Comme les autres établissements scolaires du Val-Saint-François, l’Odyssée, à Valcourt, ne s’est pas démarquée au «Palmarès 2025 des écoles secondaires du Québec». Elle a obtenu une note globale de 5,2 sur 10 et s’est classée au 310e rang, sur les 470 écoles du palmarès. Ces chiffres sont toutefois loin de refléter les nombreuses initiatives mises de l’avant par cette institution pour favoriser la réussite éducative de ses élèves.
Rappelons que ce palmarès est publié chaque année par l’Institut Fraser, un groupe de réflexion («think tank») canadien conservateur et de droite. On le retrouvait dans le magazine L’Actualité jusqu’en 2008. Depuis, ce sont le Journal de Montréal et le Journal de Québec qui font connaître les résultats.
Des actions pour la réussite, au-delà du palmarès
Emmanuelle Doré est professeure à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Elle dit accorder moins de valeur à ce palmarès.
«Ce que je vois dans les milieux scolaires est assez différent des résultats. Ce n’est pas parce qu’une école n’est pas dans les premiers rangs du palmarès que l’équipe-école n’est pas engagée envers la réussite. Il y a une grande mobilisation ainsi que des pratiques pédagogiques qui se développent. Mais on ne voit pas nécessairement ça dans le palmarès.»
La professeure constate que ce genre de comparaison, entre les écoles, affecte les milieux scolaires.
«Les gens travaillent très fort et développent toutes sortes d’approches de collaboration interprofessionnelle. Quand ils lisent ça dans le journal, ils ne voient pas les résultats de leurs efforts.»

«L’Odyssée, c’est une grande famille»
Le directeur de l’Odyssée, Ludovick St-Laurent, n’a pas voulu commenter les résultats du palmarès. Au même titre que les autres directions d’écoles du Val-Saint-François. Par contre, il partage avec enthousiasme tout ce que son école déploie pour soutenir ses 304 élèves.
D’emblée, il raconte que lorsqu’il s’est retrouvé en poste à Valcourt, il y a quatre ans, il a été étonné de découvrir son nouveau milieu de travail.
«L’Odyssée, c’est une grande famille. La qualité des membres du personnel est hallucinante. Pour vrai.»
Il illustre son propos en parlant de son équipe-école qui connait les jeunes par leur prénom. Un geste qu’il n’avait vu nulle part ailleurs auparavant.

De futurs «éco-citoyens responsables et engagés»
L’une des particularités de cette école est sa vocation environnementale. Entre autre par son programme Éco Plein-air et son curriculum de formation carboneutre.
La mission que s’est donnée l’Odyssée : faire en sorte que les finissantes et finissants de cinquième secondaire quittent en devenant des «éco-citoyens responsables et engagés».
«Pour sauver l’environnement, nos élèves doivent d’abord le connaître. C’est pourquoi nous combinons des activités de plein air avec, par exemple, des discussions sur les changements climatiques. Pour toujours garder un lien avec l’extérieur», explique l’enseignant Nicolas Busque, l’un des initiateurs de ce programme au sein de l’école.

Un curriculum de formation carboneutre
Pour ce faire, certaines matières, enseignées de la première à la cinquième secondaire, sont «teintées» par de ces valeurs écologiques. Par exemple un cours de sciences où les élèves ont pris des échantillons d’eau du ruisseau Brandy, qui traverse la municipalité. Une action en collaboration avec l’Organisme de bassin versant (OBV) de la Yamaska.

Autre exemple : il y a deux ans, les élèves du programme Éco Plein-air avaient gravi le mont Valcourt. Avec pour objectif de souligner l’importance de l’éducation au don d’organes et de tissus en milieu scolaire. Une activité parrainée par l’organisateur communautaire Michel Benoit, qui travaille pour la Direction de la santé publique de l’Estrie.

On peut aussi penser à l’installation, en 2025, d’un conteneur dans la cour de l’école. Pour le transformer en espace multifonctionnel dédié aux sports et au plein air.

Ou encore le «Noël écolo», organisé avant les Fêtes. Qui visait non seulement à sensibiliser les élèves et le personnel à la réutilisation. Mais aussi à détourner des matières de l’enfouissement et à réduire la surconsommation.

Fier des prouesses sportives
Le directeur se dit aussi très fier des prouesses sportives des élèves.
«Nos élèves compétitionnent face à des écoles qui sont en concentration sports-études. Où les élèves pratiquent leur sport à tous les jours. Ce n’est pas notre cas, et on fait tout de même très bonne figure. Grâce à l’esprit d’équipe, à l’implication et à l’investissement de profs et de bénévoles.»
Le professeur d’éducation physique, Stéphane Bernier, se donne d’ailleurs pour mission de faire connaître les exploits de ses élèves par le biais de textes qu’il publie dans le Val-Ouest.
Un des précieux alliés : Valcourt 2030
Pour Ludovick St-Laurent, la réussite de l’école passe aussi par ses liens avec la communauté.
«Non seulement notre personnel est intensément mobilisé pour le bien-être des élèves, mais il y a aussi une communauté tissée autour de l’école. C’est fantastique!»
L’un des précieux alliés de l’Odyssée est Valcourt 2030. Un organisme qui vise à faire du Grand Valcourt un lieu de vie dynamique. Cette organisation a mis sur pied un comité «Liens écoles et communauté». «L’objectif de ce comité est de mobiliser les différents acteurs du milieu pour mettre en place des projets stimulants et favoriser la réussite éducative», explique Kevin Bombardier, directeur général de Valcourt 2030.
Dès sa fondation, en 2014, l’organisation a ainsi travaillé activement pour aider l’école à obtenir une classe de cinquième secondaire. Ce qui n’était pas le cas auparavant, alors que les élèves devaient se déplacer au Tournesol à Windsor, à plus d’une quarantaine de kilomètres, pour terminer leurs études secondaires.
Le comité a aussi mis en place des projets comme À auteur d’enfant, Lire et faire lire, l’accueil d’étudiants dans le cadre du Trio Desjardins et «Autoportraits du Grand Valcourt de demain». Il a aussi établi des partenariats avec l’Université de Sherbrooke.

«C’est exceptionnel, ce qui se passe ici»
Les liens entre cette école valcourtoise et sa communauté se font aussi par le biais d’autres initiatives. Comme le «Grand rendez-vous des partenaires de l’éducation», organisé avec le soutien de Valcourt 2030, du Carrefour emploi Vision compétences, Val Famille, et Place aux jeunes.
Cet événement annuel, qui se tient dans l’enceinte de l’école, permet de réunir ensemble une vingtaine d’organismes et d’organisations qui veulent soutenir les jeunes : Arrimage Estrie, le Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles Estrie, la Maison des jeunes L’Initiative, le Centre d’action bénévole Valcourt, la Sûreté du Québec, etc.

De même, grâce au partenariat avec l’organisme Val Famille, l’Odyssée et l’école secondaire du Tournesol, à Windsor, peuvent aussi désormais compter sur Nicolas Carmel, un agent de développement communautaire en milieu scolaire. Dont le rôle est justement de poursuivre et de dynamiser ce travail de concertation débuté depuis plusieurs années.

Ludovick St-Laurent, ne tarit pas d’éloges pour cette région qui supporte activement son établissement.
«C’est exceptionnel, ce qui se passe ici. Toute une communauté qui est mobilisée pour soutenir les élèves. »

Liens entre les élus et l’école
L’une des aspirations de cette année est de doter l’école d’un «gouvernement scolaire». Dont le rôle sera légèrement différent d’un conseil étudiant, de par ses fonctions.
«Nous voulons mettre sur pied un organisme qui vise une réelle consultation démocratique des élèves», indique le directeur.
L’un des enseignants de l’école, Dany Boyer, est aussi conseiller municipal à la Ville de Valcourt. Celui-ci est en charge de ce projet. À terme, Ludovick St-Laurent croit que cela permettra à l’école de créer des synergies plus étroites avec la ville.

Les élus participent d’ailleurs déjà, depuis quelques années, à des activités de l’école. Pour créer des liens avec les élèves et les enseignants. Comme le dîner de la rentrée scolaire ou celui organisé avant la période des Fêtes.
«Nous sommes plusieurs élus de la région qui souhaitons être proches des jeunes. L’éducation, c’est important. Nous voulons montrer que les élus soutiennent les élèves. C’est aussi, en même temps, une occasion de rapprochement. Nous voulons que les jeunes sachent qu’ils peuvent communiquer avec nous.», fait savoir Pierre Tétrault, maire de Valcourt.

Ludovick St-Laurent se dit très chanceux d’avoir accès à autant de soutien.
«Comme directeur d’école, ça change ma vie de savoir qu’il y a un milieu soutenant autour des élèves de l’Odyssée. Ça fait toute la différence du monde. Ça a vraiment un impact sur la persévérance scolaire de nos élèves.»
ÉGALEMENT À LIRE dans le Val-Ouest :
Les écoles secondaires du Val, au-delà des chiffres d’un palmarès (1 de 4)
À Richmond, une école qui vise les meilleures pratiques au monde (2 de 4)
À Windsor, une école où on s’investit pour la réussite des élèves (3 de 4)
















1 commentaire
Jacqueline Dépôt Nadeau
Votre reportage sur le milieu scolaire , tous les projets qui sont mis en place pour une meilleure qualité de vie ,de sensibilisation et de responsabilité de notre milieu et j’en passe… avec la collaboration de nos élus municipaux et différents organismes communautaires me rends encore plus fière de notre ville et notre région 💕