photo : Sébastien Michon - Le Val-Ouest
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Un courant d’air inattendu vient de souffler sur l’Estrie. La Fédération de l’UPA-Estrie annonce une série de recommandations, adoptées de façon unanime par son comité exécutif, vis-à-vis de l’installation de parcs éoliens dans la région. L’organisation a fait savoir qu’elle prône entre autres une distance séparatrice d’au moins un kilomètre entre une éolienne et les résidences, bâtiments d’élevage et érablières.

L’UPA-Estrie trace sa propre voie

On se rappellera qu’au printemps dernier, Hydro-Québec avait annoncé un appel d’offre pour l’acquisition d’énergie éolienne sur le territoire québécois. Ce qui avait soulevé des questionnements de la part de l’UPA (national) et d’un certains nombres d’organisations, qui demandaient à la société d’État de suspendre son appel d’offres et d’établir une discussion avec la population à ce sujet.

Peu de temps après, on annonçait une entente de principe entre Hydro-Québec et l’UPA pour encadrer le développement éolien dans le cadre de cet appel d’offres.

L’UPA-Estrie a choisi de son côté d’aller plus loin dans ce dossier en émettant une série de recommandations visant à protéger les activités agricoles. Celles-ci seront envoyées dans les prochains jours à toutes les MRC de l’Estrie. L’organisation estrienne serait pour le moment la seule, au sein de l’UPA, à adopter une telle position.

Éoliennes dans un champ de la Gaspésie 2026
Éoliennes installées en milieu agricole en Gaspésie.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

«Par mesure de précaution»

«Nous souhaitons cette distance séparatrice d’un kilomètre particulièrement pour les bâtiments d’élevage, par mesure de précaution. Parce que des études démontrent que le fait d’avoir une éolienne à proximité pourrait augmenter les tensions parasites. Il y a une espèce de gros «ground» souterrain qui relie les éoliennes entre elles. Compte tenu que le sol peut être plus ou moins conducteur de courant électrique, selon s’il est ferreux ou non, cela pourrait amener des problèmes jusqu’aux bâtiments», fait savoir Michel Brien, président de l’UPA-Estrie.

Document Synthèse des connaissances sur les impacts des parcs éoliens
L’UPA-Estrie a émis ses recommandations en se basant, entre autres, sur la Synthèse des connaissances sur les impacts des parcs éoliens publié par le Collectif scientifique sur la question éolienne.  (image : RVÉQ)

En milieu agricole, on désigne comme «tension parasite» un faible courant électrique indésirable qui circule dans le sol ou à travers les structures métalliques d’un bâtiment d’élevage. Certaines fermes vivent parfois ces problèmes à cause d’installations électriques défaillantes.

Ces tensions peuvent par exemple créer de petits chocs électriques à des vaches qui veulent boire ou encore à la tubulure lors de la traite, ce qui crée un stress.

«Si une vache subit de petits chocs électriques à répétition, elle boit moins et veut moins se faire traire.»

Le président ajoute que son organisation craint aussi pour la contamination des sols et de l’eau.

«Il arrive que lors de la construction, on ait besoin d’enfoncer dans le sol certains tuyaux ou pylônes de métal, pour stabiliser la structure. Ça peut parfois se rendre jusqu’à la nappe phréatique, si elle n’est pas profonde, et la contaminer.»

Michel Brien président UPA-Estrie (2026)
Michel Brien, président de l’UPA-Estrie.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Il dit comprendre que certains acceptent l’installation d’éoliennes sur leur propriété, compte tenu des importantes compensations financières qui leur sont ensuite versées chaque année.

«La situation financière en agriculture n’est pas facile. De se faire offrir de tels montants, ça parait [dans un budget]. C’est normal que des producteurs et productrices disent oui. Mais si les entreprises sont capables de les mettre à un kilomètre, ce serait très bien.»

«Nous voulions avoir un positionnement régional»

Ce producteur laitier de Racine a participé activement aux travaux menant à l’adoption, en 2025, du Guide d’intégration des énergies renouvelables de la MRC du Val-Saint-François. Il dit que son organisation n’était pas en mesure de faire connaître cette position au moment de l’élaboration du guide.

«Nous en avions discuté lors de certaines de nos rencontres de travail avec la MRC du Val-Saint-François. Mais rien n’était public parce que nous n’étions pas prêts. Nous voulions auparavant avoir un positionnement régional sur cette question.»

Le président est conscient que si les MRC estriennes suivent ces recommandations, cela limitera les sites d’implantation pour les éoliennes.

Carte implantation éoliennes - MRC du Val-Saint-François
Si les MRC de l’Estrie décident d’appliquer les recommandations de l’UPA, le nombre de sites potentiels où implanter des éoliennes pourrait être réduit. Ici, la carte des dispositions relatives à l’implantation d’éoliennes sur le territoire de la MRC du Val-Saint-François.  (source : MRC du Val-Saint-François)

Selon lui, il y aurait lieu d’envisager l’utilisation d’autres énergies renouvelables plutôt que de miser sur l’éolien.

«Il existe d’autres alternatives, comme l’énergie solaire. Pour laquelle les panneaux se sont beaucoup améliorés et sont efficaces autant en été qu’en hiver. On peut en installer à différents endroits, comme sur des bâtiments ou au-dessus de stationnements. Je pense que dans le sud du Québec, il faut vraiment regarder ces autres possibilités.»

 

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