photo : gracieuseté
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Un premier candidat à la mairie de Bonsecours vient officiellement de se faire connaître. Alex Bouthillette, actuellement conseiller municipal, a publiquement indiqué qu’il vise le poste de premier magistrat.

À seulement 33 ans, Alex Bouthillette a déjà siégé deux mandats comme conseiller municipal.

«J’avais 25 ans lorsque j’ai été élu la première fois», souligne-t-il. «Je cherchais un moyen de contribuer davantage. Ma réflexion est arrivée en même temps que les élections de 2017. J’ai donc pensé à me présenter. Pour comprendre comment fonctionne l’appareil politique municipal dans un petit village comme le nôtre.»

Une expérience qu’il a tellement appréciée qu’il a choisi de se présenter à nouveau en 2021 comme conseiller. Puis cet automne à la mairie.

Piqûre pour la politique

Cet enseignant en sonorisation et enregistrement au Cégep de Drummondville dit avoir toujours eu la piqûre pour la politique. «Même dans la vingtaine, je me levais le matin et prenais le temps de lire les nouvelles pour suivre l’actualité politique, à tous niveaux.»

Il souligne que son horaire de travail lui permet de dégager du temps pour occuper des fonctions de maire. «Si je suis élu, je m’attends à passer du temps au bureau municipal à chaque semaine pour suivre les dossiers. Je veux aussi être toujours au bout du courriel ou du téléphone, pour tout besoin.»

«Vous avez votre mot à dire»

Natif de Bonsecours, Alex Bouthillette a racheté, il y a quelques années, la résidence familiale. Devenant ainsi la cinquième génération de Bouthillette, pionnière à Bonsecours, à habiter la maison ancestrale.

Il dit s’être toujours impliqué au sein de sa communauté : travailleur au restaurant du village, musicien à la Fête nationale, organisateur des festivités du 175e, réalisateur d’un documentaire historique, etc.

Alors que peu de gens s’intéressent à la politique municipale, Alex Bouthillette souhaite mieux la faire connaître.

«Ce que je dis aux gens qui hésitent à s’impliquer en politique municipale c’est : vous avez votre mot à dire sur ce qui se passe dans votre communauté. C’est le conseil qui décide de ce qui se passe dans votre village et sur le territoire de votre municipalité. Par exemple comment l’urbanisme est aménagé, comment on développe des activités communautaires, comment on finance les loisirs, les parcs et les terrains de jeux. C’est plein de belles possibilités qui s’offrent, quand on a le goût de s’impliquer.»

Son approche : ne pas imposer

Il apprécie la mixité des points de vue et les débats. «Lorsqu’on est assis autour de la table du conseil, toutes les idées ne sont pas retenues. Et c’est bien correct. Mais je peux tout de même amener des idées. Travailler au bénéfice des citoyens, c’est ça qui me motive.»

Pour lui, le rôle d’un maire n’est certainement pas d’accaparer tous les pouvoirs.

«Mon approche, ce n’est pas d’imposer quoi que ce soit au conseil. Je n’arriverai pas avec mes gros sabots pour dire : «c’est ce qu’on fait, un point c’est tout». Le maire, ce n’est pas lui qui mène exclusivement le bateau. C’est le conseil qui vote et qui décide. Bien que le maire ait un droit de veto pour repousser certains votes le mois suivant. Son rôle, c’est de réussir à coaliser l’équipe autour de la table pour certains projets porteurs. Pour que les dossiers avancent.»

Après deux mandats comme conseiller municipal, Alex Bouthillette, 33 ans, vise maintenant la mairie.  (photo : gracieuseté)

«J’aime planifier»

Il dit que s’il est élu en novembre, il prévoit une rencontre dès le début de son mandat avec l’ensemble du conseil. Pour concevoir en équipe un «plan de match» sur quatre ans.

«Je ne suis pas un gars qui fait des trucs éphémères. J’aime visualiser longtemps d’avance un dossier et le planifier. Tout passe par la prévisibilité. Prévisions budgétaires, prévision des demandes… S’il faut qu’on embauche des ressources pour réaliser des projets, nous le ferons. Tout passe par une bonne planification des dossiers. Sans trop de mauvaises surprises. Et nous nous assurerons qu’il n’y ait pas de dépassement de coûts.»

Alex Bouthillette tient aussi à rappeler que les élus sont d’abord là pour représenter la population.

«À Bonsecours, il n’y a pas de district électoral. Nous sommes six conseillers autour de la table. Nous représentons, disons, un sixième de la population. Ce qui fait que si je vote en faveur ou en défaveur de quelque chose, je considère qu’il y a un sixième de la population qui voterait en faveur ou en défaveur de ça. Si un dossier ne passe pas, il ne passe pas. On continue à avancer. Il ne faut pas rester bloquer sur une idée qui ne serait pas passée. Et ne pas reculer à chaque mois pour revenir sur des dossiers sur lesquels on a déjà voté. C’est ça, la démocratie.»

Alex Bouthillette (à droite) répond à des questions des citoyens lors d’une séance du conseil municipal de Bonsecours en mai dernier.  (crédit : TVME)

Respecter le budget municipal

Il se méfie de succomber au «chant des sirènes» des subventions offertes pour financer des infrastructures.

«Beaucoup de municipalités tombent dans le panneau de vouloir implanter toutes sortes d’infrastructures parce qu’il y a des opportunités financières. Il ne faut pas oublier qu’après, il faut les entretenir, et embaucher des employés pour s’en occuper. Ça coûte cher. À Bonsecours, nous n’avons pas un gros budget, mais nous n’avons pas non plus trop de choses à entretenir.»

Que souhaite-t-il réaliser, si les citoyens décident de lui faire confiance?

«J’aimerais offrir plus de services aux familles. Leur offrir un milieu de vie accueillant pour vivre à Bonsecours. Par exemple, peut-être revamper nos parcs et terrains de jeux. Ou encore notre terrain de balle, qui est sous-utilisé. De voir comment on peut revaloriser nos infrastructures pour avoir une offre plus diversifiée.»

Il souhaite toutefois se laisser une marge de manœuvre, sans faire trop de promesses à l’avance. «Je suis un gars d’équipe, de projets et de vision. J’ai plusieurs idées, mais je me garde une réserve parce que j’apprends beaucoup à écouter les autres. Je veux entendre les autres élus avant de me prononcer sur ce que j’aimerais faire ces quatre prochaines années. Mais c’est certain que la marmite bouillonne d’idées depuis un certain temps!»

«C’est correct que les gens questionnent»

Il comprend les rapports frictionnels qu’ont parfois certains citoyens vis-à-vis des élus.

«Il y a des dossiers qui soulèvent plus de passions que d’autres. C’est correct que les gens questionnent. Parce que nous gérons l’argent des taxes des citoyens pour faire toutes sortes de choses. Il faut qu’ils soient satisfaits.»

À ce propos, il ajoute qu’il veut laisser de la place pour la communication avec les citoyens. «Je ne serai pas le genre de maire à vouloir couper les débats ou restreindre le dialogue entre les citoyens et les élus. Parce qu’au final, on travaille pour eux.»

Développement moderne, qui respecte l’environnement

Il veut conserver le cadre bucolique qui fait la richesse de sa municipalité. «Nous avons ici un mode de vie paisible à la campagne. C’est tranquille. Il y a de grands espaces, de l’air pur, de beaux paysages.»

Alex Bouthillette partage sa vision générale quant au développement de sa municipalité.

«Nous avons apporté des modifications règlementaires en 2021. La réflexion que nous avons eue à ce moment-là, c’était de savoir comment aménager l’urbanisme de notre municipalité. Nous avons préféré que les terrains de la zone de villégiature soient plus grands. Étant donné l’impact écologique. Et de rapetisser en contrepartie les terrains du noyau urbain, au centre du village. Où il y a déjà les services. Pour y concentrer le développement. Ça correspond à l’orientation de la MRC dans la refonte de son schéma d’aménagement

À cet égard, il est ouvert à ce que le développement du village se poursuive. «Je ne bloquerai pas un projet de développement dans le village qui peut stimuler l’effervescence de la communauté et permettre une mixité sociale. On peut développer nos petites municipalités en région de manière responsable et moderne. En ayant le moins d’impact sur l’environnement.»

Alex Bouthillette dit vouloir conserver le cadre paisible qui fait la richesse de sa municipalité.  (crédit photo : Mario Hains / Wikipedia)

Enjeu du transport collectif et adapté

Au cours des derniers mois, le conseil municipal de Bonsecours a remis en question sa participation au transport collectif et adapté. Entre autres en refusant, en décembre 2024, de renouveler son entente de service de transport adapté avec l’organisme Trans-Appel, transporteur pour l’ensemble de la MRC du Val-Saint-François.

Bien qu’il ne soit pas au courant de tous les détails de ce dossier, Alex Bouthillette partage tout de même son point de vue.

«Nous ne sommes pas contre le service de transport collectif et adapté. Nous voulons évidemment respecter les obligations légales que nous avons vis-à-vis du transport. Simplement, nous essayons d’innover. Pour trouver une manière qui ne gruge pas une somme d’argent du budget municipal, pour un service dont on ne se sert pas. Je crois que, selon les chiffres, il y a eu peu d’accompagnements en transport adapté à Bonsecours. On regarde donc ce qui se fait ailleurs, dans d’autres municipalités. Pour trouver des alternatives. Par exemple faire affaire avec des transporteurs qui ont un transport adapté dans leur flotte et qui offrent des services à la demande. »

Il ajoute : «Le jour où il y aura une proposition de service crédible et fiable, qui répondrait à un besoin, ce serait à envisager. Mais ce n’est pas dans les cartons à l’heure où on se parle.»

Que pense-t-il du plan de développement que Trans-Appel a présenté aux élus l’hiver dernier et qui prévoit offrir de meilleurs services sur le territoire, tout en s’alliant au service de transport collectif de la MRC des Sources? «Les dessous de cette proposition m’intéressent un peu moins. Dans la mesure où on amène ça dans la cour de deux MRC. Ce qui éloigne le décisionnel des élus locaux. Je trouve important que les élus locaux aient leur mot à dire dans la gestion de ce genre de service.»

Alex Bouthillette dit vouloir trouver des alternatives au transport offert par Trans-Appel, transporteur officiel dans le Val-Saint-François.  (crédit photo : Trans-Appel)

Comprendre ce qui se passe à la MRC

S’il est élu maire, il siègera au conseil de la MRC du Val-Saint-François avec d’autres maires et mairesses. Pour y apporter le point de vue de sa municipalité. Comment voit-il ce rôle? «Il va falloir que je m’imprègne des dossiers. On délègue certains pouvoirs et responsabilités à la MRC. Ce qui éloigne le pouvoir du conseil municipal. Alors que c’est nous qui sommes proches de la population que nous représentons.»

Il se préoccupe d’ailleurs de l’enjeu de la représentativité au sein de la MRC. Une question qui est présentement débattue, parce des municipalités ont davantage de poids lors d’un vote à la MRC.

«Je comprends que certaines municipalités aient un vote qui vaut plus cher. Mais c’est à double tranchant. Comme petites municipalités, nous avons besoin de jouer de diplomatie et de discussion pour que nos idées passent à la MRC.»

Alex Bouthillette souhaite d’ailleurs informer davantage ses collègues de ce qui se passe à la MRC. En leur rapportant, après chaque réunion, ce qui s’y est passé.

Ouverture à des collaborations entre municipalités

Il est ouvert, pour certains dossiers, à travailler en collaboration avec d’autres municipalités pour offrir des services. Tout en se disant circonspect.

«Il faut étudier les possibilités de s’unir, pour améliorer les services, embaucher des ressources et offrir de meilleurs salaires. Il y aurait des gains à faire. Mais ce n’est pas une baguette magique non plus. Nous avons connu des expériences où nous avons fait des tentatives de mise en commun de services. La machine n’a pas été bien huilée et il y a eu des accrocs. Il faut prendre le temps d’étudier chacun des cas.»

Fier de la bonne gestion

Après deux mandats comme conseiller, Alex Bouthillette est fier de la bonne gestion des fonds publics de sa municipalité qui compte 657 habitants.

«Nous ne sommes pas très endettés. Ce qui fait que nous ne sommes pas admissibles à certains programmes gouvernementaux. Parce que notre situation financière est trop bonne!», souligne-t-il.

Une situation qu’il souhaite conserver s’il est élu le 2 novembre prochain.

 

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