Nicolas Proulx
photo : Sébastien Michon - Le Val-Ouest
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Prendre la plume pour raconter, avec une prose ciselée et évocatrice, une vie consacrée aux jeunes enfants. C’est l’objectif que s’est donné Nicolas Proulx avec son livre «Les mémoires d’un éducateur de campagne», publié à compte d’auteur.

Pendant près de 30 ans, ce Racinois a enseigné au préscolaire dans plusieurs écoles du Val-Saint-François, en Estrie, ainsi qu’en Montérégie. Aujourd’hui à la retraite, Nicolas Proulx met en récit ses souvenirs d’enseignant, en parallèle à des événements qui ont ponctué sa vie personnelle et familiale.

L’ouvrage offre une rare incursion dans l’univers intime d’un éducateur de la petite enfance.

«Le temps de l’écriture passe par les moments de vie d’une année scolaire avec un groupe d’enfants. Ce qui permet aux lectrices et aux lecteurs d’entrer avec moi dans la classe», explique-t-il.

Il ajoute : «C’est un livre d’apprentissage. On suit l’histoire d’un jeune homme (moi) qui passe de l’adolescence au début de sa vie adulte. En se mettant à détricoter la trame de ma vie, ça m’a permis de toucher à quelque chose d’intime, à mon essence véritable. Nous avons, chacun d’entre nous, une histoire de vie personnelle qui nous amène à prendre telle ou telle décision, pour se diriger ensuite vers un métier, puis parfois à changer. Ce récit d’un passage a donc une dimension universelle.»

Nicolas Proulx et son livre (2026)
«Les mémoires d’un éducateur de campagne» est le second livre publié à compte d’auteur par le Racinois Nicolas Proulx.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Écrire sur sa vie d’éducateur

Ce projet lui trottait dans la tête depuis plusieurs années. «Ça fait longtemps que je pense à écrire sur ma vie d’éducateur. Avant même de prendre ma retraite. Ma pulsion, derrière ça, c’est le désir de réconcilier deux parties de moi : une partie lumineuse et une partie plus sombre et tourmentée. Ce livre est une forme de reconnaissance et de réconciliation de ce qui m’habite.»

Il croit qu’une rédaction comme celle-là avait besoin de mûrir avant d’être partagée.

«Je vais avoir 60 ans. Je n’aurais jamais pu écrire ce livre dans la vingtaine. Mon écriture n’était pas du tout prête. Elle a eu besoin d’une certaine maturité et de tout ce temps pour devenir meilleure. Cela fait en sorte que je peux écrire sur quelque chose de simple, comme le bonheur que j’ai eu à travailler avec les enfants.»

«J’étais un collègue comme les autres»

Avec «Les mémoires d’un éducateur de campagne», Nicolas Proulx souhaite rendre hommage aux femmes qui ont fait le choix de cette profession. Car ce sont d’abord elles qui embrassent cette vocation, même s’il a côtoyé quelques hommes comme lui au fil de sa carrière.

«Ce sont des éducatrices dévouées. Elles ont une intelligence, un sens des responsabilités, une organisation et un jugement incroyable pour s’occuper des enfants. C’est pourtant un métier peu reconnu, alors qu’il est si important.»

On ne peut passer sous silence sa présence masculine au sein de ce milieu féminin. Bien qu’il en soit parfaitement conscient, il ne s’agit pas pour lui de quelque chose d’exceptionnel. Il préfère d’ailleurs ne pas trop mettre l’accent là-dessus.

«J’aimais mon métier. C’était une partie de moi. J’ai vite compris que le fait d’être un homme travaillant auprès des jeunes enfants pouvait comporter des désavantages sur les perceptions qu’on peut se faire de soi-même et celles que les autres se font de nous. J’ai su que j’allais devoir vivre avec cette réalité des métiers non traditionnels. J’ai compris que je devais faire la job «sur la coche», comme on dit, pour me sentir compétent et sûr de moi. Et aussi pour convaincre les autres que j’étais à ma place. J’ai donc avancé droit, sans toujours regarder sur les côtés. Être minoritaire, ça peut devenir une force. Ça m’a amené à monter la barre et à la garder haute. Je vois ça positivement.»

Il dit ne jamais avoir souffert d’être «un homme dans un monde de femmes».

«On m’a parfois dit : c’est positif qu’il y ait un modèle masculin pour les enfants. Probablement, mais je ne ressentais pas ça. Ce qui est positif, pour les enfants, c’est une éducatrice ou un éducateur aimant. Point. J’étais un collègue comme les autres. On faisait la même job

Nicolas Proulx début de carrière
Nicolas Proulx en début de carrière.  (photo : page FB de Nicolas Proulx)

«C’est vraiment le plus beau métier du monde»

Avec en poche son bac en enseignement, Nicolas Proulx aurait pu choisir d’enseigner à des élèves plus âgés. Mais il a vite compris qu’accompagner les enfants qui vivent leur première expérience avec le milieu scolaire était calqué pour lui.

«Je me suis aperçu que j’aimais vraiment être avec les petits. Il y a une vérité, une candeur et une beauté chez les enfants de cet âge. Ils vivent dans le moment présent. Avec une capacité d’émerveillement qui précède la période de la vie où on commence à porter des jugements. Il y a quelque chose là-dedans qui m’a complètement rejoint.»

Il tient à préciser qu’il s’est toujours perçu comme un éducateur plutôt qu’un enseignant. «Comme éducatrices et éducateurs en préscolaire, nous sommes des «bibittes» un peu à part. À évoluer dans un univers où on approche l’enfant de façon plus globale. Avec toute les facettes de son développement : moteur, intellectuel, affectif et social. Pour nous, chacune de ces facettes est aussi importante l’une que l’autre. Ça me ressemble, parce que j’ai une approche de la vie davantage holistique.»

Nicolas Proulx ne s’est jamais lassé de ce travail débuté à l’âge de 19 ans.

«De toute ma carrière, je n’ai jamais eu le sentiment que ma journée était longue. Jamais. J’ai pourtant eu des moments difficiles ou des périodes où j’étais fatigué. Malgré tout, le temps passait vite. C’était magnifique. C’est vraiment le plus beau métier du monde.»

Classe Nicolas Proulx
(photo : page FB de Nicolas Proulx)

Lancer son livre… pour de vrai!

Pour souligner le lancement de son livre, Nicolas Proulx l’a littéralement…. lancé à des élèves de l’école primaire Saint-Laurent à Lawrenceville! «Je me suis demandé comment je pourrais marquer le coup. Mon idée de départ, c’était d’inviter les gens en direct sur Facebook, mais c’était compliqué. J’ai donc eu l’idée d’organiser le lancement dans une classe dont l’enseignante a été l’une de mes élèves, lorsque j’ai commencé à enseigner il y a 28 ans.»

Pour le grand public, un second événement aura lieu cet automne, en collaboration avec le Centre culturel Yvonne L. Bombardier à Valcourt.

lancement livre Nicolas Proulx
Pour souligner la sortie de son livre, Nicolas Proulx l’a littéralement…. lancé à des élèves de l’école primaire Saint-Laurent à Lawrenceville.  (photo : page FB de Nicolas Proulx)

«C’est ma façon à moi de toucher les gens»

Pour faciliter son processus de création, Nicolas Proulx s’est donné une méthode. Il a d’abord publié ses textes pendant plusieurs mois sous forme de chroniques dans le Val-Ouest. Une technique qu’il avait aussi utilisée pour préparer son premier livre «L’Avalé du Val», publié en 2021. «Le fait de faire vivre mes textes au jour le jour et de semaine en semaine, ça me motive.»

Il s’interroge toutefois sur le peu d’impact de ses publications de la part de ses concitoyennes et concitoyens.

«Ça me préoccupe de recevoir si peu de rétroaction de la communauté. Je ne fais pas ça parce que je veux être dans la mouvance d’étaler ma vie. Non! Je le fais parce que j’ai l’impression que cette démarche artistique peut être intéressante pour les autres. C’est ma façon à moi de toucher les gens.»

chroniques Nicolas Proulx Val-Ouest
Nicolas Proulx publie des chroniques dans le Val-Ouest depuis juillet 2020.  (crédit : Le Val-Ouest)

«L’écriture sollicite toute ma personne»

Écrire est important pour lui depuis son jeune âge. «Enfant, je m’intéressais à plein de choses. J’avais des amis, je jouais, j’étais dans le monde. Mais j’étais un enfant inquiet et je me posais beaucoup de questions. Je pense que l’écriture a été pour moi régulateur. C’était peut-être une façon de m’apaiser. Tout en supportant ma quête de grandeur et d’absolu.»

Il précise :

«L’écriture, c’est un acte qui sollicite toute ma personne. C’est quelque chose de performatif, comme de chercher le bon mot ou la bonne tournure de phrase. Pour que ce soit plus harmonieux, organique, et que ça suive l’intention et le sens global du texte. J’adore écrire! »

«Je ne suis pas un écrivain»

Malgré sa passion pour la plume et deux livres à son actif, Nicolas Proulx refuse toutefois l’étiquette d’écrivain.

«Je peux être un auteur, mais pas un écrivain. Un écrivain, ça écrit de la littérature. Et je ne suis pas un littéraire. Je suis davantage un gars qui aime le cinéma. Ça influence mon écriture : j’écris de façon très visuelle.»

Il dévoile que de se révéler ainsi au grand public lui demande une bonne dose de courage. «Je suis en résistance par rapport au fait d’avoir une opinion favorable sur ce que je fais sur le plan créatif. Je n’ai pas encore la couenne assez dure pour soumettre mes livres à des éditeurs et vivre avec des refus.»

Une démarche avec laquelle il se dit de plus en plus en paix.

«J’ai le sentiment de l’imposteur. Plutôt que de m’en libérer, j’ai décidé de l’accueillir. Parce que je ne serai jamais satisfait de ce que je fais. Mais c’est ce que j’aime et je vais continuer à le partager.»

texte livre Nicolas Proulx
(crédit : page FB de Nicolas Proulx)

Un troisième livre en préparation

Le livre est à peine fraichement sorti des presses que l’idée d’un troisième se pointe déjà le bout du nez. Cette fois, Nicolas Proulx, qui a aussi étudié en cinéma, veut écrire sur les films qui ont influencé sa vie. «Je suis vraiment un mordu de cinéma : j’ai vu des milliers de films dans ma vie. J’ai fait une liste de 30 films qui ont été significatifs pour moi. Plutôt que d’en faire une critique, je veux les aborder avec une approche personnelle et poétique.»

Il souhaiterait à nouveau égrener ses écrits au fil des semaines, si le Val-Ouest lui en offre à nouveau l’opportunité.

livre Nicolas Proulx (2026)
(photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Livraison à domicile

Tiré à 200 exemplaires, le livre de Nicolas Proulx est pour le moment disponible à Valcourt (La Paperasse et Maître Glacier), Richmond (Papeterie 2000), Eastman (Café La Station) et Sherbrooke (Librairie Appalaches et Les Deux Sœurs) au coût de 20 $.

L’auteur se dit aussi prêt à livrer son livre (à vélo!) aux citoyennes et citoyens de la région de Valcourt, ou encore de le faire parvenir par la poste au coût de 25 $. Il faut le contacter par Messenger ou par courriel (nicproulx@hotmail.com).

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Chroniques de Nicolas Proulx dans le Val-Ouest : https://val-ouest.com/author/nicolasp/
Blogue personnel : https://lapromessedunord.com/

 

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Nicolas Proulx lance le livre L’Avalé du Val (octobre 2021)

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