photo : Sébastien Michon, Le Val-Ouest
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Après 33 ans de service auprès de la communauté, Marie-Josée Voisine, directrice générale du Centre d’action bénévole (CAB) de Richmond, tire sa révérence. Elle laisse la place à Stéphane Lambert.

« Nous sommes parties de la base »

« J’ai d’abord été ajointe à la direction de 1991 à 1997. Puis directrice du CAB par la suite », mentionne d’emblée Marie-Josée Voisine.

L’organisme, fondé en 1980, n’offrait toutefois pas beaucoup de services à l’époque.

«À mon arrivée en poste, il n’y avait pas d’ordinateurs et l’organisme n’était pas très connu. Nous sommes parties de la base.»

Elle précise qu’elle utilise le « nous » parce qu’elle pouvait compter sur le précieux soutien de sa collègue Louise Bédard. Qui a quitté l’organisme il y a environ deux ans. « Nous avons bâti le CAB ensemble », fait-elle savoir.

Évolution de l’organisme

En 33 ans, Marie-Josée Voisine a pu voir évoluer de belle façon son organisme. Plusieurs services se sont ajoutés au fil du temps. Et le CAB a bonifié son offre quant aux services existants. Comme par exemple ceux de la popote roulante « Il y a 30 ans, nous offrions des repas deux jours par semaine. Aujourd’hui, c’est cinq jours. En plus des repas congelés. Environ une dizaines de personnes en profitaient alors qu’aujourd’hui, c’est plus de 60 personnes par jour. C’est toute une différence », expose-t-elle.

Elle souligne aussi la progression du service d’accompagnement-transport. Qui vise à permettre aux personnes de 65 ans et plus ou aux prestataires d’aide sociale de se rendre à leurs rendez-vous médicaux. Et, dans certains cas, d’aider les aînés à faire quelques commissions. « Nous en faisions environ une dizaine par année. Maintenant, c’est plus de 100 », dit-elle.

Le CAB de Richmond offre aujourd’hui des repas cinq jours par semaine à environ une soixantaine de personnes.  (photo : CAB Richmond)

Davantage connu de la population

Comment explique-t-elle cette évolution? Entre autres par le fait que les besoins sont grandissants et que la clientèle connait davantage la quinzaine de services offerts. Une clientèle en provenance de Richmond, mais aussi du Canton de Melbourne, d’Ulverton, de Kingsbury et de Cleveland.

Ces services vont au-delà de ceux plus connus, comme la popote roulante ou l’accompagnement-transport. Le CAB offre des rencontres pour les aînés, l’urgence-écoute, la clinique d’impôts, l’Écrimots (alphabétisation populaire) ou encore le Café réseau, une clinique d’aide à l’utilisation d’appareils électroniques.

L’ex-directrice raconte qu’il est arrivé des situations où l’organisme a offert des services hors de son territoire habituel. « Nous avons aussi desservi des clients à Saint-Félix-de-Kingsey et à Durham-Sud. Parce qu’il y avait des besoins urgents. Des bénévoles, qui habitent ces municipalités, ont pu nous aider. »

Levée de fonds pour la popote roulante

Marie-Josée Voisine se rappelle une activité qui a eu, ces dernières années, un impact positif pour son organisme. « Nous avons organisé une levée de fonds. Qui a permis d’amasser plus de 35 000 $ pour acheter des appareils commerciaux pour la popote roulante. »

Activités de financement

Le financement adéquat de l’organisme a d’ailleurs constamment été dans sa ligne de mire. Celle-ci a mis en place des activités qui viennent compléter le financement de l’organisme. Comme la participation à l’un des Vendredis en folie organisé par la Ville de Richmond. Des spectacles en plein air dont les profits sont remis à un organisme de la communauté.  Ainsi que la vente de desserts (juin) ou de sucre à la crème (avant les Fêtes).

Elle tient à mentionner le fait que certains bénévoles, en plus d’offrir de leur temps, offrent parfois des dons au CAB. « C’est très généreux de leur part. »

Les profits générés par les Vendredis en folie, organisés pendant l’été par la ville de Richmond, permettent à des organismes comme le CAB d’aller chercher du financement supplémentaire.  (photo : Laurent Frey)

Déplacement du CAB au rez-de-chaussée

Un autre événement marquant est le déplacement du CAB au rez-de-chaussée de l’ancien Couvent Mont Saint-Patrice. Un édifice patrimonial qui, en plus du CAB, abrite plusieurs organismes, le Centre d’arts de Richmond et le Café du Couvent.

« Nous étions au deuxième étage. Il a fallu réaménager des locaux au premier, avec peu d’argent. Ça a été tout un défi de trouver des personnes qui ont voulu nous aider bénévolement. »

Elle se dit bien fière de ce déménagement, qui a permis une meilleure accessibilité aux locaux, autant pour les bénévoles que pour la clientèle.

Le déplacement du CAB au rez-de-chaussée de l’ancien couvent de Richmond a permis une meilleure accessibilité pour la clientèle et les bénévoles.  (photo : Sébastien Michon, Le Val-Ouest)

Travail avec les autres CAB

L’une des particularités de la région du Val-Saint-François est de pouvoir compter sur trois CAB. Marie-Line Briand, qui était à la tête du CAB de Valcourt jusqu’en 2021, se souvient de la collaboration avec sa consoeur de Richmond.

«Marie-Josée Voisine est une personne terre à terre. Avec laquelle c’était facile de travailler. Lorsque l’occasion se présentait, c’était aussi une boute-en-train qui faisait des blagues pour nous faire rire.»

Marie-Line Briand, qui a elle aussi travaillé une trentaine d’années pour sa communauté, dit qu’elle lève son chapeau à la directrice de Richmond.

Liens avec la commnauté

Marie-Josée Voisine a su tisser des liens avec la communauté, les autres organismes, les municipalités et le bureau du député.

«C’est une personne fidèle au poste. Reconnue pour son grand sens de l’écoute. Une cheffe d’orchestre qui a un grand sens d’humanisme. Elle laisse en héritage un organisme reconnu pour offrir des activités de qualité qui sont très populaires et appréciées par les bénévoles, l’équipe et la population»,

témoigne Diego Scalzo, directeur de la Corporation de développement communautaire du Val-Saint-François.

« Elle s’est toujours impliquée »

Même son de cloche positif de la part de son équipe de travail. Qui a souligné son départ lors d’une fête à laquelle ont participé 45 personnes.

«Marie-Josée s’est toujours impliquée à tous les niveaux. Aussi à l’aise avec la gestion des dossiers comptables que de travailler à la cuisine. Elle a exercé une influence positive et rassurante pour le CAB»,

souligne, au nom de ses collègues, Julie Miller, agente de développement.

Le mercredi 4 septembre dernier, des bénévoles, des membres de la communauté et le personnel du CAB ont rendu hommage à Marie-Josée Voisine pour ses années de service.  (crédit : CAB Richmond)

Une équipe qui a pris de l’ampleur

Marie-Josée Voisine est fière de son équipe qui a pris de l’ampleur au fil des années. « Lorsque j’ai pris le poste de direction, nous n’étions que deux. Aujourd’hui, nous pouvons compter sur sept employés et une centaine de bénévoles. »

Départ et embauche d’un nouveau directeur

L’ex-gestionnaire, qui aura 65 ans cet automne, a senti que le temps était venu pour elle de passer à autre chose. En août dernier, l’organisme a embauché Stéphane Lambert comme nouveau directeur. Marie-Josée Voisine offrira ses services à la comptabilité pour quelques mois. Le temps que la transition se fasse de façon harmonieuse. Pour ensuite prendre sa retraite.

Stéphane Lambert a désormais pris les rennes du CAB de Richmond à titre de directeur général.  (photo : Sébastien Michon, Le Val-Ouest)

« Je pars avec beaucoup de reconnaissance »

Avec quoi part-telle? «Avec beaucoup de fatigue! (rires) Mais aussi avec beaucoup de reconnaissance vis-à-vis des bénévoles et de l’équipe de travail.»

Quelle sera la suite?

« Pour la première année beaucoup de repos. Mais ensuite, j’aimerais travailler dans l’aide humanitaire. À aider des gens d’ici qui ont moins de sous ou qui ont besoin d’aide pour s’alimenter. Par exemple auprès d’un organisme comme les Tabliers en folie. J’aime l’entraide et ça me parle beaucoup. »

Elle aimerait aussi prendre un peu plus de temps pour faire de l’activité physique, lire et s’adonner à l’art, dont la peinture. « Je vais pouvoir faire toutes sortes de choses pour lesquelles je suis trop fatiguée, en ce moment. »

 

À LIRE AUSSI dans Le Val-Ouest :

30 ans d’implication communautaire de Marie-Line Briand (juin 2023)

« J’apprends beaucoup des aînés que je côtoie » (juin 2023)

 

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