mes années de vie ont fait de moi un vieil aîné, un grand vieillard, un vieux-vieux, ou encore une personne du quatrième âge. Les suggestions de l’Office québécois de langue française sont généreuses. Peu importe le mot retenu, le constat est le même. Si jamais je devais me rendre à 95 ans, âge qualifié d’extrême, j’aurai droit au titre de longévité, « je serais un longévite »! La langue française est millionnaire aimait dire un de mes profs de français. Quelle affaire ! Sans cette panoplie de mots pour qualifier ma tranche de vie, je ne me sentirais pas si vieux. Il n’y a rien à faire, rien à dire, je suis une personne âgée.

Trêve de balivernes. Je suis inquiet devant la montée de l’idéologie de droite. Un bref parcours de ce qui se publie sur le sujet est sans appel. Le nombre de pays prétendument démocratiques, mais dont les choix politiques tendent vers la droite, ne cesse d’augmenter. C’est notamment le cas en Europe et en Amérique du Sud.

L’Amérique du Nord n’échappe pas vraiment à cette tendance dans la mesure où nos voisins du Sud ne savent plus trop comment se sortir du mouvement MAGA. En raison de ses dérives à l’international, tant économiques que militaires, ce mouvement n’est pas le meilleur modèle de démocratie, il s’en faut. À en juger par les échos médiatiques qui nous parviennent, nombreux sont les citoyens américains qui, au quotidien, en paient le prix. Et encore beaucoup plus près de nous, la récente performance du Parti conservateur du Québec lors de la toute récente élection provinciale permet de croire que nous sommes aussi touchés par cette mouvance bien qu’à un degré infiniment moindre et d’une manière voulue constructive. Histoire à suivre !

Quant aux visées expansionnistes de la Chine et de la Russie, elles n’ont rien pour apaiser. Non plus que celles de Trump … ou de Musk, bien sûr !

Une compilation maison, qui n’a rien d’exhaustif ni de scientifique, m’a néanmoins permis de calmer un peu mes inquiétudes. Il est difficile d’établir un lien direct entre la fréquence des guerres et la nature du régime politique. On observe toutefois que les continents d’Asie et d’Afrique sont à la fois ceux qui sont les plus peuplés et ceux où l’on retrouve le plus de guerres et le plus de régimes à dominance autoritaire. Peut-on faire l’hypothèse qu’au-delà d’une certaine densité de population, un régime démocratique n’est plus approprié ? La question est certes plus complexe. La richesse d’un pays et le partage qu’on en fait, son histoire, la culture de sa population, son niveau d’éducation et sa dispersion sur un territoire sont autant d’éléments qui influent sur son modèle politique.

Sur un autre registre, on observe qu’en 2026, 42 pays représentant 48 % de la population mondiale sont en guerre. C’est 3,9 milliards de personnes qui sont plus ou moins directement concernées. On compte 130 conflits armés, soit plus du double de la situation qui prévalait il y a 15 ans. On en dénombre 28 en Afrique, 17 en Asie et, si on tient compte de la guerre en Ukraine initiée par la Russie, il faut en additionner 3 en Europe.

S’ajoutent à cela les bouleversements civilisationnels, notamment attribuables à la révolution technologique, à l’invasion de l’internet dont on ne peut plus se passer, à l’omniprésence de l’infonuagique et à l’émergence de l’Intelligence artificielle. Il semble bien que la table soit mise pour qu’émerge un saut civilisationnel dont il est difficile d’imaginer l’ampleur et les conséquences.

Je crois bien, et l’espère en secret, que je ne vivrai pas assez vieux pour être témoin de ces bouleversements.

Alors, il me reste le temps qui courre encore, avec ses hauts et ses bas, ses petits et ses grands bonheurs et mes humeurs changeantes, tantôt euthymique 1 (C’est tout à fait moi…) tantôt dysphorique2 (Je crains bien que ce ne soit encore un peu moi, à l’occasion, mais à l’occasion seulement !) et parfois irritable, mais si peu 3. Le monde est tellement mal géré ! Et si je grogne encore, c’est le moins souvent possible. La vie est trop courte. Et il me reste toujours l’affection de ma grande et de ma douce, ce n’est pas rien.

1 Euthymique : humeur normale et équilibrée.
2 Dysphorique : tonalité désagréable, souvent marquée par de la tristesse, de l’anxiété ou de l’irritabilité.
3 J’ai ici été aidé par l’intelligence artificielle, mais seulement pour le choix des mots !

Lire la chronique précédente

Laisser un commentaire

Oui SVP, inscrivez-moi à l'infolettre du Val-Ouest pour recevoir un lien vers les nouveaux articles chaque semaine!

À lire aussi