Des Stokoises et Stokois se mobilisent autour d’un ambitieux projet : acquérir, préserver et rendre publiquement accessible le site de l’ancien camp St-Pat’s, sur le bord du lac Stoke. Pour ce faire, ils souhaitent amasser 250 000 $ d’ici le 15 décembre prochain.
Le processus d’acquisition des lieux est bien en selle et a été présenté lors d’une soirée d’information qui se tenait à Stoke le 15 octobre dernier.
On y a appris que l’offre d’achat a été acceptée et devrait être signée sous peu. L’offre est toutefois conditionnelle à l’obtention du financement d’ici décembre. L’appui financier de la communauté sera donc essentiel pour que cet achat puisse se réaliser.
Trois acheteurs conjoints
Le terrain de 187 acres (75 hectares) serait conjointement acheté par des fonds en provenance de trois acheteurs : la Municipalité de Stoke, Nature Cantons-de-l’Est ainsi que la Corporation de développement socio-économique de Stoke. C’est la portion financière de cette dernière entité qui fait présentement l’objet d’une campagne de sociofinancement pour amasser les fonds nécessaires.

D’où vient ce projet?
Rappelons que l’actuel propriétaire des lieux est la Fondation Papillon. Qui, en 2016, avait acquis ce site qui était auparavant la propriété, depuis 1948, de la St-Patrick’s Academy Old Boys Association.
Cette organisation souhaitait y aménager un centre d’initiation et de pratique de sports et d’activités paralympiques destinées aux personnes handicapées. Pour ce faire, elle a démoli les bâtiments vétustes qui se trouvaient sur les lieux.
N’ayant pas été en mesure de s’entendre avec la municipalité de Stoke, la Fondation avait décidé de mettre en vente la propriété au coût de 1,8 M$.

Le conseil municipal de Stoke avait alors décrété l’imposition d’une réserve pour fins publiques sur le terrain. Pour lui permettre de légalement bénéficier d’une période de deux ans pour étudier le projet et sonder la population sur la possibilité d’acquérir les lieux.
«La Municipalité de Stoke s’intéresse depuis longtemps à ce site. Depuis plusieurs années, nous étions en pourparlers avec la Fondation Papillon afin de convenir d’un partenariat pour offrir un accès à la population. Malheureusement, les négociations se sont interrompues abruptement et la mise en vente du terrain a mis en péril nos aspirations. Le Conseil s’est donc mis à réfléchir à ses options. La possibilité d’imposer une réserve pour se donner le temps de définir notre projet et de le présenter à la population s’est présentée», avait mentionné à ce moment Luc Cayer, maire de Stoke.

Avril 2025 : consultation citoyenne et mise en place d’un comité
En avril 2025, la municipalité a organisé une consultation citoyenne pour connaître l’intérêt de la population. Les citoyennes et citoyens présents se sont dits en faveur de l’acquisition du terrain, tout en s’interrogeant sur les conséquences sur leur compte de taxes municipales.
À la suite de cette rencontre, on a mis en place un comité ad hoc pour travailler concrètement sur ce dossier et présenter une vision. Celui-ci est composé d’une représentante de la Corporation de développement socio-économique de Stoke, de huit citoyens et de deux élus.
Ce comité souhaite permettre aux citoyennes et citoyens d’avoir un accès public au lac Stoke. Tout en protégeant un riche écosystème et en sauvegardant un lieu porteur d’histoire pour cette localité.

Octobre 2025 : vision et actions
Depuis quelques mois, les responsables de ce comité ont ainsi travaillé d’arrache-pied pour poser une série d’actions visant l’achat de ce terrain : montage financier, recherche de partenaires, négociation de la vente, mandat d’arpentage, etc.
Le comité a par exemple pu s’entendre avec Excavation Charles Grenier, qui opérait une carrière sur les lieux. Cet exploitant avait la possibilité d’exercer un droit de refus pour cette vente. Celui-ci a décidé de lever ce droit, pour permettre que ce projet communautaire voie le jour. Les membres du comité ont profité de la séance d’information pour publiquement le remercier.
À ce propos, on a clairement fait savoir que si l’achat avait lieu, la carrière ne serait plus en exploitation. Une partie sera reboisée et une autre pourrait possiblement servir pour des athlètes de biathlon.

Des appuis de taille
Les trois principaux partenaires reçoivent actuellement d’importants appuis dans leurs démarches. Le directeur général de la Caisse Desjardins du Haut-Saint-François, Daniel Lamoureux, a annoncé une contribution de 150 000 $ en provenance du Fonds du Grand Mouvement de Desjardins.
«Ce projet est bien plus qu’une acquisition de terrain. C’est une initiative porteuse qui unit des organismes engagés autour d’une même ambition : protéger un milieu naturel exceptionnel, tout en le rendant accessible à la communauté. En nous unissant pour préserver ce site, nous faisons le choix de conserver un patrimoine culturel et communautaire. Un témoin de l’histoire collective de notre région. Nous protégeons aussi des forêts matures, des zones humides, une faune diversifiée et les berges d’un lac sensible. Tout en freinant la fragmentation du territoire», a mentionné le gestionnaire de Desjardins.

De même, on a appris que la Fondation canadienne des Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus offrait de son côté un don de 150 000 $.
«Ça prend la mobilisation d’une communauté»
La députée libérale de Compton-Stanstead, Marianne Dandurand, a pris la parole pour faire elle aussi connaître son appui.
«Le Canada souhaite que 30 % des terres soient protégées d’ici 2030. Ce qui est particulièrement difficile à réaliser dans les Cantons de l’Est parce que 95 % des terres sont privées. Une initiative comme la vôtre est exceptionnelle et peut contribuer à cet objectif-là. Pour arriver à de tels résultats, ça prend la mobilisation d’une communauté. C’est beau de voir ce que vous êtes en train de faire.»
Sans faire d’annonce concrète, la députée a mentionné que des discussions étaient en cours avec le comité et qu’elles devraient s’accentuer au cours des prochains mois. «On a hâte de pouvoir appuyer ce très beau projet», a-t-elle dit au public.

Peu d’impacts sur les taxes municipales
Le projet, sous sa forme actuelle, diffère de la présentation initiale d’avril dernier. D’une part, les appuis sont beaucoup plus nombreux et diversifiés. D’autre part, le comité ne souhaite pas, pour le moment, réaliser d’importantes constructions sur les lieux. Ce qui fera en sorte que l’impact financier devrait être moindre pour la Municipalité de Stoke.
«L’entretien va nécessiter moins d’investissements et beaucoup moins de travail que ce qui avait été présenté en avril. Ce qui fait que l’engagement récurrent de la municipalité sera minime. C’est tout à fait possible que l’entretien soit fait à peu de frais, si ce n’est à coût nul. De même, le montant qui correspond à la contribution financière de la municipalité pour l’acquisition d’un terrain, ce n’est pas uniquement une dépense, c’est un investissement», a mentionné l’un des membres du comité.

«C’est incroyable tout le travail que vous avez abattu»
La campagne électorale municipale s’est invitée lors de la soirée. Trois des quatre aspirants à la mairie étaient présents sur place. L’un des candidats, Étienne-Alexis Boucher, a profité de la période de questions pour prendre publiquement la parole. Celui-ci a été le seul candidat à poser ce geste.
«C’est incroyable tout le travail que vous avez abattu en quelques semaines. Et ce, pendant l’été. Je vous en félicite. Au départ, ce n’était pas évident que la municipalité allait embarquer. Finalement, ils ont embarqué à pieds joints. Sans leur aide, il n’y aurait pas eu de comité ad hoc. Vous pouvez être convaincu que si j’ai le bonheur d’être élu aux prochaines élections, cette collaboration municipale va non seulement se maintenir, mais même augmenter», a-t-il promis.

En marge de cette activité publique, un autre prétendant à la mairie, Daniel Dodier, a lui aussi démontré son enthousiasme vis-à-vis de ce dossier.
«J’ai eu des rencontres privées avec la Corporation pour voir comment leur apporter mon soutien. De même, je suis en pourparlers actuellement avec des entrepreneurs de la région pour les solliciter et trouver les sommes manquantes qui sont nécessaires», a-t-il confié au Val-Ouest.
L’argent de la vente destinée aux personnes handicapées
La vente de cette propriété pourrait non seulement profiter à la communauté de Stoke, mais il est possible qu’elle ait aussi des impacts positifs pour des personnes handicapées.
Lors d’une entrevue accordée en 2021 au journaliste Martin Pelletier du FM 107,7, Jean R. Fabi, de la Fondation Papillon, a mentionné que l’argent de la vente du site pourrait être utilisé pour bâtir à Montréal un lieu pour accueillir des personnes handicapées entre 18 et 35 ans. Qui se nommerait la Résidence Sainte-Anne.
Objectif : 250 000 $ d’ici le 15 décembre
Stéphane Tanguay, directeur de Nature Cantons-de-l’Est, a profité de sa présence pour mentionner que son organisme a accès à des fonds de plusieurs centaines de milliers de dollars pour acquérir les lieux. Mais que cet argent ne sera plus disponible après la fin de l’année 2025.
Ce qui fait en sorte que la Corporation de développement socio-économique de Stoke doit trouver 250 000 $ dans la communauté pour compléter le montage financier et permettre l’achat du terrain.

Pour ce faire, le comité met en branle une campagne de sociofinancement par le biais de la plateforme GoFundMe.
Les personnes qui souhaitent faire des dons sans passer par Internet ont aussi la possibilité de faire des chèques au nom de la Corporation et d’aller les remettre au bureau municipal.
Les donateurs et donatrices de plus de 1000 $ peuvent recevoir un reçu pour fin d’impôt.
La progression de cette campagne de financement sera communiquée par le biais d’une page Facebook dédiée. Les membres du comité signalent de ne pas se fier uniquement aux montants affichés sur le site de GoFundMe. Compte tenu que certains appuis financiers proviendront d’autres sources que ce site web.

«C’est notre dernière chance»
«Nous avons mis beaucoup de temps ces derniers mois pour travailler à ce projet. Maintenant, c’est grâce à votre implication qu’il pourrait voir le jour. C’est notre dernière chance. Il ne faut pas qu’on la rate. C’est vraiment important d’en parler, de s’impliquer et de se mobiliser», ont fait savoir les membres du comité au public présent.
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